mercredi 23 avril 2014

fooding

LA GRILLADINE

Adresse : 17 rue Maufoux à Beaune.

Réservation : 03.80.22.22.36.


Restaurant.

Je ne conseillerai pas la Grilladine à l'ami qui me demanderait où faire bonne chère à Beaune, la capitale des vins de Bourgogne. Mais plutôt à celui qui me demanderait où manger pour pas trop cher à Beaune, située dans la Côte-d'Or. Les plats sont généreux mais pêchent au niveau de la qualité en ce qui concerne ceux qui sont dans les formules. Optez plutôt pour un plat à la carte, en évitant les œufs en meurette - là encore bien servis mais trop acides. Ne commettez pas, comme moi, l'erreur de commander une bouteille de vin, pas donnée. Préfèrez-lui le verre unique, histoire de limiter la casse. Refusez le dessert.
Pour éviter les nombreux pièges à touristes bourguignons.

vendredi 4 avril 2014

literatura

LA BÊTE CURIEUSE [2005]

De : Brigitte Fontaine [France]

Mon édition : Flammarion, première édition.

Roman de 135 pages.

Je ne me voile pas la face : je n'ai pas choisi La Bête curieuse "par hasard" mais bien parce que je savais qu'il contenait des passages crus. Ma foi, je n'ai pas été déçue du voyage auquel nous invite Brigitte. Au début, on se rend compte qu'elle ne sait pas écrire et on a peur, c'est bien normal. Et puis on se laisse emporter et on se dit que ce n'est pas très grave, après tout. Bien qu'elle se contente d'énumérer, d'accumuler antithèses et oxymores, ça fonctionne. Et bien qu'elle ne cesse de nous répéter qu'il est impossible de localiser sa prose, on comprend clairement où et à quel moment nous sommes : dans son univers à elle, en 2005. Et force est de constater qu'il est très touchant ton petit cirque, Brigitte. Une sorte de boudoir mi-oriental, mi-nordique, où l'on imagine une Hanna couverte de tatouages au henné et emmitouflée dans une fourrure très chère, dégustant des cupcakes sucrés-salés, épicés et drôlement corsés. De quoi ça parle ? Et bien d'elle voyons, de sa vie, comme un bilan vu son âge, sans regrets, de ceux qu'elle a aimé, de ce qu'elle aime, de ses fantasmes et rien d'autre. Brigitte n'est toujours pas prête à faire la moindre concession. Alors oui, Brigitte Fontaine est folle, pas une pauvre folle, ni une vieille folle, bien au contraire : B.F est bling-bling et mouille encore. A lire, comme moi : pendant ses règles.
- Je te ferai un enfant, ma fille. 
- Ah non [...].
- Je veux que tu sois grosse de moi, fine et grosse comme une miche chaude, je veux lécher ton ventre gonflé de louanges, je veux tenir notre enfant neuf dans mes bras de père Noël, je veux te fesser comme lui quand vous aurez fait des bêtises, je veux vous nourrir de bonbons précieux comme des rubis et crever de plaisir pour un instant éternel. Page 67.

samedi 22 mars 2014

literatura

CE QUE LE JOUR 
DOIT A LA NUIT [2008]

De : Yasmina Khadra [Algérie]

Mon édition : Pocket n°14017, 2011.

Roman de 441 pages.

