lundi 10 janvier 2011

literatura

LE SILENCE DES ESPRITS [2010]

De : Wilfried N'Sondé [Congo]

Mon édition : Actes Sud, première édition.

Roman de 171 pages.

Et si la rédemption, à peine la frôle-t-on d'un doigt, se transformait en une vengeance implacable ? Et si le pardon lui-même devenait le tourment éternel ? Le silence des esprits c'est un peu le prologue de l'histoire de Sisyphe et de son rocher, ou bien de cette autre histoire, celle du rat et de cet étrange bout de fromage, trouvé au coin d'une plinthe, alors qu'il s'y attendait le moins et qu'il s'était presque habitué à avoir faim...

samedi 20 novembre 2010

literatura

UNE FORME DE VIE [2010]

De : Amélie Nothomb [Belgique]

Mon édition : Albin Michel, première édition.

Roman de 169 pages.


Chère Amélie Nothomb,

Internet t'étant terra incognita, tu ne liras jamais cette lettre qui t'est pourtant adressée. Tu conviendras qu'il y a de la noblesse à écrire sans attendre de réponse de la part de son destinataire. De plus, je n'ai pas attendu que tu écrives un roman sur la correspondance pour t'écrire sur ce blog (voir ici), pourtant ouvert à toute réponse grâce aux commentaires. Donc oui, je t'aime bien. Cependant, bien aimer n'est pas aussi grandiose qu'aimer tout court, j'en conviens et m'en excuse.
Je sais aujourd'hui, après avoir lu Une forme de vie, que je ne t'écrirai jamais par voie postale, que je ne tenterai jamais ma chance de devenir l'un de tes heureux correspondants et le regrette vivement. Autre désillusion : mercredi tu étais à Montpellier, c'était l'occasion idéale de te revoir et je ne l'ai pas saisie. Pire encore : mercredi tu étais à Montpellier et ça ne s'est pas senti, ni en moi, ni hors de moi. Je crois bien, Amélie-san, qu'avec ce dernier roman tu as déçu une de tes ferventes lectrices. Cela ne t'étonnera certainement pas : on écrit pas Une forme de vie sans éviter des dommages collatéraux, dont je fais de tout évidence partie.
En effet, Une forme de vie c'est le grand retour de tes thèmes de prédilection : l'écriture, les problèmes de poids et toi, et toi, et toi. J'y pense : est-ce que tu as choisi d'être maladroite au sujet des obèses parce que tu es toi-même un écrivain extrêmement fat ? Tu sais, les braves gens n'aiment pas que l'on se moque d'eux, ils n'aiment pas qu'on leur serve un mode d'emploi de sa grande personne à l'usage des mortels sous couvert de littérature. Certaines pages de ton bouquin m'ont fait bondir de mon canapé ; Une forme de vie n'est qu'un des chapitre de l'œuvre que tu te dédies : Comment écrire à Amélie Nothomb par... Amélie Nothomb, nom de dieu, c'est quoi le prochain titre ? Une sorte de désir ou Comment baiser Amélie Nothomb par Amélie Nothomb ? De mon modeste point de vue, il ne te reste plus que deux options possibles : soit ton prochain roman ne parle plus de toi, plus du tout, soit tu nous écrit un autre Amélie Nothomb pour les nuls et tu peux m'oublier. Et que ça soit clair Amélie : si la situation est devenue aussi intolérable que cela, si tu éprouves encore le besoin d'éduquer ton lectorat, si tu as compris que tu avais cessé d'aimer tes lecteurs et que l'autre est définitivement un ennemi alors c'est bien simple : arrête de publier !

Sincèrement,

Une forme d'amitié.

Vanité des vanités, tout est vanité.

jeudi 11 novembre 2010

literatura

COUPLES [1968]

De : John Updike [États-Unis]

Mon édition : Folio n°43.

Roman de 636 pages.

