mercredi 16 septembre 2009

literatura

LA DANSE DES OBÈSES [2008]

De : Sophie Audouin-Mamikonian [France]

Mon édition : Robert Laffont (première édition).

Roman de 313 pages.

Premier essai raté pour l'auteure des Tara Duncan. Mais pourquoi t'es-tu lancée dans l'écriture d'un thriller pour adultes quand tes livres de fantasy pour enfants sont désormais lus dans le monde entier ? Quelle ne fut pas ma déception en lisant La danse des obèses ! Je m'attendais à un retournement à 360 degrés ; je pensais que tu quitterais définitivement le monde de Harry Potter pour rejoindre notre cause : come to the dark side, we have cookies. Au lieu de cela, tu passes ton temps à t'excuser : auprès des tiens dans l'intro et la conclu et auprès des lecteurs lorsque tu décris des scènes dantesques. Tu renies constamment ce que tu es en train d'écrire : tu couples des meurtres d'une atrocité sans commune mesure à une histoire d'amour ! Tu fais bien attention à ne choquer aucun gros avec ton obèse killer ! Tu finis par le tuer plutôt que de le laisser entre les mains de la justice ! Le policier et la psychiatre se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, the end. Mais bon sang : assumes ma chérie ! Dès qu'une charmante scène se profile, tu fuies. Dès que l'odeur d'une tripe fumante pointe le bout de son nez, tu mets en scène un personnage qui a la nausée. On finit par se lasser de tous ces contrepoids qui gâchent tout le plaisir que ton écriture aurait dû nous procurer. Désolée, mais je n'ai pas pu savourer ton délicieux roman. Celui-là même qui prétendait nous mettre l'eau à la bouche, avec des noms de plats succulents à tous les titres de chapitre. Reprends-donc tes contes de Peter Pan au lieu de nous raconter des histoires à dormir debout !
De la reconversion impossible des auteurs pour enfants.

lundi 7 septembre 2009

literatura

LE JOURNAL DE
BRIDGET JONES
[1996]


De : Helen Fielding [Angleterre]

Mon édition : J'ai lu (comédie) n° 5418

Roman de 351 pages.

Avez-vous déjà entendu parler de "chick lit" ? Cette expression désigne, depuis 1996, un roman écrit par une femme pour les femmes. Intriguée par cette définition et férue de tout ce qui est post quelque chose, je décidai de faire l'acquisition de quelques livres appartenant à ce nouveau genre littéraire. Je suis une femme après tout, nom de Dieu ! Après avoir lu, en entier, le plus connu de tous les livres appartenant à la chick lit, j'ai d'abord pensé à mon professeur de Théorie de la littérature, aux diagrammes compliqués qu'il nous avait présentés pour nous faire entendre son approche du canon littéraire. Si les genres inscrits au centre du tableau représentaient le plus haut degré esthétique de la littérature, la chick lit se serait située quant à elle bien plus bas, dans les barils à sauces de la cafétéria de l'université, et plus précisément dans celui qui émet des bruits connotés lorsqu'on actionne la pompe à mayo. La chick lit prouve encore une fois qu'il y a bien deux sortes de féminismes en totale contradiction. Ici, la vie d'une femme (entendez ses valeurs, ses espoirs, ses peurs et ses rêves) se résume à devoir plaire aux membres de sa famille et aux hommes (en particulier à celui qui sera susceptible de les épouser à commencer par celui qui en a le moins envie parmi tous ceux qu'elles connaissent), à acquérir des articles de modes griffés hors de prix qui la feront se sentir la femme la plus unique au monde et à angoisser constamment sur une idée de la perfection plus que discutable : être la plus mince possible, arrêter de fumer et de boire, sourire et se taire le plus possible. Un siècle de littérature féminine pour ça, pour que la vie d'une femme soit cantonnée à un journal intime où le sujet disparaît dans un récit surtout composé de phrases nominales. Avec un retour en force du prince charmant, celui qui doit nous accepter telles que nous sommes : riches, belles et ne pétant pas au lit. Virginia Woolf doit se retourner dans sa tombe. Oui mais l'héroïne est citadine, sexuellement active et carriériste donc indépendante. Certes. Ici, la femme semble s'être libérée pour mieux s'enchaîner. Pourtant les parutions estampillées chick lit, traduisez littérature de poulette, se vendent comme des petits pains dans le monde entier et à chaque seconde. (Sans sujet) Ai envie de me pendre. Mesdames et mesdemoiselles, nous n'avons jamais été aussi loin de sortir de l'auberge !
La chick lit, non ; la chienlit, oui.

