mardi 23 septembre 2008

La chanson du dimanche


Clément Marchand à la guitare et Alexandre Castagnetti au synthé forment le duo du groupe de chansons humoristiques La chanson du dimanche. Ce sont vraiment leurs noms ?? Le concept est simple : chaque dimanche ils publient une vidéo de leur dernière composition enregistrée à l'extérieur le plus souvent, devant un lieu en rapport direct avec les paroles de leur chanson. Depuis mars, ils ont un espace radio-pho-nik sur Le Mouv' et ils enregistrent leur troisième saison.

Si je vous parle de La chanson du dimanche c'est parce qu'ils ont donné corps/voix, à un de mes coups de gueule récurrent. Un de ceux qui me font regretter d'être un être humain. Ou de ne pas être sourde, au choix. Lequel ? Vous allez vite comprendre :



Leur blog : http://blog.lachansondudimanche.com/
Leur myspace :
http://www.myspace.com/lachansondudimanche
(en même temps, sont pas difficiles à trouver !)

dimanche 21 septembre 2008

japanimation

AI YORI AOSHI
- Enishi [2003]


Titre français :
BLEU INDIGO - Saison 2

Studio : J.C. Staff

de : Kou Fumizuki

Série de 12 épisodes
+ OAV "Saiai".


Ai yori aoshi, suite et fin. Comme si ça n'avait pas suffit J.C. Staff remet le couvert. Revoilà Kaoru et tout son harem au grand complet ! Deux ans ont passé depuis le premier épisode et nos deux tourtereaux s'aiment toujours autant, si ce n'est plus. On les retrouve, piaffant d'impatience, rêvant d'une vie à deux et de moments beaucoup moins kawaï - si vous voyez ce que je veux dire ! Le père d'Aoi est d'accord mais le bon usage veut que le couple se réserve jusqu'au mariage. Donc chut, pas un mot. Une chance pour Kaoru qui va continuer à se faire choyer par toutes les filles qui le croient célibataire - en attendant la corde au cou, ça peut pas faire de mal. Quel veinard ce Kaoru décidément ! Mais non je suis une vilaine fille ; Kaoru et si gentil et Aoi si compréhensive... C'est pas comme si Kaoru allait filer à l'indienne avec une autre fille du château ou que Aoi allait se retrouver avec juste ses yeux pour pleurer. Comme je l'ai déjà dit, l'abnégation, ça paye dans un anime. Tous les éléments sont réunis pour un happy end aux couleurs du soleil levant. Lalala :




L'OAV supplémentaire est un petit bijou de 15 minutes façon conte de Noël où l'on retrouve Kaoru qui vient tout juste de rentrer à la fac. Inratable !

samedi 6 septembre 2008

japanimation

AI YORI AOSHI [2002]

Titre français : BLEU INDIGO

Studio : J.C. Staff

de : Kou Fumizuki

Série de 0 + 24 épisodes.