Bien que la littérature ne s'apprenne ni sur les bancs du collège ni du lycée, sur ceux de la fac non plus, mes professeurs n'ont eu de cesse de me rabâcher deux choses importantes, qui de leur avis étaient essentielles à l'étude d'un roman : il s'agit du temps et du lieu. Et que si on parvenait à retenir ça, c'était déjà pas si mal. Couples est un roman dont l'action se déroule à la fin des années JFK, dans le Massachussets atlantique. Est-ce que ça suffira ? J'en doute. Quoi que.
Les hommes avaient cessé de s'intéresser à leurs carrières, les femmes d'avoir des enfants. Restaient l'alcool et l'amour. Maintenant que tu sais quand et où ça se passe, tu commences à comprendre. A comprendre que dans la littérature américaine, Kennedy n'en finira jamais de mourir. Que les romans antérieurs aux années LSD littéraires sont toujours longs à venir, comme l'éjaculation dans le mariage. Qu'il faut énormément de talent pour sortir quelque chose d'excitant situé entre la WW2 et Woodstock, a fortiori si les personnages que l'on te présente appartiennent à la bourgeoisie puritanodescendante. Comment s'exciter quand on a déjà fait l'expérience de l'american dream ? Combien de romans, de films et de séries américains ne te parlent que de ça ? J'ai cessé de compter. Coupable d'avoir fait l'expérience du bonheur l'être humain tend alors à sa propre destruction, parce que se sentir vivant passe forcément par se sentir seul et malheureux. Jusque là tu n'es constitué que de carton-pâte. En s'imbibant dans la fange de la luxure, donc de l'infidélité car le mariage est un pacte scellé avec la pureté, tu commences enfin à t'épaissir, à tout perdre, à mourir donc à vivre : plongeant, il vit combien la mort, loin d'envahir la terre comme un météore, se situait sur le même plan que la naissance, le mariage et l'arrivée quotidienne du courrier.
Apologie du coup de canif dans le contrat.

dimanche 19 septembre 2010

literatura

A CONFISSÃO DE LÚCIO [1913]

Disponible en français sous le titre
LA CONFESSION DE LÚCIO
aux éditions de La Différence.

De : Mário de Sá-Carneiro [Portugal]

Mon édition : Bis Leya, 2009.

Nouvelle de 121 pages.

Un livre qui commence par "Vers 1895, je ne sais plus trop comment, je me suis retrouvé en train d'étudier le Droit à la Faculté de Paris, ou plutôt, en train de ne pas étudier." et qui finit par "Ainsi j'ai, dans l'espoir que l'on me croie, dû d'abord expier, en silence, pendant dix ans, un crime que je n'ai pas commis... La vie...", un livre qui a fini d'être rédigé en 1913 par un écrivain qui s'est suicidé à Paris à 26 ans après "une tentative avortée d'études de droit" dixit M. Wikipédia, je ne sais pas vous, mais moi je l'achète les yeux fermés. Sans hésiter une seconde. Parce que je sais ce que ces premières petites nouvelles biographiques écrites par de jeunes écrivains torturés, attirés par la vie parisienne de la fin du XIXème siècle comme des moucherons autour d'un réverbère, ont de génial. En plus d'un voyage gratuit dans la capitale de l'entre-deux siècles, je savoure ces lectures printanières à l'heure du thé, telle une jouvencelle aux joues fardées, le sourire enfantin, le doigt coquin puis inquisiteur au-dessus de la boîte de friandises qui s'ouvre devant elle : symbolisme en nougat, décadence au praliné et sa noix de pécan caramélisée, modernisme fourré à la ganache au chocolat noir, rocher du suicidé et palet aux amandes amères, etc. Qu'importe, quel que soit l'auteur, quelle que soit l'histoire qui m'est contée, le plaisir sera toujours au rendez-vous et mes papilles littéraires toujours ravies.
♪ J'vis toujours des soirées parisiennes,
J'voudrais vivre des soirées brésiliennes
Et vivre au vent, à feu, à cent,
M'ouvrir au sentiment
. ♫*
*A déguster sans modération. Mais consultez tout de même rapidement en cas de forte dépendance.

samedi 4 septembre 2010

psycho

LES PHOBIES [2003]

Sous-titre : ou l'impossible séparation.

De : Irène Diamantis [France]

Mon édition : Champs essais n° 923, Flammarion, 2009.

Essai de 260 pages.

