jeudi 22 décembre 2011

teatro

ESPÈCES MENACÉES [1994]

Titre original : FUNNY MONEY

De : Ray Cooney [Angleterre]

Adapté par : Michel Blanc et Gérard Jugnot [France]

Mon édition : L'avant-scène théâtre poche, 2006 [prix : 10€]

Comédie de 52 pages.

Ceci n'est pas un livre. Il est arrivé sur mon bureau de secrétaire de direction, comme ça, à peine photocopié, alors que je n'avais rien demandé, moi. J'ai mis un moment avant de le lire, du coup. Peut-être parce qu'on m'avait proposé un des rôles, je ne me souviens même plus lequel, qu'on m'a refusé la minute d'après parce que je n'avais pas répondu par un grand oui, décidé et sonore. Comme si on pouvait dire oui à une pièce de théâtre, comme ça, sans avoir été présentées, ni lue. Bref, trêve de tragédie !  C'est de comédie qu'il s'agit ici ! Et bien qu'elle soit adaptée d'une pièce britannique, son adaptation me paraît ma foi plutôt réussie. On s'y croirait presque, dans ce petit salon de Saint-Maur. Chez ces bourgeois franchouillards, protégeant coûte que coûte, enfin vaille que vaille, ces "espèces menacées". Leur but : nous faire rire à coup de quiproquos et de jeux de mots signés Blanc & Jugnot, ici aussi splendides qu'à la belle époque. Je leur souhaite bien du courage, à tous ces frustrés du sixième art qui auront choisi cette comédie pour montrer à la face du monde, représentée le plus souvent par les membres d'un CE, tout leur génie. Car, comme tout le monde le sait, ou j'ose espérer le sache, n'est pas comédien qui veut et le texte d'Espèces menacées supporterait mal la moindre retouche, le moindre raccourci, qui blesserait forcément ce scénario rondement mené, où l'humour ricoche d'une tirade à l'autre, façon boomerang, et où longueur rime avec bonne humeur.

Tout ou rien.

dimanche 7 août 2011

série tévé

HOW I MET YOUR MOTHER [2005 à 2012]


Traduction du titre : COMMENT JE L'AI RENCONTRÉE 

De : Carter Bays et Craig Thomas [États-Unis]

Chaîne : CBS

Format : 7 saisons soit 155 épisodes x 21 minutes.

Friends est morte, vive How I met your mother
Vous aimerez HIMYM si comme les personnages principaux de la série vous avez entre 25 et 30 ans. C'est la condition sine qua non pour vraiment rire et non pas juste sourire comme on le faisait en regardant Friends. Sérieusement, qui a bien pu se reconnaître dans les personnages de Phoebe, Rachel, Monica, Chandler, Ross ou encore Joey ?? Personnellement, je n'ai jamais rien compris à cette histoire de génération Friends, la série qui aurait relancé la coloc dans le monde entier. Partager mon appart ne serait-ce qu'avec l'un d'entre eux relèverait pour moi du cauchemar pur et simple. Le temps aidant, les références abordées dans les sitcoms sont également devenues les miennes. En clair, les sitcoms ont une date limite de consommation et HIMYM est la sitcom de ma génération. Comme dans Friends, ils sont 6 à nous représenter : 3 garçons (Barney le serial fucker célibataire, Marshall le nounours maqué et Ted la midinette à la recherche de l'amour de sa vie) et 3 filles (Lily la cochonne maquée, Robin le garçon manqué sexy et la future femme de Ted dont on attend de connaître l'identité comme nous l'indique le titre de la série). Mais ne vous fiez pas à cette liste : les nanas de HIMYM n'ont rien de féminin. Un peu comme les filles de ma génération me direz-vous ? Alors soit on a trop collé à ce que les garçons attendaient de nous, soit on a refusé de ressembler à nos aînées, mais les filles d'aujourd'hui n'ont plus grand chose de féminin. Sans parler qu'en France, il y a plus d'hommes que de femmes et non le contraire (si si je vous assure j'ai vérifié) et que les inégalités hommes-femmes persistent encore en 2012 : nous sommes toujours moins payées qu'eux et il y a toujours plus de directeurs que de directrices, etc. Tiens, et si on parlait de comment les personnages de HIMYM gagnent leur vie ? Barney est un homme d'affaires, Marshall est avocat, Ted est architecte, Lily est institutrice et Robin est présentatrice télé. Il n'y a rien qui vous choque ? Primo ils ont tous un emploi et deuxio celui-ci est typiquement masculin pour les hommes et typiquement féminin pour les femmes. Bref, ne vous y trompez pas, HIMYM nous séduit parce qu'elle nous vend du rêve (celui du plein emploi, celui d'une société entièrement masculine) tout en utilisant des préjugés plus vieux que nous : les femmes s'occupent des enfants et travaillent à la télé parce qu'elles sont jolies et les hommes s'occupent du monde en travaillant derrière leur bureau. En clair, ma génération est composée d'hommes et de femmes-hommes désirant vivre l'american dream/way of life tout en sachant que ce mode de vie n'est pas viable ? Attendez une minute ! Je descends au prochain arrêt, merci !
Une sitcom halluuu...attendez la suite... ciiinaaante !
Autant que ma génération peut l'être en tout cas.