Love Story. Lui c'est Kaoru, un étudiant qui termine sa Licence à Tokyo. Elle c'est Aoi. Lui il est plutôt heureux d'avoir quitté son patelin natal - dans ces cas là étudier est encore et toujours la meilleure des excuses possibles. Papy t'es un vieux con, je n'ai envie de rien de ce que tu me proposes puisque tu veux m'y obliger - et puis parce que tu en as tellement envie il faut bien le reconnaître, je me casse étudier à Tokyo t'as pigé vieux ? Je vais étudier, me saouler, étudier, baiser des putes, étudier, me faire tatouer et étudier, t'as vu ? Elle c'est Aoi. Lui il a trouvé la paix, il a une vie sympa, bon il ne s'est jamais saoulé, tapé une pute ou fait tatouer, mais il a fini par devenir zen, Tokyo oblige. Elle c'est Aoi. Et Aoi c'est Kaoru. C'est ça son foutu problème. Lui il était devenu zen et il s'était trouvé une seconde voie toute tracée. Et Aoi débarque. Pour Aoi c'est comme si Kaoru ne l'avait jamais quittée, une évidence. Elle est Kaoru toute entière, sa propre idée de l'amour que lui inspire Kaoru. Elle va lui servir du Je voulais seulement te revoir, du Je vais essayer de devenir quelqu'un de bien pour que tu m'aimes, du Je suis heureuse que tu aies dit que tu m'aimais même si c'était un mensonge, du Je ne veux personne d'autre que toi, bref, du Je t'aime. Lui c'est Kaoru. Elle aussi c'est Kaoru. L'étudiant est mort de trouille. Mais il est tout dur aussi. Quant à Aoi, ne fais pas ta maline avec moi. Malgré ton kimono impeccable, ta naïveté et ta différence innocente. Moi Sophia, je sais que tu bous, que tu le réclames, que tu gesticules, que tu le veux*. Que si tu pouvais, connasse, tu te grefferais toi-même à Kaoru. Et oué je sais que tu trompes le spectateur lorsque tu dis que tu es heureuse. Bien sûr le pire ça aurait été de ne jamais rencontrer Kaoru. De ne plus pouvoir lui parler, d'arrêter de savoir ce qu'il devenait, plus jamais jamais. Tu sais ? Ce qui te fait chialer alors que t'es super heureuse ? Les mots que tu redoutes d'entendre comme une grille métallique qui te ferait éclater tous les cartilages. Oui mais voilà. Kaoru va respecter la fille. Il va être troublé, excité, in love. Ca ne sera pas un sentiment aussi réciproque qu'elle le voudrait, parce qu'il n'est pas aussi timbré qu'elle. Mais il sera assez époustouflé par Aoi pour accepter son amour, il trouvera une manière de la protéger - car dans cet état elle ne peut même pas se balader en ville toute seule la pauvrette, il trouvera malgré tout une manière de lui faire de la place et de l'aimer. Pas de doute possible, messieudames, nous sommes bien dans un japanime.

Eloge de la femme soumise.

*Merci Mathieu !

Allo ?

Y a-t-il encore quelqu'un qui lit ce blog ?

P.S : J'ai remis à jour tous les liens vidéo.

samedi 9 février 2008

I luv my eee

Janvier 2008 c'était aussi l'arrivée tant attendue du EEE PC d'Asus. Enfin un portable vraiment portable, léger, qui rentre dans ton sac à main et qui est livré avec Linux. Comment résister à un ordi tout équipé (wifi, webcam, son, sacoche) à moins de 300 reu ? C'est pas moi qui saurait répondre à cette question :


Tout sur le EEE PC (fiche technique, démos, dispos, forum, etc.) sur le blog de Pierre :



Et une série de clichés pour la route, façon yin et yang (à noter que le EEE PC noir est rugueux au toucher et que le blanc est nacré et lisse) :

























































































_______________________________
Encore un grand merci à David, pour m'avoir prêté son EEE PC noir.
Et aussi pour m'avoir offert le blanc. Accessoirement ^^.

One month later...

Enfin de retour sur mon blog après les fêtes et les exams :) Yupie.

jeudi 6 décembre 2007

japanimation

DARKER THAN BLACK [2007]

titre original :
Kuro no Keiyakusha

studio : Bones (wolf's rain, etc.)


de : Tensai Okamura

série de 25 épisodes.

L'anime de l'année. Pas vraiment original comme entrée en matière nespa? N'importe lequel d'entre vous aurait pu en dire autant sans même avoir vu Darker than black. Suffit de jeter un coup d'œil sur sa fiche technique pour... ne plus être objectif ^^ :
Tensai Okamura - storyboarder pour cowboy bebop, wolf's rain, full metal panic!, rahxephon, samurai champloo, etc. (et de un !)
Shôtarô Suga - scénariste pour blood+, ghost in the shell : stand alone complex, etc. (et de deux !)
Yoko Kanno - compositrice pour cowboy bebop, wolf's rain, memories, ghost in the shell : stand alone complex, etc. (et de trois !)
Takashi Aoi - directeur artistique pour rahxephon, hell girl, ergo proxy, etc. (et de quatre !)