Être phobique. C'est avoir peur mais pas que. Un être phobique a peur sans raison apparente de quelque chose qui n'existe pas. Pfiou. Mais si mais si, tu vois très bien de quoi je veux parler. De ceux qui ont une peur bleue de la foule, du vide, de la vitesse, du noir, des rats, etc. Mais aussi : de conduire leur voiture, de leur propre enfant, de descendre un escalier dans le métro, d'un simple couteau posé sur la table de la cuisine, etc. Ce qui n'est pas banal. Car que l'on préfère la lumière à l'obscurité et les places désertes à la foule en délire, passe encore. Mais que penser de ceux qui sont effrayés par les objets les plus anodins du quotidien ? Et qui bien souvent sont terrorisées à l'idée de se trouver dans une situation qu'elles ont pourtant déjà vécu auparavant sans souci aucun ? On a beau leur expliquer qu'il n'y a aucune raison d'avoir peur, leur angoisse persiste. Irène Diamantis a enquêté sur le terrain, en consultation avec ses propres patients phobiques et te rend son verdict : t'es pas sorti de l'auberge ! Car ta phobie n'est que la partie visible de l'iceberg. Va falloir consulter, et pas qu'un peu ! Et puis compte pas sur ta phobie pour t'aider, c'est pas parce que tu te liquéfies dès que tu monte en avion, ou que tu dois traverser un pont, que l'avion ou le pont sont les coupables à disséquer. Non non, va falloir remonter beaucoup plus loin, te taper une bonne psychothérapie, pour enfin comprendre tes sueurs froides. Uniquement pour arriver à comprendre cette phobie qui te pourrit la vie et peut-être en atténuer les effets. Ben oui, si tu parviens à comprendre exactement d'où ça vient, que tu en es conscient, tu dois bien pouvoir contrôler cette peur injustifiée. Tu peux tout aussi bien ne jamais y arriver, ne jamais comprendre et vivre avec ta peur panique ad vitam aeternam.
A tous les froussards, trouillards et pétochards...

lundi 21 juin 2010

music


CLARK : TOTEMS FLARE

[Angleterre, 2009]

Ce n'est que très récemment que j'ai réalisé que je ne savais pas écrire. Et c'est en voulant chroniquer ce cédé que j'en suis venue à cette triste conclusion, à ce lugubre constat, à mi-chemin d'une résignation encore à venir. Tout ça parce que j'ai les mots trop pressés, soumis au résultat façon masturbation. Bref, Clark te parle ici de nostalgie. Pas n'importe laquelle. La nostalgie, familière, de tous ces moments, de tous ces gens, de tous ces pays que tu n'as jamais connus mais tellement désirés. Imagine qu'en fin de compte ces moments jamais vécus, juste fantasmés, viennent à arriver : tu finis par te perdre à Tokyo, par te taper tel mec dont tu avais tellement tellement rêvé, par vivre les moments que tu ne connaissait que pour les avoir inventés. Est-ce que la nostalgie n'était pas le chemin qui menait à ça ? Finalement, ne vaudrait-il pas mieux troquer ce billet d'avion pour Tokyo pour une autre destination, qui plairait plus à ton petit ami, et si tu décidais qu'il valait mieux en rester là avec ce garçon et de ne plus mentir, te mentir, au moins essayer ? Tu sais bien, un truc du genre : c'est la vie, c'est ça grandir, devenir adulte. T'écoutes Totems Flare et tu comprends que ce genre de constat n'est pas si amer, qu'il est juste vertigineux, mais qu'il te permettra à coup sûr d'être un peu plus près de toi-même. Écoute, écoute, écoute, je te garantis que ton booty va shaker baby, que ton bassin va reconnaître l'époque dorée de la house qu'il n'a jamais connu, et que tout ton corps va se mettre en branle de manière incoercible, en mode automatique, sans avoir peur de bander en public.
CQFD

vendredi 28 mai 2010

literatura

TODOS OS CACHORROS SÃO AZUIS [2008]

Traduction littérale :
TOUS LES CHIENS SONT BLEUS


De : Rodrigo de Souza Leão [Brésil]

Mon édition : 7letras, Rio de Janeiro, 2008.

Roman de 78 pages.

