jeudi 13 février 2014

literatura

LE CHOC AMOUREUX [1979]

Sous-titre : RECHERCHES SUR 
L’ÉTAT NAISSANT DE L'AMOUR

De : Francesco Alberoni [Italie]

Mon édition : Pocket n°4081, 2008.

Essai de 185 pages.

Ce livre, écrit en italien, s'intitule en fait INNAMORAMENTO E AMORE. Comme en portugais, il existe deux mots pour évoquer l'amour. Alors qu'en français, la soi-disant langue de l'amour, il n'y en a plus qu'un seul : on ne s'énamoure plus, on tombe amoureux et on est amoureux. Comme si l'état naissant de l'amour perdurait toujours. De combien de drames conjugaux cette non-différenciation est-elle à l'origine ? Désillusionnez-vous très vite : l'amour qui apparaît, qui commence, est bien différent de celui qui dure, qui survit, qui surmonte, qui s'installe dans la routine. Impossible me répondront les nouveaux amoureux : une de mes amies me soutenait mordicus que son petit ami et elle seraient toujours passionnés (ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, ils vécurent heureux et tranquilles). N'ayez donc pas aussi peur de quitter les débuts de l'amour pour vivre à deux. Car, comme pour tout, atteindre le sommet de la montagne est finalement moins gratifiant que les moyens déployés en route pour l'atteindre. La vue s'annonce de plus en plus spectaculaire au fur et à mesure que l'on évalue la distance parcourue. Choisissez votre point de vue : est-ce que je ne suis pas en train de trop m'éloigner ou plutôt ne suis-je pas en train de me rapprocher de mon but final ? Et ce chemin de plus en plus pentu, n'est-il pas le signe que je me suis trompé de pic ? Celui-ci m'a l'air plus aisé, mais je devrais tout reprendre depuis le début...
Alberoni nous expose ici sa théorie : les débuts du sentiment amoureux, l'état naissant de l'amour, est un mouvement collectif (tels les mouvements politiques, sociaux, religieux) à deux. Soit. Son idée mériterait d'être mise à jour car le sentiment amoureux a, depuis, pris plus de trente ans : il s'est énormément égo-centré et beaucoup trop accéléré.
L'amoureux aime jusqu'aux blessures de sa bien-aimée, il aime les organes internes de son corps ; son foie, ses poumons et les organes internes de son âme : son enfance, les sentiments qu'elle éprouva pour son père et sa mère, son attachement à une poupée. Page 67.

mardi 7 janvier 2014

literatura

LE VOYAGE GELÉ 
[1953 à 1981]

De : Philip K. Dick [États-Unis]

Mon édition : Folio SF n°160, 2003.

Recueil de nouvelles, 219 pages.

Neuf nouvelles, lues d'une traite : Oh mon Dieu ! Celle-là était vraiment horrible ! Passons à la suivante ! Puis à la fin du livre : K. Dick était vraiment, complètement et totalement barré. Pour ceux qui en doutaient, qui en doutaient après avoir déjà lu deux ou trois de ses romans je veux dire. Après coup, je me dis que cet écrivain a choisi la science-fiction uniquement dans le but de pouvoir imaginer de nouvelles réponses à cette question qui nous a tous traversé l'esprit : Qu'est elle la pire fin que l'être humain puisse souffrir ? En augmentant son espérance de vie de quelques milliers d'années, les tourments éternels étaient à sa portée de plume ! C'est donc la mort des protagonistes qui m'a permis de classer mes trois nouvelles préférées : Le retour des explorateurs (1, pire c'est impossible !), La proie rêvée (2, très drôle !) et Le voyage gelé (3, te voilà bien vengé mon minou !). Petit bémol pour Un numéro inédit qui m'a fait bailler : ça doit être dû au fait que dans celle-ci le personnage principal s'en sort indemne. Physiquement du moins, mentalement c'est une autre affaire... Toujours avec K. Dick.
Délicieusement.

vendredi 3 janvier 2014

bédé

LOW LIFE [2005]

De : Ivan Brun [France]

Mon édition : Tanibis, 2005.

Bande-dessinée de 75 pages.

J'suis tombée sur Ivan dans L’Écho des Savanes. C'est le seul qui m'ait donné envie d'acheter sa bédé. J'avais adoré Burned hearts, que l'on retrouve ici à la page 51. Parce que le texte était remplacé par des dessins, dans les bulles, qui t'en racontaient bien plus, parce qu'il y avait du cul (d'où sa publication dans L’Écho) et parce que c'était évident. Oui, les petites histoires de Monsieur Brun sont glauques mais évidentes, manifestes, réelles, parfois banales et presque faciles. C'est toujours un peu facile, surtout en ce moment, d'être nihiliste et de cracher sur ce qui ne va pas, bien sûr, sur ce qui fait PEUR (les effets pervers du capitalisme conjugués à ceux du libéralisme, les budgets colossaux consacrés à l'armement, le chômage, les cités, les soi-disant artistes qui ne font que vendre, etc.) et sur les conséquences logiques de cette peur (la désillusion, la dépression, la solitude, l'addiction, le suicide, la criminalité). On se demande encore comment tout cela va finir, même si on sait déjà que ça finira forcément mal. D'où cette impression d'inachevé, qu'il a presque fini mais pas encore terminé, qu'il te parle du moment qui précède la fin.
Si vous jugez la représentation pénible et ennuyeuse, rien ne vous empêche de vous lever et de quitter la pièce. Page 65.

