mercredi 3 mars 2010

literatura

UNE FIÈVRE
IMPOSSIBLE À NÉGOCIER
[2003]


De : Lola Lafon [France]

Mon édition : Flammarion, 1ère édition.

Roman de 340 pages.

Lola Lafon n'est pas un écrivain. Publier ce n'est pas accéder au rang d'écrivain. Lola Lafon sait parfaitement qu'elle n'est pas un écrivain lorsque Beigbeder lui téléphone pour lui dire que Flammarion est très intéressée par Une fièvre impossible à négocier. Il y a toujours deux choix dans la vie écrit Lola : se taire ou se révolter. Le choix s'arrête là. Aucun ne mène à une solution. Se taire ou se révolter cela revient toujours au même. Mais un seul de ces deux choix possibles nous permettra de pouvoir continuer à nous regarder tranquillement dans le miroir. Quand bien même nous voudrions ne pas devoir choisir, il y a toujours un moment où ce choix se présente à nous, impérieux, obligatoire. Pour l'héroïne du roman ça sera un viol. On a pas tous le déclic qu'on mérite. Landra ne peut plus reculer : elle choisit la révolte. Elle opte pour un groupe antifasciste, Étoile noire. Composé de gens qui comme elle ont décidé de se révolter, de ne plus se laisser faire. C'est la nausée, déjà présente avant ce choix impossible à négocier, qui se transforme en colère. C'est le combat du NON contre le SI. C'est le refus de continuer à vivre dans une société que l'on déteste. L'injustice contre l'injustice, la violence contre la violence. Mais aussi le bruit contre le silence, la révolution contre la résignation. Publier Une fièvre impossible à négocier plutôt que de ne pas le faire.
Sous le bitume, la plage.

mercredi 24 février 2010

literatura

CLARISSA [1933]

De : Érico Veríssimo [Brésil]

Mon édition : Globo, 1995, 54ème édition.

Roman de 192 pages.

Veríssimo, si vous l'ignoriez, est l'un des plus grands écrivains brésiliens du siècle dernier. Clarissa est son premier roman, avec tout ce que cela suppose. D'où les nombreux points en commun entre les personnages, les habitants d'une pension modeste de Porto Alegre, et l'écrivain. Chacun fonctionnant comme une facette de ce dernier. Un roman très personnel donc. Puisqu'il ira jusqu'à donner le même prénom à sa fille deux ans plus tard. Comme s'il l'avait déjà imaginée, aimée, créée avant de la procréer. Cependant, la Clarissa de Veríssimo ne ressemble en rien à celle de Richardson ou à celle de Zweig. C'est une adolescente rayonnante, curieuse, naïve. Une fleur qui éclot, loin de sa campagne natale. Issue d'une bonne famille, elle est gardée sous cloche. Aussi observe-t-elle le monde qui l'entoure avec une minutie désespérée, dans la tentative vaine de le comprendre sans l'expérience que cela demande. Tout le monde aime Clarissa surtout Amaro, un homme dans la fleur de l'âge qui s'interdit de vivre. Il la regarde avec une envie toute pédophile, déçu que le temps passe, qui la transformera en femme au foyer insignifiante, le corps déformé par les grossesses à venir. Mais Clarissa a d'autres projets. Elle s'efforce de penser que tout viendra, à point, à qui sait attendre. Et quand le grand jour arrive, c'est pour se rendre compte que l'on passe directement de l'attente à la nostalgie, avec rien entre les deux. Et que c'est ça vivre et grandir.
C'est comme un prisonnier qui - privé du spectacle complet de la vie, des vastes paysages libres - se divertit en examinant avec précision les plus petits détails de sa cellule.

vendredi 5 février 2010

literatura

VIRGIN SUICIDES [1993]

De : Jeffrey Eugenides [États-Unis]

Mon édition : J'ai lu n°5493, 2001.

Roman de 223 pages.

Virgin suicides : roman que l'on achète généralement durant l'adolescence après avoir vu le premier film de Sofia Coppola du même nom sorti en 1999.

