lundi 23 juillet 2007

mea culpa

ce post remplace celui qui portait le même titre (je viens de le supprimer) que je vous avez laissé la semaine dernière. mes états d'âme personnels ne doivent en aucun cas être à l'origine d'un article blog et je m'en excuse. j'espère que cette dernière critique vous plaira et à la demande générale je remets à votre disposition le wallpaper créé à partir d'une de mes photos de vacances (il vous suffit de cliquer dessus) je suis en bas à droite ^^.

Ben quoi? C'est l'été non? XD

samedi 21 juillet 2007

japanimation

DAI MAHOU TOUGE [2006]

titre alternatif
: Panzer Princess

studios : Toshiba et Geneon ent. / Studio Barcelona

de : Ôwada Hideki

4 x 2 OAV + 4 bonus (100 minutes en tout)

Comment ça je ne m'intéresse qu'à des animes pour psychopathes?! Mais pas du tout ! Bien sûr que je peux le prouver : tu trouves qu'elle ressemble à une névrosée la demoiselle, là, en haut à droite? ^^.


sunny side : elle s'appelle Punie =) et c'est une princesse. La princesse du royaume magique même ! Elle a été envoyée sur Terre par sa mère pour s'entraîner afin d'être un jour digne du trône et va ainsi mettre ses pouvoirs magiques à rude épreuve en luttant contre un gang qui sévit dans le lycée où elle s'est inscrit (pauv' choupie, niiif) Heureusement : elle est si gentille et si kawaii qu'elle provoque l'admiration de ses camarades tout comme de sa mascotte qui ne la quitte jamais. Oui, un peu comme dans Sakura ^^. Sauf que elle c'est pas des cartes : c'est des légumes. J'avoue avoir un petit faible pour la patate.


dark side : bon, je ne t'ai petêtre pas tout dit.. ^^; Y'a du sang qui gicle de partou. Et des os qui craquent, des cris de la mort aussi. En fait elle est là pour nous envoyer tous au paradis, et pas dans le bon sens du terme ! C'est une grosse connasse qui torture et tue tout ceux qui sont sur son passage ^^. Enfin tu verras, c'est de famille. Ha ! sa macotte ne rêve que de l'assassiner (mais c'est juste un détail.) Et j'en passe : bien d'autres surprises t'attendent.. Encore plus gorasse que Berserk il y a désormais Punie, la magical girl !


Maintenant tu mélanges les deux aspects et tu obtiens un anime unique et méchamment drôle.

Parodiant le genre magical-ecchi-kawaii, Dai Mahou Touge est une comédie politiquement incorrecte. Le Royaume Magique est en réalité un état fasciste et Punie est surnomée l'impératrice de la soumission japonaise. L'anime cache en fait une critique à l'empire américain - très visible dans les 4 omake supplémentaires.

post-blogum : je déconseille l'anime à tous les hématophobes (ils se reconnaîtront) et aux enfants bien sûr (certains personnages s'exprimant plus vulgairement que des prostituées d'autoroute ^^.)

lundi 9 juillet 2007

kinéma

DEATH NOTE : THE LAST NAME [2006]

réalisé par : Shuusuke Kaneko (qui rempile donc)

film de 2H20

DEATH NOTE le film - deuxième et dernier volet ^^. si tu as été un peu déçu par le premier il se pourrait que tu apprécies tout de même le second, bien mieux ficelé. les changements opérés un peu salement dans Death Note 1 prennent ici tout le sens qu'ils n'avaient pas eu jusqu'alors. il y aurait deux remarques à faire : la première étant qu'il s'agit d'un film live et la seconde que le manga éponyme duquel il est tiré compte 12 tomes - impossible de les adapter fidèlement en 4H de cinéma. un peu d'indulgence donc pour les plus exigeants d'entre vous. dieu sait combien il est difficile de vous contenter bande de (censuré) ! sachez donc que vos réclamations ont été entendues et qu'il ne mérite pas d'être snobé, au pire il vous fera patientier jusqu'à Death Note : le blockbuster (les droits du manga ayant été achetés par Hollywood) THE LAST NAME reprend et conclut ainsi en un seul film l'enquête initiée dans le premier épisode. Qui de L ou de Kira sera ce last name inscrit sur le cahier noir le plus célèbre de l'année? Quelle idée de la justice vaincra? Réponse express dans DEATH NOTE : THE LAST NAME.