De Rodrigo de Souza Leão. Je répète, au cas où. Tout avait pourtant mal commencé entre nous : j'ai débusqué ton roman dans un bac à livres rempli de poussière et d'œuvres proches de la décomposition littéraire, je l'ai payé 1 euro. Autant te dire que je n'en attendais pas grand chose justement parce qu'il m'attirait. En commençant ma lecture j'ai remarqué qu'on avait un peu la même écriture, difficile alors d'apprécier. Puis que ça me faisait penser à Mémoire d'éléphant de António Lobo Antunes, indétrônable à mes yeux. Finalement j'ai compris que je faisais erreur : ton roman était certes autobiographique mais ton séjour en hôpital psychiatrique sentait plus que le vécu. Plus que l'étalage prétentieux de ta folie présumée. Plus que l'expérience traumatisante transcendée en œuvre d'art. Impensable : un pamphlet, un polar, une comédie, une allégorie, de la science-fiction, du nonsense cohabitant harmonieusement en moins de 80 pages ! Le tout écrit à la première personne par un schizophrène souffrant de troubles délirants persistants. En même temps : qui d'autre aurait pu écrire ce roman ? Je me suis dit : ce gars est un génie, je veux lire ses prochains livres. Je découvre Rodrigo l'écrivain après Rodrigo le personnage. Que t'as étudié le journalisme, que t'as un faible pour la poésie comme j'avais déjà pu le remarquer, que tu participes à tout un tas de revues et de groupes littéraires sur internet. Je découvre ton blog à toi, Lowcura (Loucura signifiant Folie en portugais) tout de bleu vêtu et enfin j'apprends que tu es... mort ? Oui, c'est bien ça, en juillet dernier... à 43 ans... dans un hôpital psy de Rio. C'est bien ma veine. Moi qui venais tout juste de trouver un écrivain qui faisait enfin fi de la postmodernité de mes couilles, celui qui s'était retroussé les manches plutôt que de s'en griller une autre. Faudra désormais que je te contemple sept pieds plus bas, la tête baissée dans une totale admiration en attendant que tes romans soient traduits en français, que ta renommée internationale et posthume tombe du ciel. Un ciel bleu royal, tu sais, au-dessus d'un nid de coucou.
La première des libertés c'est sortir de la chambre d'isolement. La seconde c'est de se promener dans l'hôpital. La liberté, uniquement en dehors de l'hôpital. Mais la liberté même n'existe pas. Je n'arrête pas de me heurter à quelqu'un pour être libre. Si on était libres le monde serait une folie avec tout le monde. Moi j'aurais pu sortir me balader avec Rimbaud et Baudelaire. Voyager vers Angra dos Reis (Baie des Rois).

mercredi 19 mai 2010

Mon avis sur la question IV

LE PLAGIAT

Ce post fait suite à ma lecture de L'Alchimiste de Paulo Coelho.

Qu'est-ce que le plagiat ? C'est lorsqu'un artiste ne cite pas ses modèles de référence. Point final. Inutile de tergiverser sur cette définition. S'inspirer des idées ou du style d'untel ce n'est pas copier untel. S'inspirer c'est s'approprier, plagier c'est imiter à l'identique (ou presque !) sans rien dire. En fait c'est ce "presque" qui est dangereux car si le plagiat à l'identique est, pour la plus grande honte de celui qui s'en sert, facilement décelable, le quasi-plagiat tend à cacher celui ou ceux qu'il imite. C'est à ce moment précis que les connaisseurs s'indignent, ceux qui ont réussi à déceler ce genre de plagiat et qui, sous couvert d'éthique, ne dépassent pas la démonstration de culture ou d'intelligence. Car la première réaction logique à adopter lors d'un flagrant délit de plagiat serait de ne pas acheter l'œuvre en question ou bien si c'est déjà fait de la revendre. Si l'artiste est un faussaire, autant se débarrasser de sa camelote, non ? Il semblerait qu'ils soient nombreux, les artistes qui peinent à avouer quels sont leurs modèles, à concéder qu'avant d'être des créateurs ils étaient des fans. Comme si plagier c'était toujours moins pire que de reconnaître qu'on ne naît pas génial mais qu'on peut le devenir. Être ou ne pas être un artiste dans l'âââme, telle est la question. Elle est pourtant très belle cette image, celle de l'artiste qui a poussé au soleil d'influences amies telles des dieux bienveillants. Passionnée de musique, j'apprécie de lire les interviews de groupes qui parlent de leurs influences. A la condition que celles-ci ne soient pas des plagiaires évidemment (ne souriez pas, ça arrive plus souvent que vous ne croyez). Pour ne citer que lui : Lemmy Kilmister, le chanteur et leader du groupe Motörhead est un artiste reconnu qui se dit lui-même constamment influencé et qui se sait inspirateur.
S'il y a bien un plagiat insupportable c'est le plagiat littéraire, forcément plus visible. Dans le plagiat littéraire tout se passe comme si les mots étaient limités, comme si un écrivain ne pouvait désormais plus réinventer l'écriture et que le post-modernisme avait vaincu. Une sorte d'aberration commerciale où le plagiat fait vendre. Parce que le consommateur de ce genre d'ouvrage pense qu'il y a le bon plagiat et le mauvais plagiat, pire, que si la lecture est facile le plagiat est pardonnable. Lorsque je dis que je suis diplômée en portugais on me répond qu'on adore les romans de Paulo Coelho, un plagiaire de première. Non, non et non, Paulo Coelho n'est pas un écrivain ! C'est comme je vous l'ai dit, quelqu'un qui a beaucoup lu et qui a grimpé les échelons de l'Académie des Lettres du Brésil avec une soupe à la pierre. Dans son Alchimiste il reprend à son compte et sans vergogne des traités et des proverbes arabes. Pas à la façon d'une Amélie Nothomb pour qui ce genre d'exercice n'est qu'un support à ce qu'elle se propose d'écrire mais à la façon "je viens de l'écrire, t'en penses quoi ?". Dans ce livre, tout, mais alors tout (style, idées, histoire) est emprunté, sans aucun remerciement ni source citée. C'est bien simple : on dirait une traduction ! La traduction d'une traduction puisque vous l'aurez sans doute lu en français. Cherchez l'erreur : les fans de Paulo Coelho préfèrent lire ses livres plutôt que ceux qu'il plagie. Alors qu'on ne me parle plus de ce soi-disant génie de la littérature et qu'on fasse tomber les copieurs de leur piédestal mercantile. En utilisant des piques en fer.
C'est la luuuuuuutte...