La plus jeune des filles Lisbon se suicide. C'est le début de la fin. Qui saura trouver la raison de son geste ? Qui est ou quels sont les coupables ? Et si quelqu'un trouve la réponse, le cauchemar prendra-t-il enfin fin ? Aurait-on pu sauver les quatre sœurs Lisbon restantes d'une mort annoncée ?

Un roman à la forme interrogative. Et si on avait enlevé plus tôt la grille sur laquelle elle s'est empalée ? Et si on s'était bougé le cul, nous aussi, pour sauver les ormes d'un abattage abusif ? Et si on leur avait dit qu'on était fous amoureux d'elles et qu'on s'en occuperait dès qu'elles auraient atteint leur majorité ? Et si ça venait du sexe que les ados n'ont pas encore pratiqué et des cigarettes que Lux fumait en cachette ? Et si on avait porté plainte contre leur mère puritaine et son époux castré ? Et si le suicide était une maladie, un virus qu'elles se seraient refilé les unes les autres ? Et si ça venait de leurs vinyles, si ça venait du rock, des années 70, des suburbs, des Etats-Unis, de la planète Terre si pleine de défauts ? Et pour finir : si ça venait de la fin du rêve américain ? Ridicule conclut Eugenides. Avec des si on mettrait ta mère en bouteille.

"J'ai vu le film, il est vraiment bizarre." Normal pour un film d'ambiance tu crois pas ? Puis quoi de plus strange qu'un suicide ? Ceux qui ne cesseront jamais de mener l'enquête, leurs voisins du même âge, se rendront plusieurs fois compte qu'ils n'étaient finalement que des étrangers pour elles. Personne ne peut aboutir aux facteurs multiples d'un suicide. C'est un geste encore plus intime que le fait de se masturber. C'est un choix si personnel que bien des gens s'accordent à dire qu'il est égoïste. Quelles salopes ces sœurs Lisbon finalement, crever sans même avoir taillé une pipe à (pardon, sans épouser) ceux qu'elles obsèderont pour des siècles et des siècles. Et si c'était tout le contraire ? Personne ne saura jamais.
Lecture masochiste.

vendredi 29 janvier 2010

literatura

LE PÊCHEUR D'HOMMES [1918-1935]

De : Evguéni Zamiatine [Russie]

Mon édition : Rivages, 1989.

11 nouvelles de 149 pages.

Zamiatine, un nom à retenir. D'une part parce que son roman Nous autres a insufflé 1984 et Le Meilleur des mondes, si tu vois ce que je veux dire. Ensuite parce que les écrivains de cette trempe, ça ne court pas les rues. Si tu me demandes ce que j'aime lire, je te répondrai que j'aime bien Zamiatine. Ça résumera.
Un style épuré, une écriture qui s'immisce dans le récit, un regard ironique donc lucide donc intelligent. Que demande le peuple russe ? Tu vas sans doute me dire que c'est facile d'être un auteur génial du changement, de la transformation, de l'hallucination et du délire quand on est né en Russie à la fin du XIX°. J'crois pas. Certes, y'a de quoi devenir un peu fou, alors que c'est déjà pas coton du tout que de passer sa vie à répondre à la question Qui suis-je, quand en plus de ça, ton pays devient un sigle, Saint-Pétersbourg devient Petrograd puis Leningrad, que tu deviens citoyen, camarade et rouge tout à la fois. Et que malgré tous ces changements, de fou donc, au fond rien ne change. Pas de monde meilleur, pas de paradis sur terre, pas de rêve anticapitaliste, comme tu voudras. Y'a de quoi se taper une ou deux bouteilles de vodka et faire de l'art sanguinolent sur neige après que ta tempe ait résonné dans toute la taïga environnante. Mais les personnages de Zamiatine ne sont pas du genre à se suicider, même s'ils ont l'air d'y aller tout droit, vers la fin. Le délire arrive, il s'éclaircit, et puis tu continues aussi misérable que lorsque la nouvelle a commencé. Zamiatine est un écrivain profondément russe, je veux pas dire par là que c'est un écrivain engagé, mais que lorsqu'il écrit, ça fait des nuages de buée qui mettent du temps à se dissiper.
Le plus beau dans la vie, c'est le délire, et le plus beau des délires c'est d'être amoureux. Dans le brouillard matinal, trouble comme l'amour, Londres délirait. Rose laiteux, les yeux clos, Londres voguait, peu importe où.
P.S : Il y a même des conseils de drague : en Russie, femme qui rit n'est pas à moitié dans ton lit. Bien au contraire, si elle rit de toi, c'est que c'est mort. Au cas où tu t'apprêterais à aller faire le singe à Moscou dans le but de danser des troïkas horizontales, te voilà prévenu.