kinéma

LE NOM DES GENS [2010]


De : Michel Leclerc [France]

Durée : 1H40

Vous l'aurez compris : j'ai pour habitude de ne pas m'intéresser aux films qui jouissent d'un certain succès auprès du public. J'attends toujours que l'effet de mode soit retombé, et il retombe toujours, pour me pencher sur ces soit-disant "films-évènements de l'année". Alors dans la catégorie "film-évènement de l'année-dernière" je vous présente Le nom des gens, une comédie sentimentale à la française (à la française signifiant sur fond social). Il semblerait bien que chez nous il n'y est rien de plus romantique qu'une histoire d'amour entre une musulmane et un juif, soit deux personnes issues de communautés religieuses minoritaires. Encore faut-il que le juif ne soit pas affublé d'un nez crochu et la musulmane d'un voile. Et encore faut-il que le juif se fasse passer pour un français normal, donc non-juif, et la musulmane pour une française normale, donc non-musulmane. Ici le juif ressemble à un militant UMP et la musulmane est une activiste socialiste, doublée d'un attentat à la pudeur personnifié. Il n'en fallait pas plus pour que ces deux-là s'aiment. Se reconnaissant sous leurs masques superposés.
Et si ces fameux contraires qui s'attirent toujours n'étaient en fait que des âmes sœurs déguisées ?

lundi 18 juillet 2011

kinéma

J'AI RENCONTRÉ LE DIABLE [2010]


De : Kim Jee-woon [Corée du Sud]

Durée : 2H21

Comment réaliser un thriller asiatique en trois coups de cuiller à pot ?

Tout d'abord : justifier la violence déployée par le héros dans la seconde partie du film. Pour cela : répondre à la question Quelle est la pire chose qui puisse lui arriver ? Sans cela, rien ne pourrait expliquer pourquoi un homme asiatique, forcément bon et honnête, puisse sortir de ses gonds.

Ensuite : répondre à la question : Comment va-t-il réagir après qu'il lui soit arrivé le pire du pire ? Un homme sain d'esprit laisserait faire la police, sauf que la police c'est pour les pédés ! Et si ton héros en a dans le froc il va forcément chercher à se faire justice lui-même, et pas qu'un peu mon neveu. D'où l'importance de ne pas lésiner sur la première étape.

Enfin, troisième et dernier point : le final doit être sobre et amer. Ton héros étant parvenu a se venger, il doit bien se rendre compte que ça n'éfface en rien le fait qu'il lui soit déjà arrivé le pire du pire. Sans parler du fait qu'en cherchant à se venger, il est devenu aussi inhumain que la personne qui avait été capable de lui infliger ce qu'il a subi au début du film. La vengeance étant un plat qui se mange encore et toujours froid.

Préférez-lui Old boy de Park Chan-wook. Pourquoi ?
Parce que Parky a misé sur un pire du pire universel.

kinéma


LES PROMESSES DE L'OMBRE [2007]


De : David Cronenberg [Canada]