lundi 17 mai 2010

music


THE HEAD CAT : FOOL'S PARADISE

[États-Unis, 2008]

Suis tombée dessus par hasard, je sais plus bien quel soir, s'il faisait beau s'il faisait moche. J'avais déjà enfilé ma dernière pièce dans le jukebox, avant même d'avoir choisi le vinyle. Un de ces moments où on a envie de rien en particulier, tu vois, mais où il faut quand même choisir. Hop, c'est parti pour Fool's paradise, vas-y fais-moi rêver bébé. J'avais à peine fait quelques pas quand je reconnais cette voix, pas n'importe laquelle, LA voix. J'étais sur le cul et en plus je tournais le dos à un jukebox. Putain ! Lemmy m'avait fait un gamin dans le dos ! C'est toujours le principal concerné qu'est le dernier au courant pas vrai ? Mais pas le temps de lui en vouloir, grand'pa s'est surpassé. Ces chansons je les connais toutes, mais jamais comme ça. J'étais like a virgin et en plus j'avais la chair de poule. J'ai commencé par allumer une clope comme si j'étais un homme, ça s'engageait bien, puis très rapidement s'est passé dans les pieds, qui tapent en cadence comme si j'savais danser la country, j'avais l'impression d'avoir des ailes ou des éperons, je sais plus. Heureusement le bar était vide, heureusement le patron était dans la remise. Je m'assois, les jambes écartées, en pensant à Lemmy comme si j'étais une fan de 35 ans. Ben quoi, il s'entoure de deux bons copains, Slim Jim et Danny B., il donne tout ce que il a dans tout ce qu'il aime, il sort son vinyle en juif, tout ça pour quoi, pour moi ? Depuis quand ce disque était-il en train de m'attendre ? Et si Lemmy avait vraiment fait tout ça uniquement pour nous dire que oui, petite, vous faites tous partie de la famille ?
Johnny*, Buddy** et Elvis*** sont plus vivants que jamais, la preuve par 15.


P.S : Shaaaaaame on me, j'ai été doublée ! Et pas qu'un peu mon neveu, voilà bientôt 2 mois que la version CD était chroniquée sur
SOUM. Avec des mots qui sonnent dix fois plus juste que les miens qui plus est. Et, parole de scout, c'est pas parce que je suce la bite de l'auteur tous les soirs que je dis ça, croix de bois, croix de fer, si je mens...


* Cash
** Holly
*** le seul et unique

samedi 15 mai 2010

Mon avis sur la question III

LE VIOL

Ce post fait suite à ma lecture d'Une fièvre impossible à négocier de Lola Lafon.