Quatre poutres pour un seinen : Une histoire qui te met une grosse claque. Un scénario à te paumer Mappy. Une musique qui ferait braire un black metaleux. Et une animation qui t'envoie en première classe dans un Tokyo encore revu et corrigé (plus vrai que nature). Tu m'étonnes que mes chroniques soient uniques après ça. Hum? Ha oui ! :

Humains versus pactisants. Voilà 10 ans que le monde ne tourne plus rond. L'apparition subite de deux champs de force, l'un situé en Amérique du Sud (Porte des Cieux) et l'autre au Japon (Porte des Enfers), ont ipso facto précipité le monde dans une sorte de compte à rebours vers l'apocalypse.
Suite à la disparition de la Porte des Cieux dans une guerre d'ordre mondial, un haut et épais mur entoure désormais la ville de Tokyo afin d'en contrôler l'entrée. Le ciel a disparu et a été remplacé par un fond d'écran où de fausses étoiles correspondent à l'activité mutante de super héros damnés par un pacte mystérieux - hommes, femmes et enfants choisis par le hasard. Le reste du monde ignorant leur existence, les non-mutants s'adaptent à cet état de fait, comme seule l'humanité sait le faire.
Qui dit secret défense dit nations unies, CIA, FBI, police japonaise, syndicat, groupuscules, détective privé... bref, de quoi alimenter 11 enquêtes policières (11 x 2 épisodes) puis reprendre le fil rouge de Darker than black dans les 3 derniers épisodes : qui des humains ou des pactisants vaincra l'autre? Tokyo va-t-elle aussi être rayée de la carte? Vont-ils retrouver leur ciel d'antan? Réponse, hum, vers la fin.


Un anime qui troue (la couche d'ozone). Beaucoup trop alambiqué, hélas, pour en savourer toute les subtilités. SF + polar + ecchi + thriller + comédie + drame psychologique + action = je sais plus où je campe. Par contre, + 1 point pour le Faucheur des Ténèbres, pactisant et héros de Darker than black, à inscrire sur la longue liste des personnages-couteaux-suisse, mais vraiment attachant. <3

post-blogum : Le détail qui tue. L'anime a été sponsorisé par Pizza Hutte. Une façade, un restau, une affiche, tout est prétexte à nous indiquer que oui, ils ont bien signé un contrat juteux avec Bones. Un des personnages va même jusqu'à manger une pizza de la marque ! Pourvu que la gastronomie nippone ne quitte jamais l'animation ^^ c'est le seul moyen que j'ai de baver devant un plat sans prendre un calorie (gourmands : rassurez-vous, ils se rattrapent dans la scène du grill avec des mets plus vrais que... vrai) ^^.

samedi 1 décembre 2007

Une page se tourne...

A Frederic L. et à Evelyne F.



Tant pis... pour le Japon. Pour l'histoire avortée. Ta paranoïa. Les yeux opaques.
Tant pis... pour l'amoureuse. Pour l'histoire volée. Mes pleurs. Le coeur qui se serre toujours.

Tant pis... pour le Rakuen. Pour la princesse abusée. La vérité. Le miroir qui te reflète encore.

Tant pis... pour l'infidèle. Pour l'attente vaine. La culpabilité. Que l'on ressent à votre place.

Tant pis... pour l'exil forcé. Pour la cicatrice. L'amour. Que tu n'as jamais envisagé.

Tant pis... pour toi. Pour la fleur qui éclot dans le fumier. L'éternité. Que vous avez perdu.


... je vais co-écrire les pages qui suivront. Parce qu'un jour tu as eu tort. Et parce qu'une personne muette me dit tous les jours qu'elle m'aime.

lundi 12 novembre 2007

japanimation

BLACK BLOOD BROTHERS [2006]

studios : Live, Groupe TAC

de :
Kōhei Azano

série de 12 épisodes.