mercredi 13 janvier 2010

cooking

A COZINHEIRA DAS COZINHEIRAS [1941]

Traduction littérale :
LA CUISINIÈRE DES CUISINIÈRES.

De : Rosa Maria [Portugal]

Mon édition : Civilização, Porto, 32ème édition.

Livre de cuisine de 203 pages.

Vous croyiez, à tort, que Bree Van de Kamp n'était qu'un personnage de série télévisée ? Et bien détrompez-vous ! Mrs. Rosa Maria se proposait déjà, au tout début des années 40, d'inculquer des règles de savoir-vivre à toutes les portugaises ayant acheté son livre de recettes. Imaginez cela à la lueur de l'Histoire... En pleine dictature salazariste, durant la seconde guerre mondiale, une femme rédige un livre contenant plus de 500 recettes simples et expliquées clairement, car A cozinheira das cozinheiras ne pouvait pas être un livre de cuisine illustré à l'époque. Mettant ainsi tout son talent culinaire à la disposition de toutes les maîtresses de maison portugaises désireuses de s'occuper correctement de leurs foyers, en commençant par la chose la plus important pour elle : cuisiner de façon saine et économique. Tandis que des milliers de portugais, pour la plupart illettrés, mourraient de faim, un livre commençant par Manger beaucoup ce n'est pas bien manger voyait le jour à Porto. Ça vous rappelle quelque chose ? Cherchez bien...

Oui, il semblerait bien que la très désespérée Bree ait déjà existé, dans une vie antérieure, et qu'elle ait été portugaise. *Fière*
CAKES PARISIENS : Cassez et pesez 12 oeufs, préparez la même quantité de sucre et la moitié de cette quantité de farine. Séparez les blancs des jaunes et battez-les avec le sucre. Battez séparément les blancs jusqu'à obtention d'une mousse ferme. Mélangez cette mousse au mélange obtenu avec les jaunes et le sucre et battez le tout avec la farine. Après avoir bien mélangé remplissez de petits moules et enfournez-les à haute température. Les moules devront être préalablement beurrés.

mardi 12 janvier 2010

literatura

LE COLONEL DÉSACCORDÉ [2009]

De : Olivier Bleys [France]

Mon édition : Gallimard, 2009.

Roman de 340 pages.

Vous reprendrez bien une petite part de roman historique ? Celui-ci est fourré à la musique. Avec un arrière-goût de mission Stendhal. Non, on ne peut pas dire qu'il soit très léger, sans être bourratif pour autant. Entre les deux je dirais...