Si tu penses, ou si tu commences à trouver, qu'il y a trop d'arabes en France, je te conseille de courir acheter ce roman. C'est bon pour ce que tu as. Tu ne les verras plus de la même façon, au moins en ce qui concerne les algériens. A chaque peuple son roman. Ce que le jour doit à la nuit nous parle d'une Algérie que nous ne soupçonnions pas, celle des années 30, 40, 50. Quand la misère des bidonvilles côtoyait les riches bourgs pieds-noirs. Avec toutes les violences que cela laisse supposer. C'est aussi l'histoire d'un amour impossible. De l'importance de ces unions avortées dans nos vies. Où renoncer à un béguin ne signifie pas que tu cesseras de l'aimer.
Peut-être est-ce mieux ainsi, me répétai-je. Émilie ne m'était pas destinée. C'est aussi simple que ça. On ne change pas le cours de ce qui a été écrit... Foutaises ! Plus tard, beaucoup plus tard, j'arriverais à cette vérité : Rien n'est écrit. [...] Bien entendu, il est des choses qui nous dépassent, mais, dans la plupart des cas, nous demeurons les principaux artisans de nos malheurs. Nos torts, nous les fabriquons de nos mains, et personne ne peut se vanter d'être moins à plaindre que son voisin. Quant à ce que nous appelons fatalité, ce n'est que notre entêtement à ne pas assumer les conséquences de nos petites et grandes faiblesses. Pages 299-300.

jeudi 6 mars 2014

fooding

LES CANAILLES

Hamburger.

Adresse : 7 rue de Strasbourg à Chalon-sur-Saône.

Réservation : 03.85.93.39.01.

Pas de site.

Bistrot.

Chez Les Canailles, situé sur l'Île Saint-Laurent, ce n'est peut-être pas très copieux mais c'est très bon. Je vous conseillerai d'opter pour un menu - le plat à la carte s’avérant presque aussi cher que le menu le moins onéreux. Et de choisir des plats typiques de la région, notamment des mijotés (coq au vin, bœuf bourguignon, etc.). Salle et serveurs ne m'ont pas laissé un grand souvenir.

Joues de bœuf en daube.

jeudi 13 février 2014

literatura

LE CHOC AMOUREUX [1979]

Sous-titre : RECHERCHES SUR 
L’ÉTAT NAISSANT DE L'AMOUR

De : Francesco Alberoni [Italie]

Mon édition : Pocket n°4081, 2008.

Essai de 185 pages.

Ce livre, écrit en italien, s'intitule en fait INNAMORAMENTO E AMORE. Comme en portugais, il existe deux mots pour évoquer l'amour. Alors qu'en français, la soi-disant langue de l'amour, il n'y en a plus qu'un seul : on ne s'énamoure plus, on tombe amoureux et on est amoureux. Comme si l'état naissant de l'amour perdurait toujours. De combien de drames conjugaux cette non-différenciation est-elle à l'origine ? Désillusionnez-vous très vite : l'amour qui apparaît, qui commence, est bien différent de celui qui dure, qui survit, qui surmonte, qui s'installe dans la routine. Impossible me répondront les nouveaux amoureux : une de mes amies me soutenait mordicus que son petit ami et elle seraient toujours passionnés (ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, ils vécurent heureux et tranquilles). N'ayez donc pas aussi peur de quitter les débuts de l'amour pour vivre à deux. Car, comme pour tout, atteindre le sommet de la montagne est finalement moins gratifiant que les moyens déployés en route pour l'atteindre. La vue s'annonce de plus en plus spectaculaire au fur et à mesure que l'on évalue la distance parcourue. Choisissez votre point de vue : est-ce que je ne suis pas en train de trop m'éloigner ou plutôt ne suis-je pas en train de me rapprocher de mon but final ? Et ce chemin de plus en plus pentu, n'est-il pas le signe que je me suis trompé de pic ? Celui-ci m'a l'air plus aisé, mais je devrais tout reprendre depuis le début...
Alberoni nous expose ici sa théorie : les débuts du sentiment amoureux, l'état naissant de l'amour, est un mouvement collectif (tels les mouvements politiques, sociaux, religieux) à deux. Soit. Son idée mériterait d'être mise à jour car le sentiment amoureux a, depuis, pris plus de trente ans : il s'est énormément égo-centré et beaucoup trop accéléré.
L'amoureux aime jusqu'aux blessures de sa bien-aimée, il aime les organes internes de son corps ; son foie, ses poumons et les organes internes de son âme : son enfance, les sentiments qu'elle éprouva pour son père et sa mère, son attachement à une poupée. Page 67.

mardi 7 janvier 2014

literatura

LE VOYAGE GELÉ 
[1953 à 1981]

De : Philip K. Dick [États-Unis]

Mon édition : Folio SF n°160, 2003.