Afin de revenir sur la discussion (transformée par vos nombreux commentaires en polémique ^^ - la nouvelle génération d’otakus, ça promet !), abordée précédemment dans mon article sur Claymore, je vous propose ce mois-ci un autre anime, Black Blood Brothers, reprenant le mythe du vampire. Reprenant et non pas plagiant. Ca tombe bien vu que je m’étais bornée à une simple définition du mythe vampirique, chose toujours délicate à faire car un mythe n’est jamais repris tel quel. Il n’est qu’un tissu uni (composé d’éléments fondamentaux) sur lequel on peut facilement broder afin de faire revivre le mythe, mais aussi d'y implémenter d’autres aspects.
Plus question ici de Nosferatus, de Malkaviens ou d’autres clans vampiriques établis dans plusieurs versions du mythe. Le déterminisme familial laisse place à un droit du sang pur et dur : il y a les Black Blood, les Gold Blood, etc. (prononcez avec l’accent japonais pour un meilleur rendu ^^) Les vampires donc, qui ne s’entendent jamais entre eux, qui se font royalement chier dans leur éternité damnée, se sont férocement combattu dans une guerre sainte, qui a complètement détruit la ville chinoise de Hong-Kong. On les retrouve entassés, 10 ans plus tard, dans une ville reconstruite spécialement pour eux, où ils vivent plus ou moins en paix (mais surtout moins ^^), au milieu d’humains et répartis par quartiers. Le conseil d’administration de la ville est quant à lui composé des vampires les plus prestigieux et les plus fortiches (des chefs de clan le plus souvent.)
Mais ne rentre pas qui veut ! Seules les lignées reconnues, de sang direct, les plus aptes à vivre pacifiquement au milieu d’humains y sont acceptées. Quand bien même ! Les enfants de Kowloon, sortes de renards affamés désireux de faire une virée dans le poulailler, essaient d’y pénétrer tant bien que mal. Et quand Jirou (un vampire fan d’Alucard s’y on en croit son accoutrement) débarque en ville, c’est tout le quartier qui s’embrase à la vue du célèbre tueur de vampire, Lame d’Argent. Pourquoi est-il revenu ? Et pourquoi le conseil d’administration se montre-t-il aussi frileux en ce qui concerne son établissement en ville ? Que cache la présence des enfants de Kowloon ? Vous donnerez bien un peu de votre sang pour le savoir ? XD


post-blogum : 12 épisodes seulement pour une histoire qui en mériterait bien plus.. Résultat des courses : un rythme accéléré, des flash back décousus et une fin bien bâclée :[ Ca fait un moment déjà que l'otaku fait avec. Studios ! : Les animes de plus de 12 épisodes ne nous ont jamais effrayé que je sache ! ^^

samedi 3 novembre 2007

déviances II

Avant c'était mieux... et moins cher !

jeudi 25 octobre 2007

Le livre et le temps.

Ma destinée, Victor Hugo, 1867.

Je suis dans la nuit, et j'attends avec calme l'espèce de jour qui viendra, sans trop y compter pourtant, car si Après-demain est sur, Demain ne l'est pas; les réalisations immédiates sont rares, et, comme vous, j'ai plus d'une fois, sans confiance, vu poindre la sinistre aurore. En attendant, je suis comme vous dans la tourmente, dans la nuée, dans le tonnerre; j'ai autour de moi un perpétuel tremblement d'horizon, j'assiste au va-et-vient de ce flot qu'on appelle le fait; en proie aux événements comme vous aux vents, je constate leur démence apparente et leur logique profonde; je sens que la tempête est une volonté, et que ma conscience en est une autre, et qu'au fond elles sont d'accord; et je persiste, et je résiste, et je tiens tête aux despotes comme vous aux cyclones, et je laisse hurler autour de moi toutes les meutes du cloaque et tous les chiens de l'ombre, et je fais mon devoir, pas plus ému de la haine que vous de l'écume.
Aux marins de la Manche.
V.H.



A qui de droit.