Durée : 1H40

La mafia au cinéma c'est vraiment chouette. C'est toujours l'histoire d'un type qui en a chié pour arriver là où il est, pour appartenir à une autre famille que la sienne, pour prouver qu'il est vraiment un homme même si c'est un homme, et qui, passé un certain temps, se repent en même temps qu'il se rend compte que la mafia, c'est vraiment mais alors vraiment à la vie et à la mort. J'adore ce moment où une larme coule sur un visage impassible, ricoche sur une balafre ou deux, un tatouage ou quatre, puis s'écrase au sol. La mafia au cinéma c'est l'exploitation extrême du paradoxe qui existe entre ses activités criminelles : meurtre, prostitution, blanchiment, commerce illégal, protection forcée et autres joyeusetés, et la psychologie de ses membres, toujours dignes d'une tragédie grecque. Autre paradoxe : tandis que les premiers films sur la mafia ont dû bien faire rigoler les vrais mafieux, la seconde génération est plutôt du genre à singer cette mafia cinématographique et ultraglam (voir Truands) ! Si tu es un aficionado du genre, Les promesses de l'ombre, sorti la même année que La nuit nous appartient, ne te décevra pas. Et puis tu sais, regarder un film sur la mafia russe c'est comme acheter du caviar : t'es quand même toujours un peu déçu qu'il ne soit pas vraiment russe.

jeudi 14 juillet 2011

kinéma

LE MOINE [2011]


De : Dominik Moll [France]

Durée : 1H41

Confiteor Deo Omnipotenti, je confesse à Dieu Tout-Puissant : je suis allé jusqu'au cinéma uniquement pour le voir ! Mon père, j'ai beaucoup péché, par pensées, par paroles et par actions : je me suis laissée tenter par Vincent Cassel. C'est pourquoi je vous supplie : on m'a fait croire que c'était bien, qui aurait dit : un moine ! Priez pour moi : ça aurait dû être une très bonne adaptation d'un classique de la littérature gothique. Pardonnez-moi mon père car j'ai péché : tout ça n'est dû qu'à l'intervention de Satan ! Mais j'ai été bien punie et on ne m'y reprendra plus : Vade retro Sergi López !!!

Mea culpa, mea maxima culpa.

politics

ET SI ON SE RETROUVAIT... [2008]

De : Martine Aubry, Stéphane Paoli et Jean Viard [France]

Mon édition : L'aube, première édition [prix : 19,20€]

Entretiens de 198 pages.

Et pourquoi pas ? Après tout, les primaires socialistes auront lieu dans trois mois et ce n'est pas en lisant les journaux ni en regardant la télé qu'on connaîtra le programme d'un candidat. Alors, avant de lire le sien, si j'en apprenais un peu plus sur Martine Aubry ?

Dans les entretiens de Et si on se retrouvait..., Martine répond à deux sociologues. Ce qui m'étonne en premier lieu c'est qu'ils n'y vont pas de main morte, leurs questions sont du genre "cash", pertinentes et directes. Est-ce que je ne me serai pas habituée aux interviews pipées de Sarkozy ? Au fil de ma lecture je découvre une femme solide, honorant les grandes victoires et les grands héros de la gauche tout en se projetant dans l'avenir, d'après une connaissance très accrue de notre société. Et quel parcours, mes aïeux : fille de Jacques Delors, énarque, ex-ministre du travail, ex-ministre de l'emploi, ancienne DGA dans le privé, deux fois maire de Lille, investigatrice et mère des 35 heures et de la CMU et enfin première secrétaire du parti socialiste. Pas de doute possible : la politique c'est son affaire et la société française, son dada.

On dit des socialistes qu'ils sont de grands rêveurs, de grands idéalistes, et en effet ça se confirme, Martine rêve tout haut. Et quand elle s'exprime tout s'imbrique, tout semble aller de soi, comme une évidence. Comme si chacun de nous avait sa place dans la société et que la société était faite pour chacun de nous. Et si Martine avait tout compris ? Et si améliorer les choses cela commençait d'abord par appliquer des petites mesures, toutes bêtes, et surtout par supprimer celles qui sont injustes ? Attention, Martine ne nous dit pas : votez pour moi et tout ira bien, non, non, elle te demande d'abord de participer, de mettre aussi la main à la pâte et le pied à l'étrier. Si nous acceptons de participer à sa politique, et seulement si, alors elle pourra mener nos projets, pas ses projets à elle mais nos projets à nous tous. Nuance. Quand Martine dit France, elle dit français. C'est eux, c'est nous, qui l'intéressons, nos vies, nos quotidiens, nos tracas et nos bonheurs. 

Je termine ces entretiens le sourire aux lèvres, avec l'impression que c'est possible, difficile oui mais pas impossible. On appelle ça "redonner confiance aux français". Mission réussie.