Recueil de nouvelles, 219 pages.

Neuf nouvelles, lues d'une traite : Oh mon Dieu ! Celle-là était vraiment horrible ! Passons à la suivante ! Puis à la fin du livre : K. Dick était vraiment, complètement et totalement barré. Pour ceux qui en doutaient, qui en doutaient après avoir déjà lu deux ou trois de ses romans je veux dire. Après coup, je me dis que cet écrivain a choisi la science-fiction uniquement dans le but de pouvoir imaginer de nouvelles réponses à cette question qui nous a tous traversé l'esprit : Qu'est elle la pire fin que l'être humain puisse souffrir ? En augmentant son espérance de vie de quelques milliers d'années, les tourments éternels étaient à sa portée de plume ! C'est donc la mort des protagonistes qui m'a permis de classer mes trois nouvelles préférées : Le retour des explorateurs (1, pire c'est impossible !), La proie rêvée (2, très drôle !) et Le voyage gelé (3, te voilà bien vengé mon minou !). Petit bémol pour Un numéro inédit qui m'a fait bailler : ça doit être dû au fait que dans celle-ci le personnage principal s'en sort indemne. Physiquement du moins, mentalement c'est une autre affaire... Toujours avec K. Dick.
Délicieusement.

vendredi 3 janvier 2014

bédé

LOW LIFE [2005]

De : Ivan Brun [France]

Mon édition : Tanibis, 2005.

Bande-dessinée de 75 pages.

J'suis tombée sur Ivan dans L’Écho des Savanes. C'est le seul qui m'ait donné envie d'acheter sa bédé. J'avais adoré Burned hearts, que l'on retrouve ici à la page 51. Parce que le texte était remplacé par des dessins, dans les bulles, qui t'en racontaient bien plus, parce qu'il y avait du cul (d'où sa publication dans L’Écho) et parce que c'était évident. Oui, les petites histoires de Monsieur Brun sont glauques mais évidentes, manifestes, réelles, parfois banales et presque faciles. C'est toujours un peu facile, surtout en ce moment, d'être nihiliste et de cracher sur ce qui ne va pas, bien sûr, sur ce qui fait PEUR (les effets pervers du capitalisme conjugués à ceux du libéralisme, les budgets colossaux consacrés à l'armement, le chômage, les cités, les soi-disant artistes qui ne font que vendre, etc.) et sur les conséquences logiques de cette peur (la désillusion, la dépression, la solitude, l'addiction, le suicide, la criminalité). On se demande encore comment tout cela va finir, même si on sait déjà que ça finira forcément mal. D'où cette impression d'inachevé, qu'il a presque fini mais pas encore terminé, qu'il te parle du moment qui précède la fin.
Si vous jugez la représentation pénible et ennuyeuse, rien ne vous empêche de vous lever et de quitter la pièce. Page 65.

dimanche 29 décembre 2013

literatura

LES REVENENTES [1972]

De : Georges Perec [France]

Mon édition : Julliard, 1997.

Heu... Est-il possible d'écrire un roman, même un tout petit, même un mauvais, uniquement avec des mots ne contenant que la voyelle E ?

Réponse : Non. 

Sans parler du fait que ça parle surtout de Q. Et qu'il y a une coquille, page 81 : un mot contenant la lettre O. Oh !

Loupé.

dimanche 15 décembre 2013

kinéma

L’ÉCUME DES JOURS [2013]


De : Michel Gondry [France]

Durée : 2H05.