Mes amis m'offrent des livres. Pourvu que ça dure ! Car jamais je n'aurais acheté un roman qui parle du Brésil de la première moitié du XIXe siècle écrit par un français. Je connais tellement de grands auteurs, tellement de bons livres, publiés au Brésil. Déjà traduits ou qui mériteraient de l'être. Que pour moi ce genre de livre revêt plus du séjour touristique que de la littérature historique. Certes, Olivier Bleys s'est énormément documenté et il a séjourné au Brésil, ça se "voit", mais ça ne suffit pas. Ça n'aura pas suffit à me séduire du moins. La preuve en est des quelques fautes d'orthographe ou de traduction qu'il commet sur certains mots en portugais, pourtant faciles à corriger... Il lui aurait suffi de faire relire son texte par un de ses amis brésiliens. Ou encore ce dernier virage qu'il prend, à la fin du livre, offrant une bien piètre conclusion à son Colonel désaccordé. Nul doute qu'Olivier Bleys a modifié son intrigue lorsqu'il a découvert les romans romantiques brésiliens, notamment les œuvres de José de Alencar, cité en exergue du dernier chapitre. Mais Olivier, comment peux-tu terminer ton roman comme si celui-ci se voulait "ufaniste" alors que tu as perdu je ne sais combien de pages à parler du climat épouvantable au Brésil, blabla inutile aux yeux d'un lecteur brésilien ? Crois-tu qu'un lecteur avisé s'y laissera prendre ? Et qu'utiliser le mot "nègre" à la place du mot "noir" suffise à donner la distance nécessaire que ton regard européen se doit de garder ? J'attends ta réponse. Cordialement. Liria.
Max : Alors ? Olivier Bleys ? Bien ?
Liria : Bof. On dirait Max Gallo croisé avec un critique Club Med mélomane.

dimanche 6 décembre 2009

Mon avis sur la question

L'OBÉSITÉ

Ce post fait suite à l'article de Pascale Santi publié le mois dernier dans Le Monde.

Commençons par chercher quelques définitions...

Obésité : nom féminin, état d'une personne obèse (okay!).
Hypertrophie générale du tissu adipeux engendrant un excès de poids corporel, provoquée par une suralimentation énergétique ou par des dysfonctionnements hormonaux (médical).
Grosseur excessive, aspect ventru (visuel).
Le plus souvent je lis : Embonpoint excessif (quoi?).

Si on résume, un obèse c'est un gros. Aucune précision n'est apportée à cette définition. Et les deux seuls facteurs évoqués sont l'hyperphagie (gros mangeur) ou la génétique (maladie). C'est un peu ce que j'entends, lorsque je discute sur le sujet. De quand je pesais 160 kilos, en 2008 encore. Tu mangeais beaucoup non ? Non non, c'était génétique. Vaut toujours mieux passer pour un malade que pour un gros lard. Mais sachez que je considère l'obésité comme une maladie, une maladie chronique. C'est-à-dire une maladie qu'on peut contenir mais dont on ne guérit jamais complètement, comme souligné dans l'article. Une maladie qui touche de plus en plus de français, surtout les pauvres, obligés de consommer des produits à prix discount et donc plus riches en graisses et en sucres. On compte actuellement 6 millions d'obèses dans l'hexagone pour 65 millions d'habitants.

L'obésité c'est le stade qui vient après le surpoids. On est pas obèse parce qu'on a pris 5 kilos dans l'année ! Pour savoir où vous en êtes, calculez votre Indice de Masse Corporelle en cliquant ici. A 160 kilos pour 1 mètre 70, j'étais une obèse morbide. J'ai pensé que j'allais peut être en crever, comme ma tante en est morte. Pour moi, ce sont tous les régimes que j'ai réalisé à partir du moment où j'étais en surpoids, qui m'ont conduit tout droit vers l'obésité. Cercle vicieux de l'obésité : on perd, on est incapable de continuer à perdre, on reprend avec un bonus au passage.