post-blogum spoilant : ne vous contentez pas de mater les films et lisez le manga. dans The Last Name, Raito tuerait son père sans hésiter, Misa dit ouvertement avoir peur de vieillir et se fout ainsi de raccourcir son espérance de vie pour la bonne cause, la concurrence présente dans le monde de la télé est un peu trop approfondie.. ce sont des faits adaptés. une oeuvre se doit pourtan de garder un certain mystère et surtout elle se doit de nous laisser réfléchir par nous-même. n'est-ce pa que tu peux penser par toi-même? ho voui, c qu'il aime bien actionner ses neurones mon lecteur /me te lance un susucre.

série tévé

LOST saison 1 [2004]

chaîne : abc (stazuni)


créé et produit par : JJ Abrams et Damon Lindelof


série de 25 épisodes ( x 42 minutes )

Summerlandes. se passe jamais rien l'été :x je préfère les frissons sous la couette pendant qu'il pleut dehors à la chaleur qui vous rend tout poisseux. pas toi? me suis toujours demandée où est-ce qu'elles étaient planquées ces grandes vacances remplies d'amours à usage unique (périmés fin août), de nouvelles amitiés à-la-vie-à-la-mort et d'idylles familiales.. l'été-étudiant, soit tu le passes à larbiner histoire de pa te retrouver dépourvu quand la bise fut venue* ou à glander en solitaire (le store baissé, le ventilo à fond et les moustiques qui rôdent ^^) heureusement que j'ai un truc à te prescrire ma feignasse adorée !

avec LOST non seulement tu ne t'ennuieras plus (déjà 3 saisons menées tambour battant) mais en plus tu vas pouvoir philosopher à foison. j'en ai même rêvé, c'est pour te dire ! si robinson crusoé, vendredi ou les limbes du pacifique ou sa majesté des mouches ne t'ont pa vraiment marqué, LOST t'ouvriras définitivement les portes de la réflexion viscérale qu'impose le spectacle de la lutte de l'homme contre lui-même - comme face à un colosse. tout ça en direct d'un été que tu aurais bien voulu vivre : loin de tout avec des gens hors- ou in-norme, parvenant à délaisser par moments ta propre individualité pour devenir le maillon utile d'un groupe qui ne pense plus qu'à survivre.. survivre à leur propre condition (humaine) plus qu'à un naufrage (aérien) sur une île déserte.

tourné sur les plages d'hawaii et surtou vu de ton canapé tiède, le spectacle estival en devient presque beau et les personnages, pourtan souven atypiques, très attachants - à tel point qu'il te sera difficile d'identifier celui que tu préfères. mais aussi de t'arrêter à la première saison (le dernier épisode est enjambé au premier de la saison suivante de toute façon.) bref, comme tout le monde, tu auras regardé la série en gruyère quand elle passait sur TF1 il y a deux ans, tu vas la télécharger dès la fin de la lecture de cet article ^^ et enfin tu deviendras accro (on vous appelle les losties sur internet =p) y'a de quoi : l'auteur de La Tempête* aurait adoré cette saison ! car l'on s'aperçoit très vite qu'ils ne sont pas là (naufragés sur une île déserte) par hasard.. punition divine? sûremen pa ! la série se garde bien d'une telle aberration (tu t'arrêterais alors immédiatemen de penser) alors pourquoi? c'est ce que vous saurez en regardant LOST cet été.

* Jean de La Fontaine
² Shakespeare

mardi 3 juillet 2007

Ura Nihon


La main sur mon ventre. Une déchirure qui se propage, une flamme qui se multiplie, une douleur qui croît. Désirer que cela s'arrête autant que cela me consume pour de bon. Et en rajouter quand le corps se tort, se rapièce, s'autodétruit momentanément. Et quand ça s'arrête, parce que ça s'arrête toujours comme pour bien marquer la distinction entre douleur et répis : pleurer avec bruit et à cris. Sûrement pour que quelqu'un m'entende, quelqu'un qui de toute manière ne pourrait pas comprendre, au pire désirer qu'il ressente la même chose. Ou pour s'entendre encore vivre et penser naïvement que j'aurais contenté ma douleur, qu'elle ne reviendra pas. Si elle s'estompe, penser à quelque chose d'agréable : le faire sourire, articuler ses bras autour de moi, contrôler ses caresses par la pensée. Je lui dois décidément beaucoup à ce pantin de mes fantasmes ! Sucé comme un bonbon offert après une piqûre, s'évanouir avec son goût, crémeux, dans ma bouche.