Mais qu'est-ce qui me prend de parler d'un sujet aussi délicat ? Et surtout qu'est-ce qui m'a pris d'en parler, la semaine dernière, à des gens que je ne connaissais pas ? Oui, j'ai voulu parler du fantasme du viol à des gens que je ne connaissais pas, sans penser une seconde qu'une personne qui avait été violée se trouvait peut-être parmi mon auditoire, que j'aurais pu blesser. Quelqu'un pour qui viol égale drame, et qui n'aurait pas pu comprendre que viol puisse aussi égaler fantasme. Hélas, c'est le même mot pour les deux. C'est toujours le même mot, viol donc, qu'elle que soit sa nature, qu'il soit physique, moral, fantasmé, etc. Hélas, ou plutôt ouf, ce soir là je n'ai heurté la sensibilité de personne. J'ai juste donné une bonne occasion à une fille désireuse de se faire plaindre, de se faire apprécier (beaucoup confondent) d'arriver à ses fins. Il lui a suffit de bien se renseigner sur ce dont je parlais, puis lorsque je lui ai confirmé que je parlais bien d'un viol sexuel (mais fantasmé, qui renvoie également à d'autres choses... !) de me demander d'arrêter de parler de ça. J'ai donc immédiatement cessé d'en parler, détourné la conversation sur la qualité du vin avant de l'entendre répéter : JE NE VEUX PAS QU'ON PARLE DE ÇA le visage déformé comme si elle allait pleurer (elle n'a pas pleuré). Plus que gênée, j'ai poursuivi la soirée comme si de rien n'était. Le temps que la nana se lève, suivie par 2 ou 3 garçons (bonne pêche !) qui lui proposaient mouchoir (qu'elle a refusé), épaule et réconfort. Un quart d'heure plus tard, la revoilà parmi nous, tout sourire, en train de nous parler de ses photos artisticoSM et de sa dernière aventure avec un black beaucoup trop amoureux d'elle, qu'elle avait éconduit parce qu'il parlait déjà mariage. BREF. 27 ans la fille. Et elle croit encore que le viol rend sexy. Je devrais lui offrir le bouquin de Lola Lafon. Il y a un truc commun à toutes les victimes du viol : elles ne parlent pas. Même que ça fait partie du viol. Et quand après des années de travail sur soi-même on parvient à porter plainte, c'est la Justice qui te musèle pour de bon avec pour motif l'absence de preuves car le viol c'est presque toujours le crime parfait. Pour la Justice c'est un non-lieu, c'est-à-dire qu'elle reconnaît seulement que c'est peut-être arrivé mais qu'il n'y a pas lieu de poursuivre, de punir le coupable. La Loi t'interdit alors de dire tout haut, par exemple, que c'est Frédéric-Alexandre Larinier qui t'a violée, qui t'a abusée moralement, sexuellement pendant des mois ! Bien que ç'ait été un sacré piège à loup dont tu mettras des années à te remettre, que tu aies des preuves, des témoins et le besoin que quelqu'un l'entende et que le coupable soit puni. Non, la Justice ne le permettra pas, la victime devra continuer à se taire et lorsqu'elle entendra quelqu'un parler de viol, comme ce soir là, du fantasme du viol chez Freud, elle ne dira rien. Elle blêmira juste de l'intérieur, sans mouchoir, sans épaule et sans réconfort.

lundi 10 mai 2010

japanimation

PAPRIKA [2006]

Studios : Sony Pictures Entertainment et Madhouse

De : Satoshi Kon [Japon]

Film d'1H30.

Minute papillon ! Je te connais par coeur : tu vas d'abord commencer par te plaindre, par me dire qu'il était grand temps. Que t'auras attendu une éternité - et l'éternité c'est long, surtout vers la fin - avant de me voir publier une autre chronique d'anime. Tout doux ! 9 mois c'est pas si long quand on sait que j'ai décidé de ne plus vous parler que des animes qui méritent vraiment le coup d'oeil. Des raisons valables ? Déjà parce que j'ai trouvé LE garçon, celui qui te fait comprendre qu'il n'y a pas que les animes dans la vie (indigne-toi comme la pauvre hère que tu es, tu finiras quand même par comprendre) et puis parce qu'un ami (tu t'es reconnu ?) m'a dit que je ne chroniquais que des animes de merde bien que j'ai un goût certain, un certain goût pour des animes de qualité. Il avait raison, le con. Donc, ahem, laaaaaaadies and gentlemen, voici (après une attente insoutenable) ... le CHEF D'ŒUVRE !