Si vous êtes en surpoids, je vous invite à prendre RDV avec une nutritionniste, une qui bosse dans un hôpital et demandez lui des conseils utiles pour une alimentation équilibrée. Faites le deuil d'une image très contestable de la beauté et soyez heureuses de ne pas être obèses mais juste en surpoids. Si vous êtes obèses, vous venez de gagner un gros câlin (bisou). Les toubibs vont devenir votre quotidien ainsi que vos meilleurs amis. Filez voir un endocrinologue et trouvez-vous un généraliste sympa. Première étape : vérifier que vous ne souffrez pas d'une maladie qui vous fait grossir. Si vous le souhaitez, prenez RDV avec un psy afin de parler des facteurs qui vous ont fait grossir. Ce sera aussi lui qui vous aidera si vous décidez, comme moi, d'en arriver à une chirurgie de l'obésité. Trois solutions existent : l'anneau, la sleeve gastrectomie et le by pass. C'est un chirurgien en chirurgie digestive qui vous orientera. L'opération est remboursée dans certains cas, le mien par exemple (puisque j'étais en obésité morbide). Devenez patients : mes démarches ont duré plus d'un an ; et essayez de toujours passer par un hôpital public. Que vous dire de plus ? L'opération remonte à plus d'un an et demi, c'est loin maintenant. Ah oui, aujourd'hui je pèse 65 kilos. Et je me demande si je vais pas tout reprendre, un beau jour. Avec un bonus au passage.
"L'obésité dépend largement des comportements et des facteurs environnementaux." N'en déplaise à beaucoup. L'obèse ne s'en fout pas d'être gros. Si si, il a bien remarqué que quelque chose n'allait pas, pas besoin de le lui rappeler. Déjà que c'est physiquement dur d'être obèse. Et d'avoir une maladie qui n'appelle pas au secours.

jeudi 3 décembre 2009

bédé


NOUS SOMMES MOTÖRHEAD [2009]

De : Appollo, Huo-Chao-Si, Texier, Lumineau, Josso, Ricard, Brüno, La Crainte, Oiry, Witko, Ruppert et Mulot, Bourguignon, Bouzard, Frissen, Tanquerelle, Frankyravi, Navarro, Bozonnet, Ferrand, Tofépi, Micol, Sattouf, Konture, Mayakoff, Menu, Blanquet, Croix et la participation très posthume de Mimo Capieri [France]

Paru aux Éditions Dargaud en 2009.

Bande-dessinée de 113 pages.

Si tu ne connais rien à Motörhead, petit, sache qu'il n'est jamais trop tard pour se mettre à Motörhead. Il n'y a pas d'heure, pas de saison, pas de raison particulière pour se mettre à Motörhead. Les raisons, elles viendront après. Et si t'en veux quand même une, de raison, je vais pas te dire que Motörhead ça te change une vie : Motörhead fait du rock'n'roll mais Motörhead c'est plus que du rock'n'roll. Est-ce que tu me suis ? Non ? Alors écoute quelques cédés de leur énorme discographie, de 1977 à 2008, poursuis avec la biographie de Lemmy par Lemmy, La fièvre de la ligne blanche, et termine par cette somptueuse bédé. Tout ça te paraîtra un peu plus clair...

Haaaaa il nous aura gâté, le collectif de chez Dargaud. Une trentaine de dessinateurs réquisitionnés pour ces 22 bandes-dessinées, cuisinées aux petits ognons, rien que pour nous les fans de Motörhead. Et quelle couverture mes aïeux ! Futur objet de collection, rien que ça, je vous dis. Je me vois déjà la ressortir, du fond d'une bibliothèque où je l'aurais rangée, et la présenter aux enfants ou aux petits-enfants que je n'aurais jamais. Quelle justesse dans les thèmes abordés : le groupe, Lemmy, les fans, l'esprit Motörhead enfin. Les vieux de la vieille comme tout ce qui compose Motörhead aujourd'hui, jusqu'à la mort de Lemmy qui commence à nous angoisser sévère, même si on sait, ou qu'on espère, que Motörhead est immortel, tout y passe ou ça casse. Tant qu'on y va à fond. Rien à jeter, rien à regretter. C'est ça Motörhead, nous sommes Motörhead. En français si vous plaît. Heureusement qu'on a la bédé en France, comme ils disent. C'était le plus bel hommage possible, ça c'est fait. Maintenant reste plus à espérer que Lemmy soit partant pour quelques dates supplémentaires, quelques dates tout court. Lemmy saura une fois de plus que les français comptent pas pour des prunes et qu'il est ici chez lui. Love you forever.
Another perfect book.

mercredi 2 décembre 2009

report


KEELHAUL, SUPERBEATNIK ET MORSE

C'était quand ? : 25/11/09

Où ça ? : Le Baloard, Montpellier

Morse : "On vous fait pas peeeeeeur au moiiiins ?" Non non, tu ne nous as pas fait peur, je t'assure.