dimanche 9 août 2009

music


VLF : DISQUE D'OR

[Belgique, 2009]

Si vous répondez à cette dernière question vous remportez la partie. Attention, top, pour 500 points, quel album sorti en 2009 est resté au top du box-office pendant trente-trois semaines consécutives ? Non, vous ne voyez pas ? Vous n’étiez pas encore née ? Allons allons : un duo belge et fier de l’être. Capable de rendre un slogan de pub sexy et de nous faire apprécier des rimes pauvres et un timbre de voix qui s’étouffe ? Non ? Si je vous dit Nuit blanche, Je dis merde à l’amour et Lemon incest vous pensez à à… Vive la fête, oui ! Alors, quel album de Vive la fête est resté à la première place du box-office, en 2009, pour 500 points ? Un album supachups’n’pop, souvenez-vous. De l’electro qui nous parlait en rock’n’roll. Des douze tubes from techno qui ne nous laissaient aucun répit. New wave was back in zero nine : ça vous dit quelque chose ? Plus qu’une minute pour me donner votre réponse. Une pochette electroclash où la blonde cédait sa prétention au titre de l’album et qui rendait ses testicules au chanteur ? Enfin, voyons, allez, un album qui continuait à se moquer des sentiments de théâtre, des dépressions de boulevard, des amours immatures et des verdicts de psychiatres ? Vous l’avez sur le bout de la langue et sur le fond de la glotte, mais plus que dix secondes pour répondre cher candidat ! Un album qui a absout tous ceux qui avaient honte d’avoir aimé Indochine et les disques naïfs et candides des 80’s… Attention, plus que cinq, quatre, trois, deux, un, DISQUE D’OR ouiiiiiiii ! Disque d’or sur le gong. Bravo : vous remportez l’aéronef cinq portes, le robot mille huit cent quinze fonctions et le voyage sur la lune pour deux personnes !

Quant à vous : merci de nous avoir encore suivi, bon dimanche et rendez-vous la semaine prochaine. * Clin d’œil américain *

samedi 1 août 2009

japanimation

AMER BETON [2006]

titre japonais : TEKKONKINKREET

studio : 4°C

de : Michael Arias [États-Unis]

Film d'1H45.

