jeudi 14 juillet 2011

kinéma

LE MOINE [2011]


De : Dominik Moll [France]

Durée : 1H41

Confiteor Deo Omnipotenti, je confesse à Dieu Tout-Puissant : je suis allé jusqu'au cinéma uniquement pour le voir ! Mon père, j'ai beaucoup péché, par pensées, par paroles et par actions : je me suis laissée tenter par Vincent Cassel. C'est pourquoi je vous supplie : on m'a fait croire que c'était bien, qui aurait dit : un moine ! Priez pour moi : ça aurait dû être une très bonne adaptation d'un classique de la littérature gothique. Pardonnez-moi mon père car j'ai péché : tout ça n'est dû qu'à l'intervention de Satan ! Mais j'ai été bien punie et on ne m'y reprendra plus : Vade retro Sergi López !!!

Mea culpa, mea maxima culpa.

politics

ET SI ON SE RETROUVAIT... [2008]

De : Martine Aubry, Stéphane Paoli et Jean Viard [France]

Mon édition : L'aube, première édition [prix : 19,20€]

Entretiens de 198 pages.

Et pourquoi pas ? Après tout, les primaires socialistes auront lieu dans trois mois et ce n'est pas en lisant les journaux ni en regardant la télé qu'on connaîtra le programme d'un candidat. Alors, avant de lire le sien, si j'en apprenais un peu plus sur Martine Aubry ?

Dans les entretiens de Et si on se retrouvait..., Martine répond à deux sociologues. Ce qui m'étonne en premier lieu c'est qu'ils n'y vont pas de main morte, leurs questions sont du genre "cash", pertinentes et directes. Est-ce que je ne me serai pas habituée aux interviews pipées de Sarkozy ? Au fil de ma lecture je découvre une femme solide, honorant les grandes victoires et les grands héros de la gauche tout en se projetant dans l'avenir, d'après une connaissance très accrue de notre société. Et quel parcours, mes aïeux : fille de Jacques Delors, énarque, ex-ministre du travail, ex-ministre de l'emploi, ancienne DGA dans le privé, deux fois maire de Lille, investigatrice et mère des 35 heures et de la CMU et enfin première secrétaire du parti socialiste. Pas de doute possible : la politique c'est son affaire et la société française, son dada.

On dit des socialistes qu'ils sont de grands rêveurs, de grands idéalistes, et en effet ça se confirme, Martine rêve tout haut. Et quand elle s'exprime tout s'imbrique, tout semble aller de soi, comme une évidence. Comme si chacun de nous avait sa place dans la société et que la société était faite pour chacun de nous. Et si Martine avait tout compris ? Et si améliorer les choses cela commençait d'abord par appliquer des petites mesures, toutes bêtes, et surtout par supprimer celles qui sont injustes ? Attention, Martine ne nous dit pas : votez pour moi et tout ira bien, non, non, elle te demande d'abord de participer, de mettre aussi la main à la pâte et le pied à l'étrier. Si nous acceptons de participer à sa politique, et seulement si, alors elle pourra mener nos projets, pas ses projets à elle mais nos projets à nous tous. Nuance. Quand Martine dit France, elle dit français. C'est eux, c'est nous, qui l'intéressons, nos vies, nos quotidiens, nos tracas et nos bonheurs. 

Je termine ces entretiens le sourire aux lèvres, avec l'impression que c'est possible, difficile oui mais pas impossible. On appelle ça "redonner confiance aux français". Mission réussie.

Et si "être français" c'était "voter socialiste" ?

jeudi 7 juillet 2011

kinéma

INGLOURIOUS BASTERDS [2009]


De : Quentin Tarantino [États-Unis]

Durée : 2H33

Hitler : OK. 
Tarantino : OK. 
Amis unanimes : OK. 
Attendre au moins un an histoire d'avoir un peu de recul : OK. 
Générique de fin : le film était nul. 
Avis de la personne qui l'a vu en même temps que moi : et ben, je préférais encore quand c'était Papy qui faisait de la résistance...
Justification de mes amis : Plusieurs - le colonel de la SS était terriiible
Mon avis : terriblement cliché ? 
Récapitulatif : le film que mes amis adorent parce que le colonel de la SS est terrible dedans. 
Note pour plus tard : Mieux choisir mes fréquentations à l'avenir.
Le + : le titre du film, tel une mise en garde.
Le - : le film.

dimanche 29 mai 2011

literatura

LA SEPTIÈME VAGUE [2009]

De : Daniel Glattauer [Autriche]

Mon édition : Grasset, 2011
[prix : 18€].

