mercredi 17 septembre 2014

kids

101 BONNES RAISONS DE SE RÉJOUIR D’ÊTRE UNE FILLE 
[2011]

Texte : Beatrice Masini [Italie]
Dessin : Guillaume Long [Suisse]

Mon édition : La joie de lire, Genève, 2011.
[prix : 10€]

Livre pour enfants de 58 pages.

Dans une société qui tournerait rond, une fille devrait autant se réjouir d'être une fille qu'un garçon se réjouit d'être un garçon. Hélas...

Hélas, les Femmes et les Hommes naissent et demeurent égaux et libres en droits, comme les Noirs et les Blancs ou les Très Riches et les Très Pauvres naissent et demeurent égaux et libres en droits, vous m'avez comprise.

Hélas, lorsque tu es enceinte, il y a toujours quelques personnes qui te diront j'espère pour toi que c'est un garçon (clin d’œil). Amusez-vous à leur demander Pensez-vous qu'il naisse actuellement en France plus de filles ou plus de garçons ? Plus de filles bien sûr ! Tout se passe comme si les filles (donc la féminité) étaient une menace pour la gent masculine, une sorte de péril rose. Or, en France, les filles (femmes âgées de moins de 20 ans) sont actuellement moins nombreuses que les garçons (377 000 personnes de moins). Et l'an dernier il est né plus 5% de garçons, cela fait même 15 ans que ça dure !

Hélas, les raisons de réjouir sont certes nombreuses, mais seulement parce qu'un garçon est immédiatement taxé d'homosexuel s'il s'amuse à avoir un comportement de fille. Elle, est naturellement considérée comme un être faible et surtout inférieur.

Hélas, il vous faudra peut-être consoler votre fille d'être une fille (pas facile d'accepter les épilations ou les menstruations). Ce genre de livre aidera à coup sûr. Non seulement il cite les arguments évidents (une fille peut porter des jupes, être enceinte, etc.) mais il insiste sur le fait qu'être une fille c'est surtout avoir le choix : elle peut porter des robes ou pas (pas un garçon), porter la vie ou pas (pas un garçon), etc.

Hélas, la bande-dessinée 101 bonnes raisons de se réjouir d'être un garçon n'est toujours pas sortie. Comme si celle-ci n'avait pas lieu d'être...
Mais, ouf, il existe bel et bien une très bonne raison de se réjouir d'être une fille : la 101ème bien sûr !

mardi 9 septembre 2014

literatura

L'INVERSION DE HIERONYMUS BOSCH [2005]

De : Camille De Toledo [France]

Mon édition : Phase Deux, 2005 
[prix : 16,50€]

Roman de 272 pages.

J'ai tellement apprécié la première partie de ce livre que j'en ai parlé autour de moi : J. m'a dit que ça lui faisait penser à du Palahniuk, ce en quoi il n'avait pas tort, mais qu'il ne pourrait plus s'enthousiasmer pour ce genre de bouquin. M. m'a dit que c'était de la merde, mon truc. Je n'ai pas très bien compris pourquoi, mais je vous le dis quand même. Vous savez, il y a autant d'avis sur un livre que d'êtres humains sur Terre. Passons.

Hieronymus Bosch c'est le pseudo de Jérôme Bosch, le peintre hollandais qui a peint ceci :


L'inversion de Hieronymus Bosch c'est l'histoire d'une utopie : où l'homme serait enfin soustrait de ses désirs. Où les adultes reviendraient des enfants, à son état naturel. Il n'en fallait pas plus pour que l'investigateur de cette inversion soit accusé de terrorisme. Comme toute utopie, la belle affaire tourne au vinaigre et se transforme en révolte ! En révolution ? Seul l'avenir nous le dira. Vous aimeriez savoir ce qui peut bien avoir enfin embrasé l'Occident ? Simplement des bonbons, des bonbons qui vous donnent plus de plaisir que le sexe. De quoi nous transformer purement et simplement en animaux. Qui a dit que l'enfant est l'état premier de l'Homme ? Et que le Paradis était plus enviable que l'Enfer ?
[...] il y a une mort au bout de ce ponton, une mort définitive qui est une extinction. Regardez-les comme ils se goinfrent. Ils sont repus, comblés. Ils sont heureux. La première chose qu'ils font : ils boivent, rotent, parlent fort, ils se bousculent. Foutre et manger, voilà l'homme [...] ! Autour on échafaude. On construit des colonnes, des dômes pour s'arracher à ce porcinet qui sommeille juste derrière la peau. Mais le désir, ça ne s'éduque pas, ça ne grandit pas, ça ne s'élève pas. Ce n'est pas même sophistiqué, le désir ! C'est une mécanique qui se satisfait des clichés dont on nous bourre le crâne. [...] Ils nous célèbrent parce que nous les sauvons de leur ennui, mais n'oubliez jamais, au fond, nous sommes des assassins. Page 35.