dimanche 29 décembre 2013

literatura

LES REVENENTES [1972]

De : Georges Perec [France]

Mon édition : Julliard, 1997.

Heu... Est-il possible d'écrire un roman, même un tout petit, même un mauvais, uniquement avec des mots ne contenant que la voyelle E ?

Réponse : Non. 

Sans parler du fait que ça parle surtout de Q. Et qu'il y a une coquille, page 81 : un mot contenant la lettre O. Oh !

Loupé.

dimanche 15 décembre 2013

kinéma

L’ÉCUME DES JOURS [2013]


De : Michel Gondry [France]

Durée : 2H05.

Ma chambre a la forme d'une cage
Le soleil passe son bras par la fenêtre
Les chasseurs à ma porte
Comme les p'tits soldats
Qui veulent me prendre

Je ne veux pas travailler
Je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement l'oublier
Et puis je fume

Déjà j'ai connu le parfum de l'amour
Un million de roses n'embaumerait pas autant
Maintenant une seule fleur dans mes entourages
Me rend malade

Je ne veux pas travailler
Je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement l'oublier
Et puis je fume

Je ne suis pas fière de ça
Vie qui veut me tuer
C'est magnifique être sympathique
Mais je ne le connais jamais

Je ne veux pas travailler
Non
Je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement l'oublier
Et puis je fume

Je ne suis pas fière de ça
Vie qui veut me tuer
C'est magnifique être sympathique
Mais je ne le connais jamais

Je ne veux pas travailler
Non
Je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement l'oublier
Et puis je fume*

Il vaut mieux être mort que pauvre.
* Sympathique des Pink Martini (1997)

jeudi 12 décembre 2013

literatura

ABÉCÉDAIRE DES AILLEURS [2003]

De : Bernard Vanel [France]

Mon édition : L'Archange Minotaure, seul éditeur.

133 pages d'instantanés.

Ce n'est pas une excuse mais : ma mère m'a offert ce livre. Là c'est une excuse : j'étais donc contrainte de le lire... OK qu'est-ce qui cloche cette fois-ci, me direz-vous ? Et bien... je ne comprends pas pourquoi Bernard a publié ce livre. Je conçois tout à fait que l'on décide de publier un carnet de voyage lorsque celui-ci s'y prête, mais là ? Quelques impressions à peine, sans queues ni têtes, plutôt personnelles de surcroît. Je ne me suis pas sentie conviée au voyage... Et puis pourquoi ces pays-là et pas ailleurs ? Les dates me font croire que l'auteur n'est pas un baroudeur ni un Érasme des temps modernes mais plutôt un professeur de lettres qui a bien profité des vacances scolaires de ses élèves... En témoignent les nombreuses citations et références aux grands écrivains. Quand on écrit on ne parle pas de ceux qui ont écrit ! Sinon ça nous laisse penser que Bernard leur a aussi emprunté les quelques jolies tournures employées de-ci de-là, sans véritable connexion avec le restant du texte... si ce n'est l'ordre alphabétique des destinations ? Bernard : on peut écrire sans parler de la journée de la femme parce qu'on écrit le 8 mars et sans parler d'Hitler ou de la solution finale. On peut même très bien écrire sans utiliser une seule figure de style, si si je t'assure ! Et puis pourquoi publier ces écrits sur du papier issu des ressources de la planète ? Pourquoi ne pas envisager de tenir un blog ou des photos présentant de jolis paysages pourraient mieux faire passer le texte... Il ne restera plus ensuite qu'à envoyer le lien aux amis lointains et le tour est joué !
Ni vu, ni connu !

mardi 12 novembre 2013

kinéma

GATSBY 
LE MAGNIFIQUE [2013]


De : Baz Luhrmann [Australie]


Durée : 2h23.


Tu comprends très vite que Baz veut te faire pleurer. Verdict : pas une larme, l'honneur est sauf. Trop d'acteurs aux têtes de gougères, trop de "vieux frère", trop de pauvres petites filles riches, trop de basses. Pas assez de Francis Scott Fitzgerald, pas assez de jazz. Tout est servi sur un plateau en or massif.

Étouffe-crétin.

lundi 11 novembre 2013

kinéma

BERNIE [1996]


De : Albert Dupontel [France]


Durée : 1H27.