Roman de 348 pages.

Quand souffle le vent du nord,
suite et fin.

Vous souvenez-vous de ces livres "dont vous étiez le héros" ? Ceux ou à la fin de chaque chapitre plusieurs options s'offraient au lecteur, vous renvoyant alors directement à tel ou à tel autre chapitre selon l'orientation que vous souhaitiez donner à l'histoire que vous lisiez ? Et ben là c'est pareil. Soit vous vous arrêtez de lire à la fin de Quand souffle le vent du nord, lorsqu'un des personnages arrête d'envoyer des mails, stoppant ainsi de manière brutale le dialogue quasi-amoureux jusque là instauré, soit vous continuez l'aventure avec La septième vague, dans lequel l'échange de mails reprend, de pair avec l'histoire d'amour, et ceci jusqu'à épuisement : ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. Ainsi, deux options s'offrent à vous : vous ne pouvez vous contenter de lire La septième vague mais vous pouvez vous arrêter à Quand souffle le vent du nord. Le choix de la rédaction ? Ne lire que le premier, tellement plus représentatif des histoires d'amour virtuelles d'aujourd'hui. Non seulement vous en retirerez une morale utile du genre "gardez-vous de vous attacher à quelqu'un qui n'existe qu'à travers les mots" tout comme cela favorisera votre imaginaire : que vont-ils devenir l'un sans l'autre ? Et vous ? Qu'est-il advenu de vous lorsque votre histoire s'est arrêtée sans atteindre l'happy end tant escompté ? Si vous lisez ce blog, j'en déduis que l'histoire n'était pas si triste que ça.

Pour ceux qui préfèrent faire l'autruche.

kinéma

THE TREE OF LIFE [2011]

De : Terrence Malick [Etats-Unis]

Durée : 2H18

Comment choisissez-vous les films que vous aller regarder ? Si la réponse à cette question est : "Plutôt des films qui me permettront de m'évader, de penser à autre chose qu'à ma petite vie, d'oublier que je m'ennuie", alors je doute que vous aimerez The tree of life, à l'instar de ceux à qui je l'ai conseillé et qui me l'ont presque reproché ! En revanche si vous me répondez : "Je choisis un film dans l'espoir que celui-ci me fasse réfléchir, vibrer, qu'il élargisse ma vision de la vie", alors là oui, vous ne serez pas déçu du voyage.

Parce que soyons honnêtes : nos vies sont remplies de souffrance ! Les deux seules choses qui nous permettent de supporter cet état de fait sont, roulement de tambour, l'amour et l'art. Parfaitement. Ça m'a toujours fait rire quand j'entends une nana célibataire me dire : "Je ne demande pas grand chose pourtant". Pas grand chose ? Alors pour toi aimer et être aimée ce n'est pas grand chose ? C'est juste la plus grande chose au monde ma fille ! La seconde étant l'art bien sûr, grâce auquel on peut accéder à une tripotée de sensations grandioses. Au même titre que l'amour. L'un n'allant pas sans l'autre donc.

Dites-moi alors, en commentaire s'il vous plaît, je ne demande qu'à voir, quelle synopsis plus incroyable que celle qui nous est ici proposée, celle d'une famille en proie à la vie, pourriez-vous me conseiller ? Gardez-vous bien de penser qu'il s'agit encore d'un de ces films méga contemplatif, ultrachiant et inaccessible au commun des mortel, car il n'en est rien et vous passeriez à côté d'un chef d’œuvre. Si c'était le cas, Terrence Malick n'aurait pas choisi Brad Pitt ni Sean Penn, et j'ose espérer que si c'était le cas il n'aurait jamais eu la palme d'or au dernier Festival de Cannes. Et pour les récalcitrants qui penseraient que je me suis reconnue dans un des passages du film : je suis fille unique et la notion d'amour familial n'évoque rien de spécial chez moi. Mais The tree of life fait partie de ces films qui nous racontent une histoire tendant à l'universel, celle ayant commencé il y a des millions d'années et qui durera jusqu'à la fin des temps.