A ce rythme là, je ne pourrais plus rêver. Et tous les erzats à ce songe d'une nuit natale n'auront plus aucune valeur. Le rêve est ainsi paradoxal qu'il repose sur quelque chose de bien réèl. Si ce réèl s'effondre, le rêve disparaît. J'ai ainsi appris que mon rêve allait bientôt mourir, c'était écrit dans le journal. En l'occurence celui que je lisais dans la salle d'attente de mon psychiatre (très ironique n'est-ce pas?) Ne pouvant laisser libre cours à mon indignation aux regards des autres patients, je me suis mise à trembler de rage en fixant le gros titre de la mauvaise nouvelle. Pendue à ma sacoche, ma petite peluche Totoro verte tremblait avec moi, par contamination.

Preuve à conviction : http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/japon/dossier.asp?ida=458449&p=1

L'article fournissait toutes les informations : le récit des témoins, le mobile du crime, l'identité des assassins et l'heure programmée du décès. "D'ici deux à trois ans" mon rêve serait rasé et recouvert d'un tas d'ordures relatait, en direct, la journaliste. L'envoyée spéciale savait-elle, au moins, qu'elle avait été envoyée spécialement pour m'empêcher de rêver en rond, en large et en travers? Le Japon, mon Japon, mon amour de loin, se mourrait me divulgait cet ange annonciateur. Et tout concluait, dans l'article, à me faire savoir que je ne pourrais rien y faire, qu'une vaine pétition circulait déjà pour rien, que la décision était inexorable, d'ordre politique et économique, qui sont, je le sais, les ennemis numéro 1 de la volonté individuelle. Les acteurs de mon rêve s'étaient déjà eux-même résignés. Les mutins avaient signés il y a peu l'acte de mise à mort, sans m'avertir bien sûr. Certains avaient même déjà fui les lieux en me laissant un petit mot sur la porte de mes songes : "trop vieux, trop pauvre, gomen, gomen kudasai."

Je sentais mon petit Totoro vert (cadeau qui m'avait été offert bien malgré lui et que j'avais rendu otage de mes désirs qui se prenaient pour la réalité) me carresser la jambe. Si Ogama était rayé de la carte, de quoi d'autre pouvais-je bien rêver ? Quel autre pays imaginaire pourrait me donner la pareille? Je me sentis trop vieille pour devenir astronaute, rechercher d'autres mondes, comme l'avait fait Chiyoko F. en 2001. Ogama deviendra un tas puant de déchets en décomposition. Mon rêve sentira les poubelles. Satsuki et Mei joueront au chat et à la souris en vomissant toutes les deux minutes. Mes songes mourront après une longue agonie nauséabonde.

Et jamais plus je ne pourrais rêver que je suis une vieille japonaise, très laide, très ridée, qui ne pense plus, qui ne souffre plus, qui n'est qu'un corps naturellement courbé sept jours sur sept dans les rizières, accompagnée d'un mari qu'elle n'a jamais aimé d'une folle passion, mais qui est pour elle le meilleur compagnon que la vie lui ai donnée, dont jamais elle ne se plaint, qu'elle ne songerait jamais à remplacer bien qu'il soit tout aussi vieux et ridé qu'elle. Quand mon dos n'en pourrait plus, il m'aurait dit de rentrer, qu'il s'occuperait seul de la tâche à accomplir. J'aurais bu un thé unique, pelotonnée sous mon kotatsu, dans un salon où il n'y aurait aucun livre et aucune prise d'électricité, en regardant les photos de mes petits-enfants accrochées au mur et en écoutant la musique dont toute la nature est capable, rythmée au son des rires des travailleurs du champ voisin. J'aurais préparé mon offrande au kami familial, et sur le chemin qui mène au temple, je serais peut-être tombée, m'éteignant tranquillement sous des cleyera japonica et des ginkgo biloba centenaires. Sans peur et sans regret.

Au lieu de ça, je ne rêverai plus. Et serais condamnée à vivre clouée sur place, sûrement obligée d'en finir avec moi-même pour ne pas avoir à me voir pourrir à mon tour, gangrénée par mon rêve moribond et fétide. Je finirai dans tous les cas par moisir dans une boîte en bois au milieu d'un cimetière catholique en pierre, qui me laissera très peu de chances d'atteindre la terre. Il me sera dans ce cas sûrement impossible de rejoindre ses poussières, de toute manière mêlées à celles d'une autre, dans un autre cimetière en granit, dans une autre boîte en pin massif. Quelque part, dans une autre décharge publique que celle d'Ogama, mon Totoro plus tout à fait vert, se dissoudra dans les restes de viande avariée et de yaourt périmé. Comme se désintégreront les restes d'Ogama dans le ventre de sa nouvelle réincarnation putride.
Ura, Ura Nihon.

lundi 2 juillet 2007

literatura

COSMOFOBIA [2007]

Sous-titre : Les autre sont un "je".