Et si "être français" c'était "voter socialiste" ?

jeudi 7 juillet 2011

kinéma

INGLOURIOUS BASTERDS [2009]


De : Quentin Tarantino [États-Unis]

Durée : 2H33

Hitler : OK. 
Tarantino : OK. 
Amis unanimes : OK. 
Attendre au moins un an histoire d'avoir un peu de recul : OK. 
Générique de fin : le film était nul. 
Avis de la personne qui l'a vu en même temps que moi : et ben, je préférais encore quand c'était Papy qui faisait de la résistance...
Justification de mes amis : Plusieurs - le colonel de la SS était terriiible
Mon avis : terriblement cliché ? 
Récapitulatif : le film que mes amis adorent parce que le colonel de la SS est terrible dedans. 
Note pour plus tard : Mieux choisir mes fréquentations à l'avenir.
Le + : le titre du film, tel une mise en garde.
Le - : le film.

dimanche 29 mai 2011

literatura

LA SEPTIÈME VAGUE [2009]

De : Daniel Glattauer [Autriche]

Mon édition : Grasset, 2011
[prix : 18€].

Roman de 348 pages.

Quand souffle le vent du nord,
suite et fin.

Vous souvenez-vous de ces livres "dont vous étiez le héros" ? Ceux ou à la fin de chaque chapitre plusieurs options s'offraient au lecteur, vous renvoyant alors directement à tel ou à tel autre chapitre selon l'orientation que vous souhaitiez donner à l'histoire que vous lisiez ? Et ben là c'est pareil. Soit vous vous arrêtez de lire à la fin de Quand souffle le vent du nord, lorsqu'un des personnages arrête d'envoyer des mails, stoppant ainsi de manière brutale le dialogue quasi-amoureux jusque là instauré, soit vous continuez l'aventure avec La septième vague, dans lequel l'échange de mails reprend, de pair avec l'histoire d'amour, et ceci jusqu'à épuisement : ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. Ainsi, deux options s'offrent à vous : vous ne pouvez vous contenter de lire La septième vague mais vous pouvez vous arrêter à Quand souffle le vent du nord. Le choix de la rédaction ? Ne lire que le premier, tellement plus représentatif des histoires d'amour virtuelles d'aujourd'hui. Non seulement vous en retirerez une morale utile du genre "gardez-vous de vous attacher à quelqu'un qui n'existe qu'à travers les mots" tout comme cela favorisera votre imaginaire : que vont-ils devenir l'un sans l'autre ? Et vous ? Qu'est-il advenu de vous lorsque votre histoire s'est arrêtée sans atteindre l'happy end tant escompté ? Si vous lisez ce blog, j'en déduis que l'histoire n'était pas si triste que ça.

Pour ceux qui préfèrent faire l'autruche.

kinéma

THE TREE OF LIFE [2011]

De : Terrence Malick [Etats-Unis]

Durée : 2H18

Comment choisissez-vous les films que vous aller regarder ? Si la réponse à cette question est : "Plutôt des films qui me permettront de m'évader, de penser à autre chose qu'à ma petite vie, d'oublier que je m'ennuie", alors je doute que vous aimerez The tree of life, à l'instar de ceux à qui je l'ai conseillé et qui me l'ont presque reproché ! En revanche si vous me répondez : "Je choisis un film dans l'espoir que celui-ci me fasse réfléchir, vibrer, qu'il élargisse ma vision de la vie", alors là oui, vous ne serez pas déçu du voyage.

Parce que soyons honnêtes : nos vies sont remplies de souffrance ! Les deux seules choses qui nous permettent de supporter cet état de fait sont, roulement de tambour, l'amour et l'art. Parfaitement. Ça m'a toujours fait rire quand j'entends une nana célibataire me dire : "Je ne demande pas grand chose pourtant". Pas grand chose ? Alors pour toi aimer et être aimée ce n'est pas grand chose ? C'est juste la plus grande chose au monde ma fille ! La seconde étant l'art bien sûr, grâce auquel on peut accéder à une tripotée de sensations grandioses. Au même titre que l'amour. L'un n'allant pas sans l'autre donc.

Dites-moi alors, en commentaire s'il vous plaît, je ne demande qu'à voir, quelle synopsis plus incroyable que celle qui nous est ici proposée, celle d'une famille en proie à la vie, pourriez-vous me conseiller ? Gardez-vous bien de penser qu'il s'agit encore d'un de ces films méga contemplatif, ultrachiant et inaccessible au commun des mortel, car il n'en est rien et vous passeriez à côté d'un chef d’œuvre. Si c'était le cas, Terrence Malick n'aurait pas choisi Brad Pitt ni Sean Penn, et j'ose espérer que si c'était le cas il n'aurait jamais eu la palme d'or au dernier Festival de Cannes. Et pour les récalcitrants qui penseraient que je me suis reconnue dans un des passages du film : je suis fille unique et la notion d'amour familial n'évoque rien de spécial chez moi. Mais The tree of life fait partie de ces films qui nous racontent une histoire tendant à l'universel, celle ayant commencé il y a des millions d'années et qui durera jusqu'à la fin des temps.