The tree of life, a space odyssey.



literatura

QUAND SOUFFLE LE VENT
DU NORD
[2006]


De : Daniel Glattauer [Autriche]

Mon édition : Le Livre de Poche n°32132 [prix : 6.95€]

Roman de 348 pages.

Êtes-vous fidèles en amour ? N'étant pas mariée, il me suffit de compter les relations sexuelles que j'ai eu tandis que j'étais en couple pour répondre à cette question. Et qu'en est-il des désirs inavoués ? Des regards et des envies inopinés ? N'ayant conduits à aucune faute, doit-on les inclure dans notre compte fidélité ? Si oui, que penser alors du besoin de séduction ? Le besoin d'être regardée, complimentée et bien souvent désirée par d'autres personnes que celle qui partage déjà notre vie ? Naturel me diront certains, coupable me répondront d'autres.
Étant, à mon signe astrologique défendant, de nature fidèle, je me sens quand même coupable d'avoir toujours désiré maintenir des relations épistolaires (par mail, par messagerie instantanée, etc.) avec mes anciens partenaires. Par écrit, me disais-je, ça ne compte pas ! Heureusement pour moi, aucun de mes exs n'a souhaité garder contact, aussi épistolaire fut-il ! Heureusement, car ces échanges de mots, aussi courtois fussent-ils, auraient forcément conduit, un jour à l'autre, à un passage à l'acte. S'écrire revenant toujours à se séduire. Les allitérations faisant figure de chant de sirène. Et les rimes d’effleurements érotiques. Finalement, n'est-ce pas ainsi qu'ils m'avaient séduite ? Par écrit ?
Les héros de ce roman ne s'étant jamais posé ce genre de question, ou ne désirant pas le faire, vont filer tout droit, et tête-bêche, dans la gueule du loup : l'une, bien que mariée, va s'éprendre du destinataire de ses mails et l'autre, célibataire, utilisera tous les moyens à portée de son clavier pour la séduire. Rien de plus facile quand on est pas si heureuse en ménage que ça et professeur en science du langage...
J'irai bien refaire un tour du côté de chez Swann
Revoir mon premier amour [...]
Je ne voudrai pas refaire le chemin à l'envers
Et pourtant je paierai cher pour revivre un seul instant
Le temps du bonheur [...].

bédé

HENRY & GLENN FOREVER [2010]


De : Igloo Tornado

Publié par : Cantankerous Titles [uniquement en anglais]

Bande dessinée de 66 pages [prix : 6$].

Hey c'est moi ! Tu me reconnais ? Je suis celui qui dit : "Tu sais, pour créer, une bonne idée suffit", mais oui c'est moi, Super Connard !! Combien de fois n'ai-je entendu ce sophisme ? Si avoir une bonne idée suffisait pour produire une ou plusieurs œuvres dignes d'intérêt, ça se saurait. Attention ! Je ne remets pas en cause le fait que certains aient accédé au "top des ventes", cet Olympe moderne, uniquement grâce à une toute petite idée, souvent piquée à un autre, déjà mort de surcroît. Bref, passons, car les Igloo Tornado n'ont rien piqué à personne, ils ont simplement réalisé le potentiel d'une idée tirée de l'inconscient collectif des gothiques, coreux et metaleux du monde entier, celui-là même qui apparaît à la surface des gobelets de bière à 1 euro pièce passé trois heures du matin, quand Bloodmachinchose666 rote à l'oreille de Trvebirthagain : "Faut vraiment être un pédé pour aimer leur dernier album !" De ça à Henry & Glenn Forever il n'y a qu'un pas. Comment expliquer autrement le fait qu'une bédé mettant en scène un couple homosexuel composé des très musclés et des très énervés Monsieur Hardcore [Henry Rollins] et Evil Elvis [Glenn Danzig] aille de soi ? Deux regrets subsistent cependant : 1/que les dessins publiés sur internet par les fans de la bédé surpassent le talent des créateurs de Henry & Glenn Forever et 2/que ce soit des ricains qui y aient pensé avant notre Naga Wika national...



kinéma

SURVEILLANCE [2008]


De : Jennifer Lynch [États-Unis]

Durée : 1H38

Pssst.
Hey, petite.
Viens voir par ici.
Ça te dirait de voir une palme d'or en vrai ?

