mardi 8 février 2011

literatura

LE STRIP-TEASE DE LA FEMME INVISIBLE [2008]

De : Murielle Renault [France]

Mon édition : Le Dilettante, première édition.

Roman de 222 pages.

Soyons honnêtes : si j'ai acheté ce livre c'est parce qu'il m'a été recommandé par une nutritionniste. Force est de constater que je ne me suis pas reconnue dans cette histoire mais que le livre est bon. La preuve en est qu'il se lit d'une traite, et que sous ses faux airs de chick lit se cache un récit qui ne s'oublie pas de sitôt. Mélanie est tout sauf une héroïne de roman et pourtant... Dans Le strip-tease de la femme invisible tout se passe comme si vouloir maigrir c'était vouloir exister. Parce que lorsqu'on est gros voire très gros on n'existe pas pour les autres. Indignes de leur amour, hors norme donc bannis de leur vie donc de la vie tout court, c'est au prix d'un long combat que nous pourrons enfin rentrer dans la danse. Pour se rendre compte qu'il est déjà trop tard. Et que ce qu'il nous manque est déjà perdu de façon irrémédiable. A ce moment précis du récit, celui où on se rend compte qu'il n'y a plus aucun but à atteindre et donc plus rien à espérer, il ne nous reste plus que trois options dont deux sont possibles : abandonner, se contenter de ça ou continuer jusqu'à disparaître. En un mot : mourir.
Dans le même esprit, Liria vous recommande :




Antéchrista
d'Amélie Nothomb

P.S : Si vous ne vous sentez pas du tout concerné(e) par les problèmes de poids, vous pouvez toujours vous rabattre sur son dernier roman : Oui... Ça parle de mariage et ça vient de sortir. Vous me direz ce que vous en avez pensé.

dimanche 6 février 2011

concours

50 MODÈLES DE RÉSUMÉS DE TEXTES [1992]

De : Geneviève Clerc

Publié par les éditions Marabout.

Méthode de 348 pages.


Face à la demande pressante de mes amis virtuels réclamant à cor et à cri que je leur donne mes trucs et astuces pour réviser les divers concours administratifs que je m'évertue à passer tous les ans depuis la fin de mes études, et ceci toujours en vain, je vous dévoile enfin LE livre qui m'a fait accéder à des notes plus que positives dans l'épreuve du résumé de texte. Plus tout jeune mais complet, il sera le compagnon idéal de vos révisions. Les 50 premières pages explicitent et résument les principes à connaître par cœur pour réaliser un bon résumé de texte ; les 250 qui suivent détaillent la méthode à suivre à travers des exercices corrigés ; et les 50 dernières, à lire s'il vous reste encore un peu de temps, survolent tout ce qui tourne autour du résumé de texte, de l'analyse à la culture G. Bref : LE meilleur bouquin préparant à cette épreuve selon moi.

Pas trouvé mieux ni moins cher : 2,10 euros à Gibert - vendeur entre autres de livres d'occase.

mardi 1 février 2011

kinéma

POUR ELLE [2008]

De : Fred Cavayé [France]

Durée : 1H36.

Jusqu'où seriez-vous prêt à aller par amour ? Au cinéma, cette problématique signifie soit que le protagoniste va mourir, soit qu'il va tuer. Une idée qui se vérifie une fois de plus dans Pour elle.
Et en vrai ? Avez-vous déjà posé cette question à l'un de vos amis, ou pire, à votre compagnon ? J'ai essayé pour vous. Soit ils ne nous répondent pas en nous demandant au passage si on se sent bien ou si on est pas surmenée en ce moment. Soit ils nous répondent qu'ils ne savent pas, n'ayant jamais eu à répondre à cette question le couteau sous la gorge. Soit ils nous avancent qu'ils seraient surtout prêts à se laisser mourir ou à nous tuer, ce qui tout de suite fait vachement moins glam que dans Pour elle.

Le + : L'intrigue du film est fluide et bien menée.

Les - : La transformation du "gentil prof de français" en "criminel en cavale" n'est pas assez visible. Du coup on a beaucoup de mal à croire que n'importe qui pourrait faire de même vu que Vincent Lindon semble posséder de sérieuses prédispositions à la violence dès le début du film. De plus, l'affiche est mensongère puisque cette scène n'existe pas dans le film.

lundi 31 janvier 2011

kinéma

LA MARCHE DE L'EMPEREUR [2005]


De : Luc Jacquet [France]

Durée : 1H25.