Béton armé. La ville t'a à l'œil. La ville amnésique t'observe. Fini les œillades un peu gênées, les petits clins d'œil, la ville ne te fait plus les yeux doux. L'œil de velours s'est terni. Désormais hostile la ville est l'œil du maître qui te regarde de son œil-de-bœuf. N'aie pas froid aux yeux ! A toi de lui faire de l'œil, de la regarder droit dans les yeux et de devenir le héros de la jungle. Le petit caïd au sourire dédaigneux et à l'œil au beurre noir. De troquer l'angoisse par des muscles secs et des fringues tape-à-l'œil. Et ouais : œil pour œil, dent pour dent ! Il est temps que l'on t'obéisse au doigt et à l'œil. Il était temps d'être dans l'œil du cyclone, d'avoir l'œil ouvert et le bon, en permanence. Car c'est entre elle et toi que ça se passe, entre quat'z'yeux. Vous jaugeant du regard. Elle n'y voit plus très clair, incapable de sentir que tu tiens à elle comme à la prunelle de tes yeux, que tu serai capable de mourir pour ses beaux yeux. Tant pis ? Loin des yeux, loin du cœur ? Mon œil ! Si tu penses que tu peux vivre sans elle c'est que tu as les yeux plus gros que le ventre ! Ça saute aux yeux de tous que sans elle il ne te resterai plus que tes yeux pour pleurer. Tu te fourres le doigt dans l'œil si tu penses le contraire... Depuis combien de temps t'arrives plus à fermer l'œil de la nuit, que t'as plus les yeux en face des trous ? Bon sang ! Arrête de penser que tu as le mauvais œil. Je te le dis moi : t'attires l'œil maintenant. Personne ne se douterai que tu as la larme à l'œil facile et que tu tournais de l'œil pour un rien. Du moins, plus au premier coup d'œil. T'as grandi à vue d'œil, vraiment, même les yakuzas te regardent plus du même œil si tu veux savoir. Mais de rien : on a parfois besoin d'un troisième œil pour y voir plus clair. Qui je suis ? Personne en particulier. Disons que tu m'as tapé dans l'œil. Mais il se fait tard, même pour un œil-de-lynx comme moi...
Un petit bijou d'animation. Dans la même veine que Kemonozume et Akira. Rien que ça.

lundi 20 juillet 2009

gribouillages II

Suite et fin.

gribouillages

Voici quelques uns des strips que j'ai réalisés avec Paint ! Ils ont tous été publiés [tout le monde peut publier !!] dans la crypte du webzine Guts of Darkness. Je vous rassure : ma carrière dans le webcomic s'est arrêtée net avec ce coup d'essai. Enjoy.

dimanche 19 juillet 2009

literatura

PLATEFORME [2001]

De : Michel Houellebecq [France]

Mon édition : France Loisirs

Roman de 350 pages.

Est-ce que je vous ai déjà parlé de ma mère ? Marie Conde fait partie du Club France Loisirs. Sous la dénomination "Club" se cache en fait un système de vente de livres par abonnement. De cette manière, elle doit se rendre dans leur boutique tous les trois mois afin d'acheter quelques livres sous peine de rupture de contrat. Comme dans n'importe quel abonnement en somme. Elle s'y complaît, dans son rôle de cinquantenaire pseudo-branchée je veux dire. Elle qui détestait mes hors-forfaits lorsque j'étais adolescente adore sortir de sa boutique France Loisirs, le cabas rempli de culture. Une fois arrivée chez elle, il ne lui reste plus qu'à insérer ses nouvelles acquisitions dans sa bibliothèque... sans même prendre le temps d'ôter leur emballage en cellophane ! Des rayons de livres France Loisirs non-lus et sous plastique. Non, vraiment ? Je ne vous ai jamais parlé de ma mère ?

Autant vous dire que je n'éprouve aucun regret à lui en voler un de temps en temps, ce qui explique la présence de livres France Loisirs dans ma propre bibliothèque. Les chiens ne font pas des chats après tout. Il se trouve qu'après avoir lu Plateforme, je n'aurais pas pu rêver d'une meilleure édition pour ce roman de Houellebecq. Un romancier que j'étais sûre de détester de par sa médiatisation, de par sa gueule ainsi que par la liste de ses amis et ennemis tous aussi pathétiques les uns que les autres; un homme lynché en direct par sa propre mère [auteure de L'innocente, autobiographie] et moi qui était là, toute chaude depuis ma chronique de Marc Lévy, prête à en découdre à qui mieux-mieux avec du romancier-publicitaire français. C'était trop beau... pour être vrai. Michel, que vais-je bien pouvoir faire de toi ? Plateforme qu'on m'avait présenté comme un roman pornographique de seconde zone s'avère être un récit dystopique plutôt bon. On y trouve tous ses chevaux de bataille : critique du monde moderne, de la mondialisation qui nous individualise de plus en plus, de la misère affective, de l'Islam, des français Bidochons, etc. Un gros "Je t'emmerde petit pédé" dopé à la scènette porno. Je me sens triste et tièdement occidentale après avoir lu Plateforme. Et convaincue que j'aurais été la première à le défendre contre tous les chefs d'accusation qui pèsent sur lui depuis. Houellebecq serait raciste, islamophobe et défendrait la prostitution à travers le tourisme sexuel. Oui et non, ceux qui pensent ça de lui n'ont pas dû y piger grand chose en fait. Michel, je ne t'aime pas, mais je comprends les opinions que tu exposes dans Plateforme. Allez, fais pas la tête, c'est déjà pas mal... t'as fais mieux que Marc !
Le Michel il en a marre de la France. Tous ces risques qu'il faut prendre pour trouver de la drogue coupée et des putes périmées. Vive les séjours Tropic Thaï du Club Med !