De : Lucia Etxebarria [Espagne]

Publié par les Editions Héloïse d'Ormesson [Paris]

Roman de 382 pages.

Certains d'entre vous (j'ai les adresses IP, je pense que d'ici 1H j'aurais vos adresses ^^) m'ont trouvé quelque peu sado dans mes précédents articles. Ceux qui me connaissent irl ont évidemment souri face à ce commentaire. Je ne vous dirai pas pourquoi ! Les autres ont beaucoup aimé. Je suis au regret de vous dire que non, je ne me déplace pas à domicile et que non : je ne suis pas équipée. A défaut de pouvoir assouvir vos besoins lubriques, je vais essayer de nourrir vos âmes avec l'humilité qui, vous le savez, m'est impartie. Cof, cof. Continue à lire, ignorant, c'est ta maîtresse qui te l'ordonne! Swiiiiiift* !!!

Il m'est pénible d'être limitée à un article blog pour parler d'un roman de Lucia Etxebarria. Si je pouvais, j'écrirais mon prochain mémoire sur une de Ses oeuvres. Même si cette étude reviendrait logiquement à un étudiant en socio et pas en langues. De mon point de vue. Parce que c'est le fond qui m'a fait apprécier la forme de Ses romans, et pas le contraire.
Etxebarria est née de la movida espagnole, tout se passe comme si Almodovar avait une fille écrivaine. Et que Flaubert soit un de Ses ancêtres (entre autres auteurs, philosophes, musiciens, peintres..) tant Son talent est une question de sang. Je l'ai découverte comme tout le monde avec Amour, Prozac et autres curiosités, ensuite j'ai lu tous Ses textes enfiévrée, d'un trait. Même les gros pavés. Allant jusqu'à les lire en espagnol même si je ne sais le parler qu'à moitié. A commander Ses livres du Portugal où ils continuent à être publiés plus vite qu'en France. Elle ne m'a jamais déçue. Etxebarria vous rend plus fort et vous modifie profondément. Son écriture raffinée est un don qu'Elle vous fait. Un nectar de littérature accessiblement fluide.
"Oui mais bon, elle parle de quoi ta bonne femme?"
SILENCE ! Un amateur dirait qu'Etxebarria est une auteure féministe. C'est une erreur hideuse. Plus à cause du préjugé que renferme cette étiquette que pour sa définition même. Elle a réussi à trouver ce qui était pourri au royaume du Danemark². Son approche des problèmes sociaux, ou mieux, humains, se veut honnête : Etxebarria décrit et analyse avant de dénoncer. Et après s'être brisé les cordes vocales à la tribune de Ses chapitres, Elle redescend s'occuper de ceux qu'Elle défend en commençant par faire un état des lieux.
Elle ne s'adresse pas qu'aux femmes : mais à tous ceux qui se sentent appartenir au sexe faible. Elle ne s'adresse pas qu'aux psychos : mais à tous ceux qui subissent une perte ou un trouble de l'identité. Elle ne s'adresse pas qu'aux homosexuels : mais à tous ceux qui pataugent dans leur vie sexuelle et affective. (Essayez de comprendre les nuances.)
Avec Cosmofobia, Elle choisit de placer Sa tribune dans un quartier malfamé de Madrid. Et fait des immigrés Ses nouveaux personnages de fiction. Une idée qu'Elle a su exploiter puisque on y retrouve Ses thèmes favoris liés aux années 80, au monde artistique espagnol et international. La cosmophobie c'est le vertige que chacun éprouve en cherchant sa place dans l'univers. C'est dire si ça nous concerne ! (cf. les blattes perdues de mon post sur NHK ni youkoso !) Revenant sur notre condition sociale, l'auteure défend dans cet ouvrage l'idée que "nous ne saurons jamais si une occasion perdue n'a pas été au fond une occasion saisie". Mais que ce soit bien clair : Etxebarria ne vous propose pas de passer du verre à moitié vide à celui à moitié plein en quelques pages, non, Elle vous propose de remplir un peu plus votre verre, et cette fois, de le boire !

* onomatopée sensée reproduire le claquement d'un fouet ^^;
² référence à une tirade de Hamlet de Shakespeare.