L
ongtemps, je me suis réveillé de bonne heure. Vous saviez que les livres pouvaient parler mais vous ignoriez qu'ils puissent s'éveiller? Bien que certains, se trouvant satisfaits de leur condition léthargique, n'aient pas voulu prendre de risque, tous peuvent sortir de leur sommeil de papier. C'est un choix autobiographique. Tout ce que vous jugiez comme allant de soi pour un homme, requiert un lent et pénible apprentissage chez un livre. Il doit d'abord, bien avant de comprendre où il se trouve, prendre conscience de lui-même. Je pense que je suis un livre donc je suis un livre. A peine conscient, celui-ci ressent chacune de ses pages, l'une après l'autre, comme s'il n'était au départ qu'une reliure et que des feuilles se mettaient à croître sur son dos. C'est aussi rapide qu'un frôlement d'ailes mais à la fois très long, douloureux. Chaque page doit transpercer l'idée du livre. Certains se sont évanouis avant la fin du processus littéraire. J'ai tenu bon 321 fois. Mais je suis un mauvais exemple. Je me suis éveillé sur le tard; ma rentrée littéraire était terminée depuis bien longtemps. Je n'ai pas connu le monde comme certains qui se sont réveillés sur la devanture de la librairie. Personne ne s'est extasié sur ma naissance. Et aucun passant n'a eu l'envie pressante de me voir paraître, de me toucher, de me lire. Pour couronner le tout : je ne descends pas d'une grande lignée, je suis l'unique édition d'un auteur qui, déçu, n'écrivit plus une seule ligne. Longtemps, ce constat m'a laissé amer. Mais cela, je ne le sus que bien plus tard. A mon réveil, je ne connaissais ni mon titre ni mon auteur. Ni même mon histoire. Car aucun livre ne peut se lire lui-même ! Il ne se découvre que dans les yeux de son lecteur. Pourtant, tous les livres de mon étagère m’avaient déjà fait comprendre que je n’étais pas un des leur. La critique était unanime : les collections me regardaient en biais, les essais me méprisaient de tous leurs titres compliqués, et je sentais le regard moqueur des classiques jusque dans ma côte. Tous m’ignoraient, craignant l’intertextualité ! Je finis par dépérir de tristesse et silence. J’ai commencé à jaunir avant l’heure, par tâches. Ma page 18 s'est collée à la suivante. L’humidité gâcha certaines pages de mon épilogue. Je suis tellement serré entre ces deux livres, muets et furieux que ma couverture moisie ruine la leur à force d’angoisse. J'ai peur de pourrir la librairie toute entière ! J'ai tenté à plusieurs reprises de me jeter du haut de mon étagère dans un hara-kiri solidaire avec tous les livres de ma section. Afin de leur libérer un peu d'espace. Car l'espace est après le temps, la deuxième obsession du livre. Sans l'aide du Grand Larousse, arbitre de tous nos conflits sémantiques, je ne donnerai pas cher de ma lecture ! Longtemps, je me suis trouvé seul. Ma vie changea lors du sixième ou septième Grand Recensement. La librairie était fermée pour cause d’inventaire et nous craignions tous pour nos vies littéraires. Les rumeurs les plus folles circulaient alors. Les éditions indépendantes nous voyaient déjà brûlés ou jetés ! Ceux de la section ésotérisme pensaient que nous finirions tous par nous retrouver dans un lieu magique où le temps n'aurait plus aucune importance. Où nos rides nous rendraient toujours plus beaux, et où nous renaîtrions sans cesse dans de nouveaux foyers. La croyance bibliothécaire se répandit. Sornettes ! Ce jour-là, l’assistant du libraire qui ne savait pas où me mettre, me jeta pêle-mêle dans un carton Théâtre. Ailleurs me semblait toujours mieux ; les tragédies grecques m’épouvantèrent. La peur académique me saisit. Je tomberai en désuétude, jamais acheté, jamais lu, jamais aimé ! J'ai peur de finir en poussière ! Je veux me rendormir à tout jamais ! REWIND ! Longtemps, j’ai espéré renaître. Enfin, dans la nuit, le vieux libraire me prit dans ses grosses mains calleuses, aéra mes pages, s’assura de la souplesse de ma couverture; j'eus honte, mais c'était agréable. Il me référença, jugea de ma valeur et son assistant put enfin me replacer dans mon rayon. Mon rayon à moi : Littérature Étrangère. Quelle ne fut pas ma surprise, le lendemain matin, de découvrir au fur et à mesure que le store de la librairie se levait que je n'étais pas né dans la librairie mais dans la réserve ! J’avais été dupé par ma propre perception ! Et par celle de tous ceux qui se trouvaient encore dans ce qui devint pour moi une sombre caverne. A partir de ce jour, je découvris à plusieurs reprises le bonheur simple d'être lu et donc celui de pouvoir me lire. Je me laissais ouvrir sans résistance et vivait chaque fermeture de mes pages comme une rupture ! N'étais-je pas un bon livre ? Pourquoi personne ne voulait-il m’acheter ? L’attente empira ma dégradation. Je finis par croire que je n’étais qu’un roman à l’eau de rose ou pire : une traduction ! Je finirai par les avoir à l’usure ! Ou l'usure finira-t-elle par m'avoir? Longtemps, j'ai désespéré que quelqu'un veuille de moi. Vous pensez que c'est à ce moment-là que je fus acheté? Moi aussi. Je ne le vis pas approcher. Il commença par me lire debout et à deux mains. Il était un peu jeune mais tellement beau, différent. A tel point que je me perdis dans la contemplation de ses yeux verts et perdis une occasion de me lire ! Quand il revint me voir, je crus en son achat dur comme papier. C'est ce lecteur-là que je voulais ! Ô oui, je me voyais déjà être son livre de chevet. J'aurais voulu le faire rire et l'émouvoir, et surtout le faire rêver et réfléchir ! Quand il revint pour la troisième fois, et qu'il me prit dans un des canapés du coin lecture, j’ai commencé à douter. Voudra-t-il encore me ramener chez lui après m’avoir entièrement lu ? L'étudiant continua à me lire pendant de longues minutes, interminables. Puis il sourit, plus fort, se mit à rire. Ridicule ! HAHAHA ! Il s’en alla en me jetant sur la table de lecture. Le choc fut tel que je tombais dans un profond coma encyclopédique. Je perdis la notion du temps. La réalité arrivait jusqu’à mon récit par bribes, je délirais. Reprends tes influences, il ne reviendra pas, il fréquente une autre librairie. Quelle heure était-il ?