série tévé

ROME
[2005 à 2007]


Chaînes : HBO, BBC Two et Rai Due

Créé par : John Milius, William J. MacDonald et Bruno Heller

1 saison de 12 épisodes + 1 seconde saison de 10 épisodes x 55 minutes par épisode

NON, y'a pas à chipoter, mon timing pour mater cette série à succès était le bon. Rome est idéale pour occuper ses longues après-midi d'été caniculaire. Je vous la recommande donc très chaudement en vous suggérant de vous allonger nonchalamment sur votre canapé, d'augmenter la puissance de votre ventilo, avec un verre de vin et une coupelle d'olives à portée de main. Vous m'en direz des nouvelles...

A vrai dire, forte de mes sept années de latin, je m'attendais au pire... Mais en découvrant leur casting quasi-parfait mes craintes furent rapidement balayées; leur scénario se défend bien tout en se gardant de tomber dans les clichés que l'on associé généralement à la vie de César et de ses acolytes. Rien n'est oublié : on passe des intrigues de Cour à la vie plébéienne avec une facilité presque déconcertante grâce à un subterfuge bien connu du cinéma américain, raconter une histoire en marge de l'Histoire. Rome donne ainsi la vedette à deux centurions de César cités dans la Guerre des Gaules, Titus et Lucius. Leur rivalité, leur amitié et leurs amours nous tiennent tout autant en haleine que les faits d'arme et de corruption du Sénat romain. C'est bien simple, je les regrette déjà depuis que j'ai terminé cette série-péplum. Dès lors, un petit vent polythéiste souffle sur mes humeurs estivales. Par Hadès, qu'on m'apporte un glaive ! Caliente.

jeudi 2 juillet 2009

literatura

SEPT JOURS POUR UNE ÉTERNITÉ... [2002]

De : Marc Lévy [France]

Publié par les éditions Pocket - livre de poche n°12034

Roman de 313 pages.

Je tiens à clarifier les choses dès le début : ce livre m'a été offert ! Je ne l'ai pas acheté de mon propre chef. J'ai une sainte horreur de ces auteurs du moment, ceux du genre inévitables. Et comme il est impossible de passer à côté de son dernier roman [Le premier jour] à chaque fois que l'on entre dans une librairie, que la critique branchouille s'est évertuée à le faire tomber de son piédestal, je me suis dit : pourquoi pas ? Hélas pour moi qui n'imaginait pas alors l'ampleur des dégâts, moi qui suis du genre à aimer tous les livres qui m'ont séduits, parce que je suis fondamentalement bonne et tout ça...
Il est tellement facile de détester un roman de Marc Lévy... Jusqu'à l'auteur lui-même, issu d'un milieu aisé, qui après avoir échoué dans la création d'entreprise en Amérique et ceci à plusieurs reprises a décidé d'arrêter de courir après les prix décernés par les Chambres de Commerce pour devenir écrivain - finalement ça revient au même [Prix Goya du premier roman + prix Lucien Barrière = mazette!] et puis les nanas se déshabillent plus vite, comme amoureuses. J'irai encore plus loin : depuis Marc Lévy je comprends mieux pourquoi certains auteurs utilisent des pseudonymes pour publier.
Il n'y a strictement rien à sauver dans ce roman, si ce n'est une simple idée de départ, comme nous en avons tous quand le regret de ne pas écrire ou de ne pas être lu vient nous étreindre quelque membre, tel un rhumatisme. Une idée ma foi fort mal développée. Soutenue par une écriture pauvre, digressive mais digressive dans le sens où ça ne mène à nulle part. Et en refermant son livre on ne se sent pas plus enrichi qu'au début, au contraire, certains pans de notre imagination déjà fragile parce qu'adulte nous sont désormais interdits à tout jamais.
"Oui mais Marc Lévy ça vide la tête et j'ai pensé que ça te ferait du bien en ce moment". Non Charlotte, ça ne m'a pas fait du bien. Si je voulais me vider la tête je serai allé sur la plage me dorer la couenne, sans emporter de roman de Marc Lévy. Visiblement j'ai préféré lire ce cadeau à retardement plutôt que de sourire à la mer comme si j'avais trouvé ma place en ce bas monde. Car il y a plus de choses dans un château de sable et des coquillages érodés que dans tout un roman de Monsieur Lévy. Atchoum.