Qu'ont en commun Millenium Actress, Perfect Blue et Tokyo Godfathers ? Ce sont tous des animes pour les enfants qui rêvent certes, mais encore ? Oui, ils sont tous de M. Kon. Tout comme Paprika, son dernier né. Aussi, prépare-toi à en avoir pour ton argent, celui que tu verses pour ton abonnement internet j'veux dire. En ma qualité de fan, je m'attendais à un essoufflement logique, j'étais même toute disposée à lui pardonner. Mais il n'en est rien, M. Kon va une nouvelle fois t'en mettre plein les mirettes ! Cette fois-ci il est tombé sur un roman de SF japonais qui racontait une histoire incroyable : une équipe de scientifiques avait réussi à mettre au point une machine capable d'enregistrer nos rêves, la DC Mini. Quelle trouvaille ! On pourrait enfin se souvenir précisément de nos rêves, les partager, les mettre sur emule si ça nous chante. Aller chez le psy ça serait comme aller au cinéma, même qu'il te tendrait le paquet de pop corn au lieu de te tendre le paquet de mouchoirs. Hélas, la DC Mini échappe au contrôle de ceux qui l'ont mise au point, un rêve maléfique semble s'emparer de leurs rêves persos.. mais bon sang c'est le rêve d'un mégalo ! Réalité, rêves, fantasmes, folie, internet, personnalités et scénario finissent alors par se mélanger dans une formidable mélasse. Y'a-t-il un putain de responsable ?

Voilà. Tu aurais tort de vouloir me torturer pour en savoir plus : j'aime ça. Achète ou télécharge, c'est plus mon problème. Et que je t'y reprenne à traîner par ici !
L'auteur de ce blog ne pourra en aucun cas être tenu responsable des dommages mentaux avérés ou allégués consécutifs au visionnage de cet anime.

jeudi 6 mai 2010

literatura

SEX & LOVE ADDICTS [2010]

Sous-titre : Le vrai est un moment du faux.

De : Lucía Etxebarria [Espagne]

Mon édition : Héloïse d'Ormesson, mars 2010.

Roman de 333 pages.

Je te l'avais bien dit. Qu'il ne fallait jamais se fier aux titres d'Etxebarria, aussi racoleurs qu'une mini-jupe de strass argentée. Y'a plus qu'au cinéma qu'elle est encore le présage d'une chatte facile ou payable d'avance. A chaque fois que je sortais Sex & Love Addicts de ma besace, je craignais pour mon image. Pour qui je vais passer moi encore, avec un titre et une couverture pareils, hein ? Pour une nympho ? Pour une fille sans cervelle ? Ou pire : pour une fille naïve ? Mais j'oubliais bien vite ce questionnement idiot pour me replonger dans l'intrigue plus-que-prenante du bouquin : mais-bon-sang-qui-c'est-qui-a-tué-Pumuky ? Etxebarria a toujours raison en matière de séduction de toute : il vaut toujours mieux passer pour une bimbo que pour une intello. Les hommes trouvent ça moins compliqué, comme un accès rapide vers leurs fantasmes issus des boulards les moins suggestifs qui soient. Idiote = Oui-Oui au féminin. Bref : qui a tué Pumuky ? Ben on sait pas justement. L'occase pour Etxebarria de nous servir un autre roman polyphonique, concocté aux petits ognons sauce Guy Debord où chacun des persos nous raconte sa version des faits. En fait, par "version des faits" comprenez "leur histoire de cul ou d'amitié qui les liait à feu Pumuky". Force est de constater qu'Etxebarria a pris de la bouteille, qu'avouons-le son écriture s'est grandement améliorée et que son discours même s'est éclairci. Comme si tout ce qu'elle avait toujours voulu nous dire s'ordonnait, s'imbriquait, collait enfin. Et ça marche : Sex & Love Addicts fonctionne comme un onguent qui j'en suis sûre fera du bien à toutes les femmes, partout où ça fait mal.
Vas-y Lucía fais pas ta pute : dis-nous quel est ton secret !
P.S : Sex & Love Addicts est en fait le nom du groupe de rock alternatif dont Pumuky, personnage central du roman, était le leader. Lucía Etxebarria va jusqu'à leur créer un myspace, des profils Facebook, un vidéoclip et quelques chansons. Tout ça pour de vrai ! Pour nous montrer, très ironiquement et comme à son habitude, que celui-ci est vraiment un moment du faux.