Superbeatnik : We are Motörhead. Mais pas ce soir.

Keelhaul : encule.

Je vous vois d'ici, à vous dire que c'est facile de couvrir de louanges un groupe qu'on est allé voir en concert, un soir de semaine en plus. Tsss. Puisque c'est comme ça je m'en vais vous raconter ma vie : j'ai découvert Keelhaul sur Satan owes us money au mois d'août. Ça commençait bien. Puis je me suis surprise à écouter l'album II en boucle. Ça vous arrive souvent, vous, d'écouter des cédés en boucle, la même journée ? Pas moi. Et puis j'apprends qu'on a la chance phénoménale de les revoir sur Montpellier, en tête d'affiche, pour 8 reu et à 7 arrêts de tram. J'étais superchaude. Surtout lorsque j'ai aperçu les mines réjouies de mes acolytes de concert, connues ou inconnues, ceux qu'on est sûr de retrouver au bon endroit et au bon moment. Keelhaul mettra des plombes à commencer, et à reprendre. La poisse sera de la partie avec un joli lâcher de corde côté chanteur. Mais je ne me suis pas inquiétée outre mesure concernant la suite car je sais désormais qu'elle [la poisse] ne frappe que les plus grands [voir report du dernier concert de Lava]. Deux ou trois titres plus tard, Keelhaul avait atteint sa vitesse de croisière. Et nous on en prenait plein les esgourdes, sans bouchons pour ma part. Eux nous délivraient du mathcore de derrière les fagots, affichant tour à tour des faciès tourmentés, des grimaces douloureuses et des rictus irrépressibles. Quel groupe putain, possédé je dirais, mené par un batteur monstrueux, s'accrochant à leurs instruments qui avaient comme l'air d'avoir besoin d'être exorcisés. Grand messe je te dis : les manches se levaient, on baissait la tête. Et le diablotin derrière ses fûts qui te calait la nuque en faisant tinter sa cloche de ride histoire de ralentir un peu la locomotive. Welcome to hell, le public s'emballe, merde, obligée de reculer d'un cran, histoire d'éviter les "cascadeurs" qui iront jusqu'à arracher les câbles lumière ! Une autre corde lâche du côté du second chanteur. Même pas mal, Keelhaul continue à monter en puissance. Une heure déjà, et on nous remercie avec deux titres supplémentaires. Nous aussi, on peut tirer sur nos cordes. Keelhaul nous aura enclumé tout en finesse. Je comprends que certains présents ce soir là aient suivi le groupe, le lendemain à Barcelone. Pour ma part : revenez quand vous voulez les gars. J'arriverai en avance...



P.S : Suis repartie avec une affiche de leur tournée signée Le Moignon. Mon pote avec celle de Françoise Massacre. Qu'on vienne pas me dire que c'est juste parce qu'on les connaît, ou je m'énerve.

manga

NAKED STAR [2004]

De : Oh!great alias Ito Ogure [Japon]

Paru en France aux Éditions Asuka en 2009.

Manga de 212 pages.

N'ai pas pu résister à me procurer, dès sa sortie, ce manga comprenant 8 petites histoires, ainsi qu'une poignée d'illustrations, imaginées par le mangaka d'Enfer et paradis. Pourquoi ? Parce que l'idée qu'Oh!great se décide à publier ses œuvres pornographiques en un seul volume, lui qui n'a jamais débordé de ses dessins un peu trop parfaits à mon goût, m'a excitée. Et je n'ai pas été déçue : des trous de balles en veux tu en voilà, ça mouille à qui mieux mieux dans Naked star.