Je n'ai pas pu résister à une petite parodie "pardon mais c'est trop bon" : Marc se dirigea vers le lavabo de sa salle de bains. -"Houla-j'ai-une-sale-gueule-moi-ce-matin." Alors qu'il faisait mousser la dose de gel Mennen qu'il avait préalablement fait gicler dans sa main, une pensée lui traversa l'esprit : -"Et si j'écrivais un roman sur un envoyé de Dieu et un envoyé du Diable qui s'affronteraient pour régner sur le monde et qui finalement tomberaient amoureux, le Bien triomphant du Mal ?". Marc sourit en se tartinant de la mousse Giclette sur le visage. Cette journée s'annonçait bien mieux que prévu... -"En plus j'avais rien de prévu cette semaine".

mardi 30 juin 2009

japanimation

AKIRA
[1988]

studio : Fuga, Dragon production, etc.

de : Katsuhiro Otomo

Film de 2 heures.

Hum... oui ?
Tu croyais tout de même pas que j'allais chroniquer l'anime qui a donné naissance à la seconde génération d'animes ? Celui-là même qui a donné une date et un lieu de naissance à l'animation cyberpunk japonaise, soit 2019 à Neo-Tokyo ? Et si Akira n'évoque rien en toi, c'est qu'il est déjà trop tard et que je ne peux sûrement plus grand chose pour toi. Désolée ^^.

C'est tout, alors maintenant tu regardes Akira ou tu te casses parce que moi j'ai du pain spiritique sur la planche.


Ados, motos, révolution, résignation, corruption, complexe militaro-industriel, fanatisme religieux, amphétamines, apocalypse, avènement et bien plus encore.

samedi 6 juin 2009

literatura

LE SUMO QUI NE POUVAIT PAS GROSSIR [2009]

De : Eric-Emmanuel Schmitt [France et Belgique]

Publié par les Editions Albin Michel [Paris]

Récit d'une centaine de pages.

A Tokyo, un garçon de gouttière rencontre un maître sumo. L'homme n'a de cesse de répéter qu'il "voit un gros en lui". Soit cet homme est idiot, rétorque le jeune homme efflanqué...