The tree of life, a space odyssey.



literatura

QUAND SOUFFLE LE VENT
DU NORD
[2006]


De : Daniel Glattauer [Autriche]

Mon édition : Le Livre de Poche n°32132 [prix : 6.95€]

Roman de 348 pages.

Êtes-vous fidèles en amour ? N'étant pas mariée, il me suffit de compter les relations sexuelles que j'ai eu tandis que j'étais en couple pour répondre à cette question. Et qu'en est-il des désirs inavoués ? Des regards et des envies inopinés ? N'ayant conduits à aucune faute, doit-on les inclure dans notre compte fidélité ? Si oui, que penser alors du besoin de séduction ? Le besoin d'être regardée, complimentée et bien souvent désirée par d'autres personnes que celle qui partage déjà notre vie ? Naturel me diront certains, coupable me répondront d'autres.
Étant, à mon signe astrologique défendant, de nature fidèle, je me sens quand même coupable d'avoir toujours désiré maintenir des relations épistolaires (par mail, par messagerie instantanée, etc.) avec mes anciens partenaires. Par écrit, me disais-je, ça ne compte pas ! Heureusement pour moi, aucun de mes exs n'a souhaité garder contact, aussi épistolaire fut-il ! Heureusement, car ces échanges de mots, aussi courtois fussent-ils, auraient forcément conduit, un jour à l'autre, à un passage à l'acte. S'écrire revenant toujours à se séduire. Les allitérations faisant figure de chant de sirène. Et les rimes d’effleurements érotiques. Finalement, n'est-ce pas ainsi qu'ils m'avaient séduite ? Par écrit ?
Les héros de ce roman ne s'étant jamais posé ce genre de question, ou ne désirant pas le faire, vont filer tout droit, et tête-bêche, dans la gueule du loup : l'une, bien que mariée, va s'éprendre du destinataire de ses mails et l'autre, célibataire, utilisera tous les moyens à portée de son clavier pour la séduire. Rien de plus facile quand on est pas si heureuse en ménage que ça et professeur en science du langage...
J'irai bien refaire un tour du côté de chez Swann
Revoir mon premier amour [...]
Je ne voudrai pas refaire le chemin à l'envers
Et pourtant je paierai cher pour revivre un seul instant
Le temps du bonheur [...].

bédé

HENRY & GLENN FOREVER [2010]


De : Igloo Tornado

Publié par : Cantankerous Titles [uniquement en anglais]

Bande dessinée de 66 pages [prix : 6$].

Hey c'est moi ! Tu me reconnais ? Je suis celui qui dit : "Tu sais, pour créer, une bonne idée suffit", mais oui c'est moi, Super Connard !! Combien de fois n'ai-je entendu ce sophisme ? Si avoir une bonne idée suffisait pour produire une ou plusieurs œuvres dignes d'intérêt, ça se saurait. Attention ! Je ne remets pas en cause le fait que certains aient accédé au "top des ventes", cet Olympe moderne, uniquement grâce à une toute petite idée, souvent piquée à un autre, déjà mort de surcroît. Bref, passons, car les Igloo Tornado n'ont rien piqué à personne, ils ont simplement réalisé le potentiel d'une idée tirée de l'inconscient collectif des gothiques, coreux et metaleux du monde entier, celui-là même qui apparaît à la surface des gobelets de bière à 1 euro pièce passé trois heures du matin, quand Bloodmachinchose666 rote à l'oreille de Trvebirthagain : "Faut vraiment être un pédé pour aimer leur dernier album !" De ça à Henry & Glenn Forever il n'y a qu'un pas. Comment expliquer autrement le fait qu'une bédé mettant en scène un couple homosexuel composé des très musclés et des très énervés Monsieur Hardcore [Henry Rollins] et Evil Elvis [Glenn Danzig] aille de soi ? Deux regrets subsistent cependant : 1/que les dessins publiés sur internet par les fans de la bédé surpassent le talent des créateurs de Henry & Glenn Forever et 2/que ce soit des ricains qui y aient pensé avant notre Naga Wika national...