Bernie c'est le nom de la personne qui l'a trouvé dans une poubelle, à Noël. C'est vous dire que ça commence mal cette affaire-là. Et bien Bernie s'est mis en tête de retrouver l'identité de ses parents. Et quand bien même il serait le rejeton du diable, Bernie tient vraiment à toujours tout voir au-delà des apparences. C'est vous dire que ça finira mal cette histoire-là.

Film Qte.

dimanche 10 novembre 2013

kinéma

SCARFACE [1983]

De : Brian de Palma [USA]

Durée : 2H50.

Qui ne l'a pas encore vu ? N'a-t-on pas déjà tout dit sur Scarface ? Les truands d'aujourd'hui ne font-ils rien d'autre que surjouer Scarface ? Et si je me la jouait, moi aussi, façon Tony Montana : je suis née avec Scarface ! Oui, la même année, c'est du pareil au même ! Je suis même allé le revoir au cinéma le jour de mon PACS ! (La scène de l'hélicoptère est encore plus horrible dans une salle obscure.) Tiens puisque qu'on parle d'amour : ces délinquants ne sont-ils pas tous enragés du simple fait de ne pouvoir accéder aux beautés qui n'aiment que ce qui brille ? Vous savez la scène de la baraque tex-mex ou Tony et son pote matent les filles qui sortent de la boîte de nuit : vise le con avec elle, mais qu'est-ce qu'il a de plus que moi ? Étrange destin que celui de ce film : tragédie grecque placardée dans toutes les chambres des nourrices à cannabis. C'est mon homme qui a raison : ce titre rouge, sur fond noir et de musique disco, tu sais déjà que ça va être une boucherie. 
Film prémonitoire.

dimanche 3 novembre 2013

kinéma

THE PLACE BEYOND 
THE PINES [2013]

De : Derek Cianfrance [États-Unis]

Durée : 2h20.

Ryan Gosling, le nouvel Edward Norton, me donne à la fois des boutons et envie de pousser un cri à la Whitehouse. Vous voilà prévenus. Cianfrance doit penser comme moi, vu qu'il s'en débarrasse assez rapidement. Enfin : débarrasser, façon de parler. Comme si on pouvait tuer le père. Est-ce qu'on avait besoin d'aller aussi loin pour en venir à cette conclusion ? Non. Est-ce qu'il y a quelque chose à sauver dans ce film ? Oui : la photo qui revient à la fin, sous les pins. Souvenez-vous, quand Ryan dit : je veux qu'on voie tout, qu'on sente bien l'atmosphère.
Film d'ambiance.

mardi 15 octobre 2013

fooding

DE L'ART OU DU COCHON


Adresse : 55 avenue Marie de Montpellier à Montpellier.

Réservation : 04.67.68.51.27.


Cave à vins et restaurant.

LE restaurant que je conseille à ceux qui rêvent de déguster une bonne viande grillée en amoureux. Qui l'eût cru : un restaurant situé sur le fameux "rond-point des drapeaux", celui dont tous les montpelliérains se souviennent pour y avoir passé au moins 30 bonnes minutes coincé dans un embouteillage monstre, et au premier étage d'une cave à vins branchouille dont les baies vitrées montent jusqu'au plafond. Là-haut : une quinzaine de places qui donnent sur l'extérieur et surtout sur les cuisines du restaurant. Leur carte est variée dirons-nous : de 20 à 100€ selon la viande choisie où lapin = fauché et Black Angus ou Wagyu = Crésus. Nous optons donc pour du bœuf d'Aubrac et du chevreau. Nos voisins pour une côte de bœuf à partager. Le chef grilladin leur fait signe depuis sa planche arlequine, histoire de ne pas louper le meilleur moment du film. Sur le balcon, des mignardises abandonnées attendent les commandes desserts qui ne viendront pas. Pour le vin : optez pour du rouge. Vous pourrez ainsi descendre choisir votre cru puis le présenter au serveur-sommelier qui s'occupera du reste. Une grillade, du pinard : succès garanti.
Bonne franquette, sauf le prix.






mercredi 9 octobre 2013

kinéma

LA CHASSE [2012]

De : Thomas Vinterberg [Danemark]

Durée : 1H55.

Je serai brève : regarde bien l'affiche. Concentre-toi. Voilà, tout est dit. Est-ce que ce connard a touché à la petite ? Et pourquoi est-ce qu'il ne dit rien ? Gare à toi : La Chasse n'est pas un téléfilm sur un fait divers. Demande-toi pourquoi il a choisi ce plan ? Parce que le spectateur fait partie de ceux qui se demandent, qui doutent. Je te raconte pas le malaise : jusqu'à la dernière seconde, à se demander si Mads est le Bien ou bien est le Mal. S'il fait bien de ne rien faire. S'il n'a rien fait. Et quand bien même : le mal est fait. Voilà tout.