Ma-gni-fi-que ! Tout est là : la vie, l'amour, la mort. Qu'on se le dise haut et fort : le manchot empereur c'est pas un pédé ! Il emmerde Darwin ! Son existence semble plus reposer sur des sentiments humains, c'est-à-dire vains et masochistes, que sur des instincts animaux déterminés par la nature. A l'heure où tous les médias ne cessent de nous parler de la biodiversité, les manchots, empereurs de par leur port altier défient le struggle for life chaque jour que Mère Nature leur accorde... et c'est pas un gène de ses deux qui va sélectionner sa race, non mais ! C'est celui qui tiendra le plus longtemps sur la banquise façon dernière épreuve de Koh-Lanta ! Se marier, faire l'amour, se reproduire et se nourrir, pour tout recommencer, encore et encore, réessayer toujours, jusqu'au dernier jour. It's a cold and it's a broken hallelujah.

Histoire naturelle.

kinéma

LE MONDE DE NARNIA [2005 à 2010]


Chapitre 1 : Le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique.
Chapitre 2 : Le prince Caspian.
Chapitre 3 : L'odyssée du passeur d'aurore.



De : Andrew Adamson (Shrek, etc.) pour les chapitres 1 et 2, Michael Apted (Le monde ne suffit pas, etc.) pour le chapitre 3.

Durée : 2H23, 2H30 et 1H55 respectivement.


Un premier volet pour découvrir, un second parce que c'est vous et... basta ! J'ai décidé que je n'irai pas voir le troisième. Je suis navrée de vous apprendre aussi brutalement que mon amour pour le lectorat de ce blog à déjà trouvé sa limite : Narnia ! Et ce n'est que le début*...

Pour ceux qui trouvent que le Seigneur des Anneaux c'est trop long, puis que l'histoire est trop compliquée, que c'est pas drôle du tout à la fin et puis surtout que c'est trop bien fait et que du coup on y croit pas trop.

* C.S. Lewis a publié 7 tomes de son Monde de Narnia, de 1950 à 1956.

dimanche 30 janvier 2011

kinéma

BAB'AZIZ - LE PRINCE QUI CONTEMPLAIT SON ÂME [2005]


De : Nacer Khemir [Tunisie]

Durée : 1H36.

Nuance. Si je n'ai pas aimé L'Alchimiste de Paulo Coelho ce n'est pas parce que c'est un mauvais roman mais parce que l'auteur plagie. Aussi je me devais de vous présenter une autre œuvre, se déroulant elle aussi dans un Orient mythique c'est-à-dire philosophique, poétique et envoûtant sans que l'histoire qui nous est contée ne soit empruntée à un autre.

La mille et deuxième nuit.

lundi 10 janvier 2011

literatura

LE SILENCE DES ESPRITS [2010]

De : Wilfried N'Sondé [Congo]

Mon édition : Actes Sud, première édition.

Roman de 171 pages.

Et si la rédemption, à peine la frôle-t-on d'un doigt, se transformait en une vengeance implacable ? Et si le pardon lui-même devenait le tourment éternel ? Le silence des esprits c'est un peu le prologue de l'histoire de Sisyphe et de son rocher, ou bien de cette autre histoire, celle du rat et de cet étrange bout de fromage, trouvé au coin d'une plinthe, alors qu'il s'y attendait le moins et qu'il s'était presque habitué à avoir faim...

samedi 20 novembre 2010

literatura

UNE FORME DE VIE [2010]

De : Amélie Nothomb [Belgique]

Mon édition : Albin Michel, première édition.

Roman de 169 pages.


Chère Amélie Nothomb,

Internet t'étant terra incognita, tu ne liras jamais cette lettre qui t'est pourtant adressée. Tu conviendras qu'il y a de la noblesse à écrire sans attendre de réponse de la part de son destinataire. De plus, je n'ai pas attendu que tu écrives un roman sur la correspondance pour t'écrire sur ce blog (voir ici), pourtant ouvert à toute réponse grâce aux commentaires. Donc oui, je t'aime bien. Cependant, bien aimer n'est pas aussi grandiose qu'aimer tout court, j'en conviens et m'en excuse.
Je sais aujourd'hui, après avoir lu Une forme de vie, que je ne t'écrirai jamais par voie postale, que je ne tenterai jamais ma chance de devenir l'un de tes heureux correspondants et le regrette vivement. Autre désillusion : mercredi tu étais à Montpellier, c'était l'occasion idéale de te revoir et je ne l'ai pas saisie. Pire encore : mercredi tu étais à Montpellier et ça ne s'est pas senti, ni en moi, ni hors de moi. Je crois bien, Amélie-san, qu'avec ce dernier roman tu as déçu une de tes ferventes lectrices. Cela ne t'étonnera certainement pas : on écrit pas Une forme de vie sans éviter des dommages collatéraux, dont je fais de tout évidence partie.
En effet, Une forme de vie c'est le grand retour de tes thèmes de prédilection : l'écriture, les problèmes de poids et toi, et toi, et toi. J'y pense : est-ce que tu as choisi d'être maladroite au sujet des obèses parce que tu es toi-même un écrivain extrêmement fat ? Tu sais, les braves gens n'aiment pas que l'on se moque d'eux, ils n'aiment pas qu'on leur serve un mode d'emploi de sa grande personne à l'usage des mortels sous couvert de littérature. Certaines pages de ton bouquin m'ont fait bondir de mon canapé ; Une forme de vie n'est qu'un des chapitre de l'œuvre que tu te dédies : Comment écrire à Amélie Nothomb par... Amélie Nothomb, nom de dieu, c'est quoi le prochain titre ? Une sorte de désir ou Comment baiser Amélie Nothomb par Amélie Nothomb ? De mon modeste point de vue, il ne te reste plus que deux options possibles : soit ton prochain roman ne parle plus de toi, plus du tout, soit tu nous écrit un autre Amélie Nothomb pour les nuls et tu peux m'oublier. Et que ça soit clair Amélie : si la situation est devenue aussi intolérable que cela, si tu éprouves encore le besoin d'éduquer ton lectorat, si tu as compris que tu avais cessé d'aimer tes lecteurs et que l'autre est définitivement un ennemi alors c'est bien simple : arrête de publier !