Je finis par sortir de l’oubli. Je me réveillai dans une large pièce, en face d’une immense baie vitrée d’où je voyais la mer. Où il fait chaud et sec. Une pendule y égrène le temps. Souvent, l'homme auquel j'appartiens me prend avec lui, jusque dans son lit. Je frémis à chaque fois qu'il me tient dans ses larges et belles mains, il sourit en me lisant. Et à la fin, il me caresse longuement, parle à voix haute d’une suite possible à mon histoire ! Je ne suis jamais loin quand il reçoit du monde ou lorsqu’il écrit. Au loin, l'océan part et revient toujours. Oui. Longtemps, je me suis occupé à mourir. Pourvu que la marée me garde encore longtemps dans la bibliothèque de mon maître.

vendredi 12 octobre 2007

série tévé

BLACK BOOKS [2000 à 2004]



chaîne : 4 (Grande-Bretagne)

créé et produit par : Dylan Moran (protagoniste de la série) et Graham Linehan

3 saisons x 6 épisodes x 25 minutes.

Marre de voir les rôles de vos séries préférées tenus par des mannequins? Tu ne te reconnais plus dans les scénarios que l'on te sert? Vous vous sentez presque américains à la longue? Impossible d'apprécier les productions françaises telles que Les Experts Normandie, NCIF ou Allo, l'hôpital? J'ai le remède qu'il te faut ! Ils ont même pensé à moi : la série est chroniquée par les acteurs eux-mêmes dans l'épisode 6 de la deuxième saison.

"L'histoire de Bernard Black, vendeur de livres d'occasion soupe au lait et de son abruti d'assistant barbu, Manny. Quand ce duo d'imbéciles se lie d'amitié avec leur voisine déséquilibrée Fran, leurs aventures vous feront rire aux larmes."
Suivi de leur propre critique : "Où est-ce qu'ils vont chercher des conneries pareilles? C'est chiant ! Ils nous prennent pour des idiots. Un navet ! Regardez-les : branleurs ! Ils se croient intelligents. ^^ "

In vino veritas.
Et non ! L'humour anglais n'est pas mort avec les Monty Python ! Ici, plus de doute possible : l'alcool délie bien les langues. Donnez-moi une librairie, un paquet de cigarettes, une bouteille de vin et 3 amis (réflexion faite, donnez-moi plus de vin que ça ^^) et je vous sers Black Books, la série la plus décalée que je connaisse. La plus caricaturale aussi. A tel point que l'egoïste et asocial Bernard Black devient dans la bouche de Manny, qu'il exploite totalitairement, une espèce à lui tout seul : l'Homo Bernardus. Un spécimen rare qui ne survivrait pas longtemps dans ce monde impitoyable sans l'amitié que lui voue son employé ainsi que la toute aussi bohémienne Fran. Ce couple à 3 persévère-t-il ensemble dans l'erreur? Non répond la série, c'est en se servant mutuellement les uns des autres (comme des béquilles humaines) qu'ils parviennent à avancer. Noir c'est noir.


post-blogum : je ne suis que ton humble servitrice, ô maître lecteur. Vous n'êtes pas sans ignorer que votre avis prévaut sur le mien. Je vous laisse donc juger de la valeur de Black Books avec le pilote de la série que voici, enjoy :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/black+books+1/video/xl91a_black-books-1x1_fun