Tu sais ce qui attend les réalisatrices qui n'ont pas été sages ? Qui c'est la vilaine fille à son papa ? On a voulu appâter le chaland en inscrivant son nom en rouge sang sur le bitume hein ma jolie ? Qui c'est qui a raté sa vocation en réalisant un film inspiré d'un Kurosowa ? Ne t'inquiète pas, j'en ai connu des plus coriaces que toi, après ça il n'y a aucune chance que tu récidives. Je te parie mon carambar qu'après Surveillance on entendra plus jamais parler de toi. Tiens-toi tranquille veux-tu, personne ne t'entendra crier ici de toute façon. Et puis on a tout notre temps, inutile de te fatiguer Jennifer. Comment ça tu ne t'appelles pas Jennifer ? Dis-moi, ton nom c'est quoi ? TON NOM JE TE DIS ! Coppola ?! Bon écoutes, il se fait tard, on est tous les deux très très fatigués, je me suis emmêlé les pédales, ça arrive à tout le monde ok, donc on va aller gentiment manger une glace, et quand la dame du Shakers te demandera ce que tu fais là tu lui diras qu'elle appelle ton papa ok ? Tu as bien compris ?

Réaliser des films pourris peut nuire à votre santé.

mercredi 4 mai 2011

kinéma

SANS ARME, NI HAINE, NI VIOLENCE [2008]


De : Jean-Paul Rouve [France]

Durée : 1H26

Couscous, le "sosie" de Michel Polnareff dans Podium devient Spaggiari, le "cerveau" du casse du siècle dans Sans arme, ni haine, ni violence. Mais que s'est-il passé dans la tête de Jean-Paul le jour où il s'est dit qu'il devait réaliser un film, son premier, sur Albert Spaggiari ? Mais pas un film politique, noir, intéressant, non non, plutôt un film comique, raté et ennuyeux. Pourquoi réaliser un film génial quand on peut se contenter d'un film qui passera rapidement aux oubliettes ? Telle est la question. A moins que... Oui, à moins que Rouve se soit cru investi d'une mission divine, celle de réhabiliter la mémoire d'Alberto, génie usurpé et fat du pied de biche. Quel intérêt ?

Sans arme, ni haine, ni violence in 5 seconds :
Rouve ? Nul. Taglioni ? Nulle. Lellouche ? Nul. Le film ? Devinez !

mercredi 13 avril 2011

kinéma

INTO THE WILD [2007]


De : Sean Penn [États-Unis]

Durée : 2H27

Lorsque Into the wild est sorti en France, début 2008, c'était LE film du siècle. File voir ITW parce que je me suis pris une grosse claque, qu'ils me disaient tous. C'était sans compter sur le fait que moi vivante, jamais je n'irai voir un film déjà aimé de tous. Mais passés 3 ans et autant de films du siècle plus tard, j'ai enfin pu découvrir ITW en toute tranquillité, sous-entendu sans la crainte de découvrir qu'en fait j'étais comme tout le monde. C'est donc avec une fierté non dissimulée que l’hôtesse de ce blog vous annonce qu'elle n'a pas aimé ITW !

Profil type de celui qui a aimé ITW : Tu as entre 25 et 35 ans environ et bien que tu saches être plus âgé que Supertramp, le héros du film, tu n'as pas pu t'empêcher de t'identifier à lui. Tu n'as jamais voyagé seul, ni dans un autre continent, ni même dans un site naturel désert, mais t'aimerais bien, ça fait 10 ans que t'aimerais bien, c'est bien ça le problème d'ailleurs. Dans ton sac rando Lafuma imaginaire, ni gobelet en laiton ni silex, non, mais plein de souhaits de la vie tous déçus, et tout autant de projets à venir qui te paraissent aussi fastidieux que ce jogging matinal toujours repoussé. Il te reste encore quelques années avant de piger qu'il est trop tard pour te réaliser, mais tant qu'il y aura des claques du siècle tu tiendras bon. Qu'il est beau ce Supertramp de Dedans le sauvage, comme il a tout compris, ni dieu ni maître, ni meuf ni PEL, non, juste toi et la nature sauvage, la vie mec, la vraie vie. Même que c'est ça qui l'a tué mais osef vu qu'il assure mieux que Jésus niveau martyr j'trouve, ah ouais, file voir ITW parce que je me suis pris une grosse claque.