Ma chambre a la forme d'une cage
Le soleil passe son bras par la fenêtre
Les chasseurs à ma porte
Comme les p'tits soldats
Qui veulent me prendre

Je ne veux pas travailler
Je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement l'oublier
Et puis je fume

Déjà j'ai connu le parfum de l'amour
Un million de roses n'embaumerait pas autant
Maintenant une seule fleur dans mes entourages
Me rend malade

Je ne veux pas travailler
Je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement l'oublier
Et puis je fume

Je ne suis pas fière de ça
Vie qui veut me tuer
C'est magnifique être sympathique
Mais je ne le connais jamais

Je ne veux pas travailler
Non
Je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement l'oublier
Et puis je fume

Je ne suis pas fière de ça
Vie qui veut me tuer
C'est magnifique être sympathique
Mais je ne le connais jamais

Je ne veux pas travailler
Non
Je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement l'oublier
Et puis je fume*

Il vaut mieux être mort que pauvre.
* Sympathique des Pink Martini (1997)

jeudi 12 décembre 2013

literatura

ABÉCÉDAIRE DES AILLEURS [2003]

De : Bernard Vanel [France]

Mon édition : L'Archange Minotaure, seul éditeur.

133 pages d'instantanés.

Ce n'est pas une excuse mais : ma mère m'a offert ce livre. Là c'est une excuse : j'étais donc contrainte de le lire... OK qu'est-ce qui cloche cette fois-ci, me direz-vous ? Et bien... je ne comprends pas pourquoi Bernard a publié ce livre. Je conçois tout à fait que l'on décide de publier un carnet de voyage lorsque celui-ci s'y prête, mais là ? Quelques impressions à peine, sans queues ni têtes, plutôt personnelles de surcroît. Je ne me suis pas sentie conviée au voyage... Et puis pourquoi ces pays-là et pas ailleurs ? Les dates me font croire que l'auteur n'est pas un baroudeur ni un Érasme des temps modernes mais plutôt un professeur de lettres qui a bien profité des vacances scolaires de ses élèves... En témoignent les nombreuses citations et références aux grands écrivains. Quand on écrit on ne parle pas de ceux qui ont écrit ! Sinon ça nous laisse penser que Bernard leur a aussi emprunté les quelques jolies tournures employées de-ci de-là, sans véritable connexion avec le restant du texte... si ce n'est l'ordre alphabétique des destinations ? Bernard : on peut écrire sans parler de la journée de la femme parce qu'on écrit le 8 mars et sans parler d'Hitler ou de la solution finale. On peut même très bien écrire sans utiliser une seule figure de style, si si je t'assure ! Et puis pourquoi publier ces écrits sur du papier issu des ressources de la planète ? Pourquoi ne pas envisager de tenir un blog ou des photos présentant de jolis paysages pourraient mieux faire passer le texte... Il ne restera plus ensuite qu'à envoyer le lien aux amis lointains et le tour est joué !
Ni vu, ni connu !

mardi 12 novembre 2013

kinéma

GATSBY 
LE MAGNIFIQUE [2013]


De : Baz Luhrmann [Australie]


Durée : 2h23.


Tu comprends très vite que Baz veut te faire pleurer. Verdict : pas une larme, l'honneur est sauf. Trop d'acteurs aux têtes de gougères, trop de "vieux frère", trop de pauvres petites filles riches, trop de basses. Pas assez de Francis Scott Fitzgerald, pas assez de jazz. Tout est servi sur un plateau en or massif.

Étouffe-crétin.

lundi 11 novembre 2013

kinéma

BERNIE [1996]


De : Albert Dupontel [France]


Durée : 1H27.


Bernie c'est le nom de la personne qui l'a trouvé dans une poubelle, à Noël. C'est vous dire que ça commence mal cette affaire-là. Et bien Bernie s'est mis en tête de retrouver l'identité de ses parents. Et quand bien même il serait le rejeton du diable, Bernie tient vraiment à toujours tout voir au-delà des apparences. C'est vous dire que ça finira mal cette histoire-là.

Film Qte.