Oui mais voilà : il s'agit de coups d'essai, ses histoires non terminées nous laissent sur notre faim, bien frustrés, tout comme l'auteur lui-même qui avoue bien volontiers qu'il est plus difficile de dessiner des bites et des filles à poil plutôt que des personnages habillés, le marché du manga étant déjà saturé par de très bons spécialistes du genre. A chacun son domaine. Ce qui ne l'a pas empêché de se faire plaisir... et de nous faire plaisir par la même occasion.

Dernier point, il y a le bon porno et le mauvais porno. Je ne parle pas de la différence qu'il y a entre le porno occidental et le porno japonais car Oh!great mêle rapidement les deux mais plutôt de la différence qu'il y a entre porno chic et porno trash. Si vous êtes plutôt attirés par ce dernier, par les scènes de viols, les filles à bite et la zoophilie, Naked star est fait pour vous !
Interdit aux moins de 18 ans :p

dimanche 22 novembre 2009

literatura

CÃO COMO NÓS [2002]

Traduction littérale :
CHIEN COMME NOUS


De : Manuel Alegre [Portugal]

Mon édition : Planeta de Agostini.

Roman de 115 pages.

Nous voici définitivement installés dans l'automne chers amis ! Le temps file et je remarque que je suis devenue sensible aux changements de saisons. Qu'ils influent sur mon moral et donc sur mes lectures. Aussi Cão como nós s'accorde-t-il avec tous ces sentiments qui nous assaillent, vous savez, quand on rentre du travail le soir, en serrant le col de notre manteau et en foulant les feuilles mortes mais multicolores qui virevoltent sur nos trottoirs en ce moment.

Manuel Alegre est je crois un grand monsieur. Un éternel résistant. Le genre de mec qui a toujours vécu dans l'opposition de quelque chose. Qui ne saurait pas faire autrement. Et je suis persuadée qu'il s'est présenté à la présidence du Portugal tout en sachant qu'il perdrait.

Cão como nós est un petit roman intimiste, à lire furtivement, sans réfléchir. Manuel Alegre n'est pas du genre à philosopher chiant. C'est la mort de son chien qui le fait se retourner sur sa vie. Meilleur ami de l'Homme, mon cul. Aussi lui dédie-t-il un roman, en amoureux de la communication non verbale qu'il est. Dire et aimer jusque dans le silence. Jusque dans la mort ? Comme si la mort, physique ou autre, pouvait mettre un terme à l'amour !
(Il suffira de prendre le temps.)
There are more things in heaven and earth, Horatio, than are dreamt of in your philosophy.

dimanche 15 novembre 2009

literatura

TOUTES LES ROUSSES NE SONT PAS DES SORCIÈRES [2007]

De : Valérie Bonnier [France]

Paru aux : Éditions du Rocher, 2007.

Roman de 227 pages.

Me voilà bien ennuyée ! Vous savez, ce livre devait mettre un terme à mes lectures appartenant à la chick lit. Je me voyais déjà enclumer ce "genre littéraire" une bonne fois pour toutes quand j'ai eu Toutes les rousses ne sont pas des sorcières entre les mains. Ce roman, je l'avais choisi tout exprès : un titre qui ne promettait rien, une auteure française qui a rempilé avec Toutes les blondes ne sont pas des anges puis Toutes les brunes ne sont pas des tigresses, une couverture glossy qui fait piquer les yeux... et pourtant : Je l'ai lu d'une traite, curieuse et émoustillée.

Malgré bon nombre de détails qui auraient pu faire pencher la balance du mauvais côté, ce livre a tenu son "pari chick lit" : il m'a diverti. L'héroïne, une rousse sulfureuse, véritable préjugé littéraire ambulant donc, s'éprend de son patron : un sexagénaire qui n'a pas la bite dans sa poche. Aussi ne vous fiez pas à sa couverture car il s'agit là d'un roman pour adultes, érotique voire pornographique, plus lourd qu'il n'y paraît. Je l'adresserai plutôt à un sénior qui se sentirait dans la fleur de l'âge qu'à une jeune fille qui rêve d'amour.
A lire la main au paquet.