Pourquoi est-ce que je n'ai pas aimé ITW : Primo, parce que je n'aime pas les grosses claques. Et deuxio : Mais réveillez-vous bon sang, est-ce que vous avez bien saisi le fait que si Christopher décide de tout bazarder, sa ville, ses études et sa famille c'est parce qu'il souffre et que toute sa pérégrination n'est qu'une longue descente vers la mort, aussi jouissive fût-elle ? Par la suite il ira même jusqu'à quitter les gens sincères qu'il avait rencontré, les vies aimables qu'il avait réussi à dénicher, jusqu'à perdre tout le bénéfice qu'il aurait pu retirer d'une telle aventure, bien plus que sa vie, c'est la vie même qu'il décide de quitter. Alors oui, Christo sait qu'il va mourir, plante toxique ou pas. Il mourra seul comme un chien tout en sachant qu'il avait eu tort, qu'il aurait pu et dû rebrousser chemin bien plus tôt. C'est bien simple, la seule chose que j'ai retenue du film c'est que c'était l'histoire d'une vie gâchée.

Alors va-t-en dans le matin clairet
Seul
[...]
Mon fils, il faut lever le camp [...]
Il est tôt Lève-toi Prends du vin pour la route
Dégaine-toi du rêve anxieux des bien assis
Roule Roule mon fils vers l'étoile idéale
Tu te rencontreras Tu te reconnaîtras
Ton dessin devant toi, tu rentreras dedans*
[Into the wild].

*Léo Ferré, Il n'y a plus rien, 1973.

vendredi 8 avril 2011

kinéma

L'ÉTRANGE AFFAIRE ANGÉLICA [2010]

De : Manoel de Oliveira [Portugal]

Durée : 1H35

C'est bien connu : les films de Manoel sont plus appréciés des français que des portugais. Paradoxal ? Oui si on s'attarde sur le fait que Manoel de Oliveira est le réalisateur de cinéma portugais le plus connu dans le monde ; Non si on regarde ses films d'un peu plus près. Le fait est que je suis allé voir ce film uniquement parce qu'il s'agissait d'un film de De Oliveira, et parce que le journal Lusojornal m'a offert une place pour aller le voir. Ah ! Il y a aussi une troisième raison, celle dont je suis le moins fière : parce que Manoel de Oliveira a 102 ans ! Vous imaginez ? Le regard qu'un réalisateur plus que centenaire peut porter sur le monde ? J'ai voulu voir ça et je n'ai pas été déçue ! Je ne peux pas être déçue par l’œuvre d'un homme qui nous parle encore d'amour à 102 ans ! Voilà que cet homme imagine un personnage principal qui tombe amoureux d'une morte ! Qui "tombe" vraiment amoureux donc ! Cet homme a naturellement peur de la frontière qui le sépare de sa belle, celle qui sépare la vie de l'au-delà, le ciel de la terre. C'est donc avec un certain bonheur et un effroi certain qu'il la rejoindra à la fin du film. Ils ne se marièrent pas et n'eurent jamais d'enfants, mais ils s'aimèrent jusqu'à la fin des temps. Magique.
Et s'il s'agissait du dernier Manoel de Oliveira ?

kinéma

LEONERA [2008]


De : Pablo Trapero [Argentine]

Durée : 1H48

A croire que les écoles de cinéma sud-américaines prodiguent les deux mêmes consignes à tous les futurs réalisateurs :

1. Ton film doit dénoncer quelque chose.
2. La seule manière de faire passer ton message est de choquer ton spectateur.

Est-ce que ça vaut aussi pour Leonera ?

1. Ce film dénonce les conditions de détention des mères argentines. Elles ont le droit d'élever leurs enfants en prison, jusqu'à quatre ans.
2. Les prisonnières vivent dans la promiscuité la plus totale : douches communes, amours lesbiennes, et si tu n'arrives pas à allaiter la détenue d'à côté peut s'en charger. Bonus : Leonera est en prison suite à un meurtre qu'elle n'a pas commis. Il s'agissait d'un des compagnons qu'elle fréquentait - relation à trois.

Même si là encore ma théorie se vérifie, Leonera se distingue du lot. En effet, on comprend rapidement que Leonera n'est pas la représentante de tout un groupe et qu'elle est moins la victime du manque d'efficacité de la justice argentine que du manque d'amour de sa propre mère.

Mother semper.