Bien qu'il se soit passé plusieurs semaines depuis ma lecture de ce récit, certaines citations du livre refont surface, surtout lorsque je doute de moi, de ma capacité à affronter un problème. Malgré le fait que Le sumo qui ne pouvait pas grossir soit un récit court, à l'écriture pudique, à la Amélie Nothomb sans les mots compliqués, il reste gravé quelque part. Mêlant aussi bien la philosophie bouddhiste que la psychanalyse de comptoir, ce conte moderne a tout pour ne pas tomber dans l'oubli de nos lectures. Et puis surtout il vient chatouiller une vieille envie, bien présente au fond de chacun de nous : la rencontre avec l'Autre, celui qui sera capable de nous accepter tel que nous sommes, et, comble du bonheur, de voir plus loin que le bout de notre nez (ou de notre plastique). Celui qui nous trouvera exceptionnel et qui nous parlera de choses nous concernant que nous devinions à peine, par peur de changer. Je vois un gros en toi (ou je vois une mince en toi pour les filles), qui n'en a pas rêvé ? C'est bien souvent le début d'une passion amoureuse, envers un homme, une femme, envers un ami ou un maître d'art martial. Cette rencontre nous en avons tous rêvé et c'est souvent par la suite que les choses se corsent... parce qu'encore faut-il que nous soyons à la hauteur de la magnifique vision qu'a eu cet Autre envers notre toute petite personne. Beaucoup échouent, tout prêts à renoncer à leur rêve pour se lover une nouvelle fois dans leur cendrillonisme. Mais d'autres, prêts à suer sang et eau pour que l'impossible devienne possible, l'invisible devienne visible, que l'amour qui leur a été donné puisse être maintenant partagé, y parviennent. Au bout d'une lutte berserkienne certes, après avoir lutté contre eux-mêmes comme face à des colosses (à des sumos), ne gardant en tête qu'une seule et unique chose : quelque part sur terre, une autre personne qu'eux pense aussi qu'il peut vaincre.

... soit il est capable, comme entre ciel et terre, de voir l'invisible.

Le chemin pour monter est le même que celui pour descendre, t'entends gros ?

mardi 2 juin 2009

literatura

CE QUE LES HOMMES NE SAVENT PAS [2009]

Sous-titre : Le sexe vu par les femmes.

De : Lucia Etxebarria [Espagne]

Publié par les Editions Héloïse d'Ormesson [Paris]

Recueil de nouvelles de 239 pages.

Je comprends mieux, en relisant ma première et unique chronique sur Lucia Etxebarria, pourquoi plus personne ne vient lire mon blog. Aussi, je vais tâcher de m'améliorer, tâcher de passer de Cosmofobia -un de ses romans polyphoniques dont je raffole- à Ce que les hommes ne savent pas - dernier-né de la saga Etxebarria.

Cosmofobia est, comme je viens de le souligner, un roman à plusieurs voix. Nul doute que l'idée de publier un recueil de nouvelles écrites par ses amies littéraires ne vienne de là. Un projet somme toute naturel après avoir donné la parole à autant de personnages dans son précédent roman. 10 femmes ont répondu présent, lui accordant chacune une nouvelle où transparaît moins leur adhésion à son idée du féminisme que leur grande amitié pour l'auteure elle-même. Il ne restait plus à celle-ci qu'à faire de même : joindre sa voix aux leurs. Et ça ressemble étrangement à une invocation ou à une transe païenne. Au Witches Dancing de Burzum. Chaque nouvelle-sortilège appuyant celle des autres, dans une orgie synesthésique.

Mais ce n'est pas tout, dans sa longue introduction au livre, Lucia Etxebarria revient sur cette différence quasi-généralement acceptée entre érotisme et pornographie. Selon elle il n'en serait rien. Et tous ces problèmes de frontières reviendraient encore à notre conception machiste du désir - comme elle s'évertue à l'expliquer depuis son tout premier roman. Une conception erronée de l'amour, qui continue à peser sur nos vies sentimentales à tous et donc sur celle de l'auteure et de ses amies aussi.

Pour finir, elle conclue Ce que les hommes ne savent pas par un dernier texte qui reprend le fil d'Ariane de sa production littéraire perso. On referme alors ce livre à contre-cœur mais soulagé tant les parfums qui s'en dégagent sont lourds. A contre-cœur parce que dans un dernier souffle manqué, comme durant un coït presque insupportable qu'on ne veut pourtant jamais interrompre, quitte à y rester.
La mini-jupe ne fait pas la prostituée ou ne vous fiez pas au titre racoleur.