Sincèrement,

Une forme d'amitié.

Vanité des vanités, tout est vanité.

jeudi 11 novembre 2010

literatura

COUPLES [1968]

De : John Updike [États-Unis]

Mon édition : Folio n°43.

Roman de 636 pages.

Bien que la littérature ne s'apprenne ni sur les bancs du collège ni du lycée, sur ceux de la fac non plus, mes professeurs n'ont eu de cesse de me rabâcher deux choses importantes, qui de leur avis étaient essentielles à l'étude d'un roman : il s'agit du temps et du lieu. Et que si on parvenait à retenir ça, c'était déjà pas si mal. Couples est un roman dont l'action se déroule à la fin des années JFK, dans le Massachussets atlantique. Est-ce que ça suffira ? J'en doute. Quoi que.
Les hommes avaient cessé de s'intéresser à leurs carrières, les femmes d'avoir des enfants. Restaient l'alcool et l'amour. Maintenant que tu sais quand et où ça se passe, tu commences à comprendre. A comprendre que dans la littérature américaine, Kennedy n'en finira jamais de mourir. Que les romans antérieurs aux années LSD littéraires sont toujours longs à venir, comme l'éjaculation dans le mariage. Qu'il faut énormément de talent pour sortir quelque chose d'excitant situé entre la WW2 et Woodstock, a fortiori si les personnages que l'on te présente appartiennent à la bourgeoisie puritanodescendante. Comment s'exciter quand on a déjà fait l'expérience de l'american dream ? Combien de romans, de films et de séries américains ne te parlent que de ça ? J'ai cessé de compter. Coupable d'avoir fait l'expérience du bonheur l'être humain tend alors à sa propre destruction, parce que se sentir vivant passe forcément par se sentir seul et malheureux. Jusque là tu n'es constitué que de carton-pâte. En s'imbibant dans la fange de la luxure, donc de l'infidélité car le mariage est un pacte scellé avec la pureté, tu commences enfin à t'épaissir, à tout perdre, à mourir donc à vivre : plongeant, il vit combien la mort, loin d'envahir la terre comme un météore, se situait sur le même plan que la naissance, le mariage et l'arrivée quotidienne du courrier.
Apologie du coup de canif dans le contrat.

dimanche 19 septembre 2010

literatura

A CONFISSÃO DE LÚCIO [1913]

Disponible en français sous le titre
LA CONFESSION DE LÚCIO
aux éditions de La Différence.

De : Mário de Sá-Carneiro [Portugal]

Mon édition : Bis Leya, 2009.

Nouvelle de 121 pages.

Un livre qui commence par "Vers 1895, je ne sais plus trop comment, je me suis retrouvé en train d'étudier le Droit à la Faculté de Paris, ou plutôt, en train de ne pas étudier." et qui finit par "Ainsi j'ai, dans l'espoir que l'on me croie, dû d'abord expier, en silence, pendant dix ans, un crime que je n'ai pas commis... La vie...", un livre qui a fini d'être rédigé en 1913 par un écrivain qui s'est suicidé à Paris à 26 ans après "une tentative avortée d'études de droit" dixit M. Wikipédia, je ne sais pas vous, mais moi je l'achète les yeux fermés. Sans hésiter une seconde. Parce que je sais ce que ces premières petites nouvelles biographiques écrites par de jeunes écrivains torturés, attirés par la vie parisienne de la fin du XIXème siècle comme des moucherons autour d'un réverbère, ont de génial. En plus d'un voyage gratuit dans la capitale de l'entre-deux siècles, je savoure ces lectures printanières à l'heure du thé, telle une jouvencelle aux joues fardées, le sourire enfantin, le doigt coquin puis inquisiteur au-dessus de la boîte de friandises qui s'ouvre devant elle : symbolisme en nougat, décadence au praliné et sa noix de pécan caramélisée, modernisme fourré à la ganache au chocolat noir, rocher du suicidé et palet aux amandes amères, etc. Qu'importe, quel que soit l'auteur, quelle que soit l'histoire qui m'est contée, le plaisir sera toujours au rendez-vous et mes papilles littéraires toujours ravies.
♪ J'vis toujours des soirées parisiennes,
J'voudrais vivre des soirées brésiliennes
Et vivre au vent, à feu, à cent,
M'ouvrir au sentiment
. ♫*
*A déguster sans modération. Mais consultez tout de même rapidement en cas de forte dépendance.

samedi 4 septembre 2010

psycho

LES PHOBIES [2003]

Sous-titre : ou l'impossible séparation.

De : Irène Diamantis [France]

Mon édition : Champs essais n° 923, Flammarion, 2009.

Essai de 260 pages.

Être phobique. C'est avoir peur mais pas que. Un être phobique a peur sans raison apparente de quelque chose qui n'existe pas. Pfiou. Mais si mais si, tu vois très bien de quoi je veux parler. De ceux qui ont une peur bleue de la foule, du vide, de la vitesse, du noir, des rats, etc. Mais aussi : de conduire leur voiture, de leur propre enfant, de descendre un escalier dans le métro, d'un simple couteau posé sur la table de la cuisine, etc. Ce qui n'est pas banal. Car que l'on préfère la lumière à l'obscurité et les places désertes à la foule en délire, passe encore. Mais que penser de ceux qui sont effrayés par les objets les plus anodins du quotidien ? Et qui bien souvent sont terrorisées à l'idée de se trouver dans une situation qu'elles ont pourtant déjà vécu auparavant sans souci aucun ? On a beau leur expliquer qu'il n'y a aucune raison d'avoir peur, leur angoisse persiste. Irène Diamantis a enquêté sur le terrain, en consultation avec ses propres patients phobiques et te rend son verdict : t'es pas sorti de l'auberge ! Car ta phobie n'est que la partie visible de l'iceberg. Va falloir consulter, et pas qu'un peu ! Et puis compte pas sur ta phobie pour t'aider, c'est pas parce que tu te liquéfies dès que tu monte en avion, ou que tu dois traverser un pont, que l'avion ou le pont sont les coupables à disséquer. Non non, va falloir remonter beaucoup plus loin, te taper une bonne psychothérapie, pour enfin comprendre tes sueurs froides. Uniquement pour arriver à comprendre cette phobie qui te pourrit la vie et peut-être en atténuer les effets. Ben oui, si tu parviens à comprendre exactement d'où ça vient, que tu en es conscient, tu dois bien pouvoir contrôler cette peur injustifiée. Tu peux tout aussi bien ne jamais y arriver, ne jamais comprendre et vivre avec ta peur panique ad vitam aeternam.
A tous les froussards, trouillards et pétochards...

lundi 21 juin 2010

music


CLARK : TOTEMS FLARE

[Angleterre, 2009]

Ce n'est que très récemment que j'ai réalisé que je ne savais pas écrire. Et c'est en voulant chroniquer ce cédé que j'en suis venue à cette triste conclusion, à ce lugubre constat, à mi-chemin d'une résignation encore à venir. Tout ça parce que j'ai les mots trop pressés, soumis au résultat façon masturbation. Bref, Clark te parle ici de nostalgie. Pas n'importe laquelle. La nostalgie, familière, de tous ces moments, de tous ces gens, de tous ces pays que tu n'as jamais connus mais tellement désirés. Imagine qu'en fin de compte ces moments jamais vécus, juste fantasmés, viennent à arriver : tu finis par te perdre à Tokyo, par te taper tel mec dont tu avais tellement tellement rêvé, par vivre les moments que tu ne connaissait que pour les avoir inventés. Est-ce que la nostalgie n'était pas le chemin qui menait à ça ? Finalement, ne vaudrait-il pas mieux troquer ce billet d'avion pour Tokyo pour une autre destination, qui plairait plus à ton petit ami, et si tu décidais qu'il valait mieux en rester là avec ce garçon et de ne plus mentir, te mentir, au moins essayer ? Tu sais bien, un truc du genre : c'est la vie, c'est ça grandir, devenir adulte. T'écoutes Totems Flare et tu comprends que ce genre de constat n'est pas si amer, qu'il est juste vertigineux, mais qu'il te permettra à coup sûr d'être un peu plus près de toi-même. Écoute, écoute, écoute, je te garantis que ton booty va shaker baby, que ton bassin va reconnaître l'époque dorée de la house qu'il n'a jamais connu, et que tout ton corps va se mettre en branle de manière incoercible, en mode automatique, sans avoir peur de bander en public.
CQFD